1 mars 2015

Palais royal de Bruxelles : le Salon du Penseur

Le Salon du Penseur, également appelé parfois Salon Carré eu égard à ses dimensions, situé à l'emplacement de l'ancien hôtel Bender, a vu le jour en 1868 dans le cadre des travaux d'agrandissement demandés par le roi Léopold II à l’architecte Alphonse Balat. Dans le prolongement de la Grande Galerie, ce petit salon a été décoré dans le même esprit. Ses dorures furent restaurées en 1897 par le peintre Charles-Léon Cardon.  


© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés


Ce salon tire sa dénomination usuelle d'une pendule de bronze qui orne la tablette de la cheminée. Cette pendule est surmontée d'un penseur, inspiré de celui (Il Pensieroso) dû à Michel-Ange et qui orne le tombeau de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, à Florence. Cet élément du décor, jugé trop imposant, fut un temps relégué dans la Salle du Trône

© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés


Dans le Salon du Penseur ont été installés deux toiles en ovale sur lesquelles figurent le roi Léopold III et la reine Astrid. Cette dernière, vêtue d'une robe blanche décolletée et portant un collier de perles et un diadème, avec un bouquet de roses rouges en avant-plan, a été peinte dans les années 1930 par le suédois G. Bernhard Österman. La peinture illustrant le roi Léopold III est par contre bien postérieure puisqu'il s'agit d'une commande au peintre Roger Trente datant de 1993. 

© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés

© Antonio José da Conceição Ponte/tous droits réservés


Depuis 1909 et le décès du roi Léopold II, une chapelle ardente y était habituellement installée, où les Belges pouvaient rendre un dernier hommage au défunt. Ce fut le cas pour le roi Albert Ier en 1934, la reine Astrid en 1935, la reine Elisabeth en 1965, le prince Charles et le roi Léopold III 1983 ainsi que pour le roi Baudouin en 1993. Cette tradition n'a pas été respectée suite au décès de la reine Fabiola, dont la chapelle ardente fut installée dans la Grande Antichambre

Chapelle ardente de la reine Astrid en 1935

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Sources principales : 
- DE LA KETHULLE DE RYHOVE T. (1965), "Description des salons du Palais Royal de Bruxelles", dans Léopold Ier et son règne, Bruxelles, Archives Générales du Royaume, pp. 82-83 
- DE LA KETHULLE DE RYHOVE T., VANDEWOUDE E. et VAN YPERSELE DE STRIHOU A. (1975), Le Palais Royal à Bruxelles, Bruxelles, Pehel Brussels, p. 93 
- RANIERI L. (1991), « Les grandes heures depuis 1830 » dans Le Palais de Bruxelles. Huit siècles d'art et d'histoire, Bruxelles, Crédit Communal, pp. 345-372 
- VERMEIRE M. (1991), « Le Roi dans ses meubles » dans Le Palais de Bruxelles. Huit siècles d'art et d'histoire, Bruxelles, Crédit Communal,pp. 303-344

16 février 2015

Décès du frère aîné de la Grande-Duchesse

C'est par ce communiqué de la Cour grand-ducale, diffusé le lundi 16 février en soirée, que cette nouvelle a été annoncée : « Leurs Altesses Royales le Grand-Duc, la Grande-Duchesse et les Membres de la Famille grand-ducale annoncent avec une très grande tristesse le décès de Monsieur José Antonio MESTRE, le frère aîné de Son Altesse Royale la Grande-Duchesse, survenu aujourd'hui à Miami, à l'âge de 62 ans ». 

Printemps 1956 : l'une des premières photos de Maria
Teresa sous les yeux de son frère José Antonio


José Antonio Mestre y Bastista était l'aîné de José Antonio Mestre y Alvarez (1926-1993) et de Maria Teresa Batista y Falla (1928-1988). Ses parents ont donné ensuite naissance à trois enfants : Maria Teresa en 1956, suivie de Luis en 1959 et de Catalina en 1960. En octobre 1959, suite à la révolution castriste, la famille cubaine d'origine espagnole quitta Cuba pour s'installer à New York jusqu'en juin 1965. Ils ont passé ensuite quelques mois à Santander en Espagne - lieu que leurs ancêtres quittèrent au XIXe pour faire fortune en Amérique latine - avant de finalement résider à Genève où le patriarche eut l'occasion de se recréer une situation dans le monde des affaires et de la finance. 

Noël 1969 à Genève (José Antonio figure à l'arrière-plan,
à côté de sa mère)

La famille, accompagnée de la grand-mère maternelle des enfants, a d'abord occupé une maison au sein du quartier des ambassadeurs puis un appartement de six pièces en ville. José Antonio et Maria Teresa qui avaient entamé leurs études aux Etats-Unis les ont donc poursuivies, ainsi que les deux plus jeunes, en Suisse. Les membres de la famille avaient d'ailleurs obtenu la nationalité suisse. A la maison, ils reçurent une éducation à la fois raffinée et libérale. Au moment du mariage de Maria Teresa en 1981 avec le grand-duc héritier Henri de Luxembourg, José Antonio, âgé de 27 ans, travaillait alors aux Etats-Unis. 

Entre sa grand-mère maternelle et son frère Luis au mariage de sa sœur
Maria Teresa en 1981 

Ces dernières années, José Antonio, qui ne s'est jamais marié, avait connu des ennuis de santé. En mai 2011, il avait été victime d'un accident vasculaire cérébral et avait été plongé dans le coma. Sa sœur Maria Teresa avait alors écourté sa participation à une visite d'Etat en Norvège pour se rendre à son chevet dans une clinique de Floride. Sorti du coma après huit jours, sa santé était restée délicate. Il avait fait le déplacement en Europe pour le mariage de ses neveux Guillaume en 2012 et Félix en 2013. José Antonio Mestre y Batista est décédé à 62 ans à son domicile de Miami. 

