31 août 2013

Le Palais Royal : le Salon Louis XVI

A l'origine un boudoir pour les dames, ce salon date du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. Par la suite, il deviendra un lieu de souvenir du roi Léopold Ier. En effet, les toiles et dessins qui ornent encore aujourd'hui les murs de ce salon proviennent du salon du roi Léopold Ier au château de Laeken.
Le souvenir du premier souverain de la dynastie est rappelé par un tableau de Liévin De Winne, représentant Léopold Ier en uniforme. Son grand amour, la princesse Charlotte de Galles, est évoqué au travers d'une allégorie de sa mort, emportée par des anges, la présentant avec son fils mort-né dans les bras. L'œuvre de William Arthur Davis montre d'ailleurs le château de Claremont dans le coin inférieur droit. Une autre toile représente le duc François de Saxe-Cobourg-Saalfeld, le père de Léopold Ier, elle est attribuée à Johann Heinrich Schroeder. Trois œuvres évoquent les enfants du souverain : des dessins du duc de Brabant à l'âge de quinze ans (futur Léopold II) en 1850 et du comte de Flandre à treize ans en 1851, tous deux exécutés par Félix Genaille, ainsi qu'une statuette en marbre de Guillaume Geefs datant de 1842 et représentant la princesse Charlotte, âgée de deux et demi. L'enfant préférée du souverain tient un bouquet.  
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
Deux toiles qu'appréciaient particulièrement le souverain, amenées de son salon de Laeken, se trouvent dans cette pièce. Il s'agit du roi Salomon encensant une idole, un tableau attribué à Willem De Poorter, ainsi que de la lapidation de Saint-Etienne. Ce dernier a été acheté par Léopold Ier alors qu'il était encore prince. Peint au XVIIe siècle d'après une œuvre de Pierre-Paul Rubens, son auteur n'est pas connu. Il est censé avoir été sérieusement endommagé lors de l'incendie du château de Laeken en 1890. Mais quelques années plus tard il a pu être restauré et réentoilé.
(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)
Immanquable, un piano de la seconde moitié du XIXe siècle de la marque Klems de Düsseldorf rappelle le goût pour la musique du roi Léopold Ier. Cette pièce exceptionnelle est en ébène avec incrustations de cuivre et de pierres semi-précieuses. Un autre élément de la pièce mérite que l'on s'y attarde : un pliant d'époque Louis XVI. Il s'agit d'un siège en bois doré, aux balustres croisées et aux larges patins, provenant d'une série destinée à la chambre du roi Louis XVI au château de Compiègne. Transféré aux Tuileries sous l'Empire, cet ensemble a trouvé place en 1805 dans le Grand Salon de l'Impératrice au château de Laeken.

(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)

En 2009, avec le Salon Léopold Ier et le Salon des Maréchaux, ce lieu a été rénové de fond en comble. La Liste Civile du roi Albert II avait alors réservé 600.000 euros pour les travaux de rénovation du Palais royal, s'appliquant à d'autres lieux que ces trois salons, qui devaient être menés en vue d'accueillir le Sommet Europe - Asie en octobre 2010. Dans le cadre de cet événement international, des salons du premier étage, y compris ce Salon Louis XVI, ont été mis à disposition des délégations étrangères comme lieux de réunion et espaces de travail.

(© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés)

La reine Paola, comme toujours dans ce domaine, a laissé son empreinte dans la décoration de ce lieu. Le Salon Louis XVI a été repeint dans un ton bleu et une œuvre de l'artiste flamand Michaël Borremans a fait son apparition. Elle rappelle le thème des laquais déjà utilisé pour une série de cinq tableaux, une commande de la reine, se trouvant dans le Salon des Maréchaux. Mais ici il ne s'agit pas d'une peinture, mais d'un film. D'autres éléments ont également été incorporés sur un meuble : un dessin représentant, alors jeune, la reine Elisabeth, une photo de la souveraine, par Alban, où elle pose avec ses petits-enfants, Joséphine-Charlotte, Baudouin et Albert, et enfin une célèbre et émouvante photographie de la reine Astrid et du prince Baudouin signée R. Marchand. Signalons encore le buste de la reine Elisabeth sur le cheminée, élément supplémentaire associant l'évocation de cette souveraine à celui de la musique.

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