11 janvier 2016

Les 95 ans du grand-duc Jean de Luxembourg

Le 5 janvier 2016, le grand-duc Jean a atteint l'âge honorable de 95 ans. La célébration officielle de cet anniversaire s'est déroulée quelques jours plus tard, le samedi 9 janvier. Peu avant l'événement, le Palais de Bruxelles avait fait savoir que le roi Philippe et la reine Mathilde feraient le déplacement au grand-duché. Une représentation de la Cour belge attendue, comme pour les précédents anniversaires officiels du grand-duc Jean, mais qui ne présageait pas la venue de représentants d'autres familles royales. Or le jour-même, la Cour fit savoir qu'on attendait la présence d'altesses étrangères : la reine Sofia d'Espagne, la princesse Beatrix des Pays-Bas, le roi Constantin II et la reine Anne-Marie de Grèce, le prince Hassan et la princesse Sarvath de Jordanie, la princesse Irène de Grèce et de Danemark, la princesse Tatiana Radziwiłł et son époux Jean Fruchaud, l'archiduchesse Anne-Gabrielle d'Autriche et sa fille l'archiduchesse Catharina.


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Une séance photo fut tout d'abord organisée dans la Salle des fêtes du Palais grand-ducal. Tous les enfants, beaux-enfants et petits-enfants du grand-duc Jean y prirent part. Au niveau de ses arrière-petits-enfants, seuls les princes Gabriel et Noah de Nassau étaient présents, tandis que la princesse Amalia de Nassau, les comtes Léopold et Constantin de Limburg Stirum ainsi que les archiduchesses Maria-Stella et Katarina sont encore trop jeunes. Après la photographie du grand-duc Jean et de sa descendance, se sont joints aux clichés les représentants des maisons royales régnantes et non-régnantes, ainsi que la comtesse Antonia de Holstein-Ledreborg, la princesse Anne de Ligne et son époux le chevalier Charles de Fabribeckers de Cortils et Grâce. Filleules du grand-duc Jean, Antonia et Anne représentaient leurs mères, à savoir les princesses Marie-Gabrielle et Alix de Luxembourg qui sont âgées respectivement de 90 et 86 ans. Alors que cette dernière était encore présente aux 90 ans du grand-duc Jean en 2011 ainsi qu'au mariage de Guillaume et Stéphanie en 2012, la princesse Marie-Gabrielle qui vit au Danemark n'est plus apparue à la Cour luxembourgeoise depuis les funérailles de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte en 2005.

© Cour grand-ducale / Guy Wolff / tous droits réservés

© SIP / Julien Warnand / tous droits réservés

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Trois quart d'heure plus tard, un concert donné à la Philharmonie de Luxembourg devait commencer au sein de la Salle de Concerts Grande-Duchesse Joséphine-Charlotte. Quelques invités supplémentaires avaient alors rejoint les lieux. Il s'agissait de la princesse Sophie de Hohenberg (nièce du grand-duc Jean) et de son époux le baron Jean-Louis de Potesta, de l'archiduc Carl-Peter et de l'archiduchesse Alexandra, de l'archiduc István (qui s'occupa pendant plusieurs années de l'Administration des Biens du Grand-Duc) et de l'archiduchesse Paola ainsi que de l'archiduchesse Isabella d'Autriche-Este et de son époux le comte Andrea Czarnocki-Lucheschi. Les hautes autorités du pays étaient également présentes, mais aussi des anonymes, « simples » citoyens. En effet, selon le souhait du couple grand-ducal, les Luxembourgeois intéressés pouvaient se manifester depuis début décembre afin de recevoir une invitation au concert. 

Le grand-duc Henri, le grand-duc Jean, la grande-duchesse Maria Teresa
et le Premier Ministre Xavier Bettel
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Le grand-duc héritier Guillaume et la grande-duchesse héritière Stéphanie
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Le prince Félix et la princesse Claire
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Le prince Louis et la princesse Tessy accompagnés de leurs enfants
les princes Gabriel et Noah
© Didier Sylvestre/RTL.lu

Le prince Sébastien et
la princesse Alexandra
© Guy Jallay/Luxemburger Wort

Le prince Jean et la comtesse Diane de Nassau ainsi que
la princesse Marie-Astrid et l'archiduc Carl-Christian
© Didier Sylvestre/Luxemburger Wort