Mariage du prince Félix en 2013 : José Antonio
(à droite) aux côtés de son oncle Victor Batista
donnant le bras à Catalina 

Royalement Blog tient à présenter ses plus sincères et respectueuses condoléances à la Grande-Duchesse et à la Famille Grand-Ducale. 

4 février 2015

Archives : le président Weizsäcker au Luxembourg en 1988

Le baron Richard von Weizsäcker, qui fut le président de la République Fédérale d'Allemagne de 1984 à 1994, est décédé le 31 janvier à l'âge de 94 ans. Il s'agissait d'une figure importante et respectée de l'Allemagne de l'après-guerre. Suite à cette nouvelle, le Grand-Duc a envoyé un message de condoléances au président allemand Joachim Gauck dans lequel il rappelait que la visite d'Etat qu'il effectua au grand-duché en 1988 était restée dans les mémoires. 

Dîner de gala au Palais grand-ducal le 6 septembre 1988
Photo : Gaston Mirgain - Collection privée Valentin Dupont


Le président Weizsäcker et son épouse Marianne furent accueillis le 6 septembre 1988 par le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte sur le pont autoroutier de Wasserbillig, situé juste à côté de la frontière ouest-allemande, alors que 21 coups de canon étaient tirés par une batterie d'artillerie de l'armée luxembourgeoise. Les deux chefs d'Etat procédèrent à l'inauguration officielle de cette infrastructure reliant Luxemboug et Trêves. Une plaque fut dévoilée au milieu de ce pont avant que le grand-duc Jean et le président Weizsäcker sacrifièrent à la tradition du passage en revue d'un détachement d'honneur de l'armée puis à l'exécution des hymnes nationaux. Arrivés à Luxembourg, un déjeuner privé attendait les deux couples au Palais grand-ducal. Ensuite, à l'instar de tous les chefs d'Etat de passage au grand-duché, le président ouest-allemand alla se recueillir sur le Monument National de la Solidarité Luxembourgeoise. Après cette étape, le couple grand-ducal et le couple présidentiel se rendirent à une réception de la municipalité de Luxembourg au cours de laquelle la bourgmestre, Lydie Wurth-Polfer, y prononça un discours avant de procéder à la remise d'un cadeau. En soirée, un dîner de gala fut donné au Palais grand-ducal par Jean et Joséphine-Charlotte en présence des héritiers et du prince Guillaume. Le souverain luxembourgeois y arborait les insignes de Grand-Croix de l'Ordre du Mérite de la République Fédérale d'Allemagne, tandis que la Grande-Duchesse avait sorti son diadème reçu par la Société Générale lors de son mariage en 1953 et que la grande-duchesse héritière Maria-Teresa portait la parure de topazes.

Le grand-duc héritier Henri
Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont

La grande-duchesse héritière Maria-Teresa
Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont

Le prince Guillaume
Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont


Le lendemain matin, le Palais grand-ducal fut encore mis à la disposition du président Weizsäcker qui y avait mené la veille en après-midi une série d'audiences. Le 7 septembre, il y organisa donc un déjeuner réunissant la presse allemande et luxembourgeoise. Il se rendit ensuite à Betzdorf afin de visiter la Société Européenne des Satellites, un lieu qui abrita l'intimité de Jean, Joséphine-Charlotte et leurs enfants de leur mariage en 1953 à l'abdication de la grande-duchesse Charlotte en 1964. Puis il passa par Echternach et se recueillit au cimetière militaire allemand de Sandweiler. La première dame, elle, se rendit de son côté à Manternach. En soirée, les deux couples furent réunis au Théâtre Municipal de Luxembourg. Là, le président ouest-allemand et son épouse offrirent un concert de la Deutsche Kammerphilharmonie de Francfort en l'honneur de leurs hôtes. Une nouvelle fois, Henri, Maria-Teresa et Guillaume étaient conviés. A l'issue du concert, le couple grand-ducal et le couple présidentiel montèrent sur la scène pour féliciter les artistes. La soirée se conclut par une réception.

Concert et réception au Théâtre Municipal de Luxembourg le 7 septembre 1988
Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont

Concert et réception au Théâtre Municipal de Luxembourg le 7 septembre 1988
Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont


Le dernier jour, le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte ainsi que le président Weizsäcker et son épouse inaugurèrent aux Musées d'Etat une exposition intitulée « Heller Zauber-Thomas Mann in München 1894-1933 ». Durant cette activité, les deux couples eurent droit aux discours du directeur de la Thomas-Mann-Bibliothek, de l'organisateur de l'exposition ainsi que du Ministre des Affaires Culturelles. Après un passage par la Cour de Justice des Communautés européennes, le couple présidentiel se rendit à l'aéroport de Findel où les attendaient Jean et Joséphine-Charlotte. Les deux chefs d'Etat passèrent en revue un détachement de l'armée avant que les hymnes nationaux allemand et luxembourgeois ne retentissent une dernière fois. Une fois que le couple présidentiel eut pris congé de leurs hôtes, il prit place dans un hélicoptère qui les reconduisit jusqu'à Bonn, capitale de l'Allemagne de l'Ouest.


Concert et réception au Théâtre Municipal de Luxembourg le 7 septembre 1988
Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont

Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont

Photo : Gaston Mirgain - Coll. privée Valentin Dupont