L'archiduchesse Marie-Christine et le comte Rodolphe de Limburg Stirum
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L'archiduc Imre et l'archiduchesse Kathleen
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L'archiduc Christoph et l'archiduchesse Adélaïde
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L'archiduchesse Gabrielle et l'archiduc Alexander
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Le prince Nikolaus et la princesse Margaretha de Liechtenstein
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Le prince Josef et ses sœurs les princesses Marie-Astrid et
Maria-Anunciata de Liechtenstein
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La princesse Marie-Gabrielle et ses frères les princes Wenceslas,
Constantin et Carl de Nassau
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Le prince Guillaume et la princesse Sibilla
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Le prince Paul-Louis, le prince Jean, la princesse Charlotte et le prince
Léopold de Nassau
© Guy Jallay / Luxemburger Wort

La princesse Anne de Ligne et le chevalier Charles de Fabribeckers
de Cortils et Grâce
© Didier Sylvestre/RTL.lu 

La princesse Sophie de Hohenberg et le baron Jean-Louis de Potesta
© Didier Sylvestre/RTL.lu

L'Orchestre Philharmonique de Luxembourg, placé sous la direction de Gustavo Gimeno, interpréta pendant près d'une heure un programme musical mélangeant le concerto pour violon en ré majeur (opus 61) de Beethoven, l'opérette Die Fledermaus (« La Chauve-Souris ») de Johann Strauss fils et la polonaise issue de l'opéra « Eugène Onéguine » de Tchaïkovski. Le concert fut ponctué d'un hommage élogieux du grand-duc héritier Guillaume, de l’archiduchesse Marie-Christine, de la princesse Marie-Annunciata de Liechtenstein, et des princes Constantin et Paul-Louis à destination de de celui qu'ils appellent tendrement « Apapa ». Le programme s'est clôturé par une surprise pour le grand-duc Jean : la venue d'un détachement de la musique militaire des Irish Guards pour interpréter le traditionnel « Happy Birthday ». Le principal intéressa est colonel de ce régiment qu'il intégra lors de la Seconde Guerre mondiale. Ensuite, plusieurs petits-enfants et arrière-petits enfants apportèrent le gâteau à la broche luxembourgeois dénommé bamkuch, indispensable à toutes les grandes occasions au grand-duché. 

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© SIP / Jean-Christophe Verhaegen / tous droits réservés

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Heureux anniversaire Monseigneur ! 


La photo historique de l'événement
© Cour grand-ducale / Guy Wolff / tous droits réservés

Au premier rang : S.A.R. la Grande-Duchesse Héritière de Luxembourg, S.A.R. le Grand-Duc Héritier de Luxembourg, S.M. la Reine des Belges, S.M. le Roi des Belges, S.A.R. la Princesse Beatrix des Pays-Bas, S.A.R. le Grand-Duc de Luxembourg, S.A.R. le Prince Gabriel de Nassau, S.A.R. le Grand-Duc Jean de Luxembourg, S.A.R. le Prince Noah de Nassau, S.A.R. la Grande-Duchesse de Luxembourg, S.A.R. la Reine Sofia d’Espagne, S.M. le Roi Constantin II des Hellènes, S.M. la Reine Anne-Marie des Hellènes et S.A.R. la Princesse Irène de Grèce et de Danemark. 

Au deuxième rang : S.A.R. la Princesse Claire de Luxembourg, S.A.R. le Prince Félix de Luxembourg, la Comtesse Diane de Nassau, S.A.R. le Prince Jean de Luxembourg, S.A.I.R. l’Archiduchesse Marie-Astrid d’Autriche, S.A.I.R. l’Archiduc Carl-Christian d’Autriche, S.A.R. la Princesse Margaretha de Liechtenstein, S.A.S. le Prince Nikolaus de Liechtenstein, S.A.R. le Prince Guillaume de Luxembourg, S.A.R. la Princesse Sibilla de Luxembourg, S.A.R. le Prince Hassan bin Talal de Jordanie et S.A.R. la Princesse Sarvath El Hassan de Jordanie. 

Au troisième rang : S.A.R. la Princesse Charlotte de Nassau, S.A.S. la Princesse Maria-Anunciata de Liechtenstein, S.A.I.R. l’Archiduchesse Kathleen d’Autriche, S.A.I.R. l’Archiduc Imre d’Autriche, S.A.R. la Princesse Alexandra de Luxembourg, S.A.R. le Prince Louis de Luxembourg, S.A.R. la Princesse Tessy de Luxembourg, S.A.R. le Prince Sébastien de Luxembourg, S.A.S. la Princesse Tatiana Radziwiłł, le Dr. Jean Fruchaud, S.A.I.R. l’Archiduchesse Anne Gabrielle d’Autriche, S.A.I.R. l’Archiduchesse Adélaïde d’Autriche et S.A.I. et R. l’Archiduc Christoph d’Autriche.

Au dernier rang : S.A.R. le Prince Paul-Louis de Nassau, S.A.R. le Prince Carl de Nassau, S.A.I.R. l'Archiduc Alexander d’Autriche, S.A.R. la Princesse Marie-Gabrielle de Nassau, S.A.R. le Prince Jean de Nassau, S.A.I.R. l’Archiduchesse Marie-Christine d’Autriche, S.A.I.R. l’Archiduchesse Gabriella d’Autriche, le Comte Rodolphe de Limburg Stirum, le Chevalier Charles de Fabribeckers de Cortils et Grâce, S.A. la Princesse Anne de Ligne, S.A.S. le Prince Josef de Liechtenstein, la Comtesse Antonia de Holstein-Ledreborg (cachée par le précédent), S.A.I.R. l’Archiduchesse Catharina d’Autriche, S.A.R. le Prince Wenceslas de Nassau, S.A.S. la Princesse Marie-Astrid de Liechtenstein, S.A.R. le Prince Constantin de Nassau et S.A.R. le Prince Léopold de Nassau.

16 décembre 2015

Les 60 ans du prince Lorenz, archiduc d'Autriche-Este

Lorenz, Otto, Carl, Amadeus, Thadeus, Maria, Pius, Andreas, Marcus d'Aviano de Habsbourg-Lorraine, archiduc d'Autriche-Este, prince royal de Hongrie et de Bohême est né à la Clinique du Belvédère de Boulogne-Billancourt le 16 décembre 1955. Il est le fils de l’archiduc Robert d’Autriche-Este et de la princesse Margherita de Savoie-Aoste. Son baptême s’est déroulé le 28 décembre dans la petite église de Vaucresson. La cérémonie fut célébrée par Paolo Marella, nonce apostolique en France, qui avait déjà béni le mariage de ses parents en 1953. Son parrain était l’archiduc Otto, son oncle prétendant au trône austro-hongrois, tandis que sa grand-mère maternelle, née princesse Anne d’Orléans, fut choisie comme marraine. Cette dernière était la veuve du duc Amédée d’Aoste, dernier vice-roi d’Ethiopie mort au Kenya en 1942 en tant que prisonnier des Britanniques.

Premières photos de l'archiduc Lorenz le jour de son baptême

Photo de famille (assis de gauche à droite) : la duchesse Anne d'Aoste, Lorenz et sa nurse, l'impératrice Zita
(debout de gauche à droite) : l'archiduchesse Charlotte, l'archiduchesse Margherita, l'archiduc Otto, l'archiduchesse Adélaïde et l'archiduc Robert

Baptême à Vaucresson

Avec sa grand-mère paternelle l'impératrice Zita


Avant sa naissance, l’archiduchesse Margherita avait déjà donné naissance l’année précédente à une fille, Marie-Béatrice. Vinrent encore Gerhard en 1957, Martin en 1959 et Isabelle en 1963. La famille habita d’abord Vaucresson avant de s’installer dans une grande maison de Ville-d’Avray, toujours en région parisienne. Affublé d’une nurse autrichienne puis d’une gouvernante française, l’archiduc Lorenz apprit l’italien grâce à sa mère, archéologue de formation. Non loin de la villa familiale habitait la princesse Maria-Pia de Savoie, ce qui permit à Lorenz de côtoyer très tôt les princes Michel et Dimitri de Yougoslavie. Ses vacances, il avait l’habitude de les passer à Sorrente, près de Naples, auprès de sa grand-mère maternelle. La Bavière et la Mer du Nord étaient également des destinations habituelles. Dans une rare interview dans le cadre d’un documentaire sur sa grand-mère paternelle, l’impératrice Zita, il évoqua en 2012 ses souvenirs de vacances auprès d’elle en Suisse : « C’était un monde de personnes âgées. C’était une maison de retraite aussi bien pour des prêtres que pour des laïcs. Donc pour des enfants ce n’était peut-être pas l’endroit le plus adapté pour passer des vacances mais la proximité de ma grand-mère était toujours extrêmement sympathique. Nous passions du temps avec elle. Malgré tout ce qu’elle avait à faire, elle prenait du temps, on la voyait, on parlait ensemble, on déjeunait ensemble, elle nous recevait soit le matin, soit l’après-midi, parfois on faisait des promenades avec elle. Et c’était toujours très intéressant parce qu’elle avait une mémoire vraiment vive, elle se rappelait de tous les détails, elle décrivait tout ce qu’elle avait vécu dans sa vie de façon extrêmement précise ».



Nul doute que la veuve du dernier empereur d’Autriche-Hongrie influença la foi religieuse de son petit-fils Lorenz. En 2012, il se rappela d’ailleurs avec émotion les cours de catéchisme que lui inculquait chaque soir sa grand-mère et qu’il jugeait bien plus pédagogiques que ceux enseignés à l’école. D’ailleurs, « pour Noël et pour les anniversaires, elle donnait souvent des livres sur la vie des saints. Parfois on était un peu déçu pour être franc, parce qu’on espérait avoir des jouets. Mais à long terme, c’est mieux d’avoir ce genre de littérature » confia encore l’archiduc Lorenz. A l’âge de six ans, il effectua sa communion avec sa sœur Marie-Béatrice en la basilique Saint-Pierre de Rome. La cérémonie fut célébrée par Monseigneur Marella. Un parrain et une marraine de communion avaient alors été choisis : il s’agissait du comte Francesco Forni et de Mathilde di Serracapriola. 



Après des études primaires et secondaires en région parisienne, l’archiduc Lorenz obtint son baccalauréat en 1976. Détenteur notamment de la nationalité autrichienne, il fit son service militaire au sein du régiment de chasseurs alpins de l’armée fédérale autrichienne et fut promu en 1980 lieutenant de réserve. Il fréquenta ensuite les universités de Saint-Gall et d’Innsbruck, où il fut membre d’une association étudiante monarchiste, et obtint un diplôme en sciences économiques et sociales. Il commença alors sa carrière dans le secteur bancaire, suivant les pas de son père, dans des établissements situés à Londres, Paris et Rome avant de rejoindre en 1983 la banque privée E. Gutzwiller & Cie à Bâle. Il travailla également au secrétariat de l’Ordre de la Toison d’or à Vienne qu’il avait reçue en 1977. Sa grand-mère Zita ayant obtenu en 1981 l’autorisation de regagner l’Autriche, il l’accompagna à plusieurs reprises à l’instar de plusieurs autres cousins. Lorenz fit de même en 1984 à l’occasion d’une audience avec le pape Jean-Paul II en présence d’autres membres de la famille impériale.


Accompagnant sa grand-mère l'impératrice Zita en Autriche avec
son cousin l'archiduc Karl


Le 13 mai 1984, au Château du Belvédère, furent célébrées les fiançailles de l’archiduc Lorenz et de la princesse Astrid de Belgique. La presse a très longtemps indiqué que les fiancés s’étaient rencontrés en 1980 à l'occasion du bal organisé dans les serres royales de Laeken pour le dix-huitième anniversaire de la nièce du roi Baudouin. L'archiduc Lorenz était bien invité, mais la princesse Astrid a déclaré en 2012 que leur première rencontre remontait au 27 mai 1978 : « Nos familles se connaissaient. La première fois que je l’ai vu, c’était à la réception pour le 25ème anniversaire du mariage de ma marraine, la grande-duchesse de Luxembourg. J’étais assise à côté de lui. J’avais 15 ans, lui 21 ou 22 ans. Je me suis dit : pour qui se prend-il ? On était encore des gosses. Un cousin germain du côté de ma maman s’était pris d’affection pour nous. Il était convaincu que nous étions faits l’un pour l’autre… et il s’est arrangé pour qu’on se retrouve à plusieurs reprises ». 

Le 9 mai 1984 au Belvédère
© M. Emsens 

Les fiançailles

Lorenz fut convié à des parties de chasse au Luxembourg, au Liechtenstein ou chez les Wurtemberg, auxquelles se trouvait parfois aussi la princesse Astrid de Belgique. L’archiduc aurait même été convié en 1981 par les princes de Liège à une croisière d'une semaine en Grèce à bord de leur yacht. Le mariage fut célébré, devant un parterre d’altesses, le 22 septembre 1984 d’abord lors d’une cérémonie civile à l’hôtel de ville de Bruxelles puis en l’église Notre-Dame du Sablon. Le couple parti ensuite pour un voyage de noces qui les emmena d’abord en Autriche puis deux semaines sur l’île Maurice. Ils s’installèrent ensuite à Arlesheim, à quelques kilomètres de Bâle, où Lorenz y poursuivit sa carrière professionnelle. En 1990, il devint d’ailleurs directeur-associé de la banque Gutzwiller en rachetant les parts de son père qui en était jusque-là le co-propriétaire.

© V. Vanbekbergen


En Suisse, le couple mena une existence discrète, dans le plus strict anonymat. Ils prirent part, cependant, à quelques soirées de bienfaisance et avaient l’habitude d’assister dans le Tyrol au rassemblement annuel des régiments de fusiliers et de tireurs. Le couple y disposait d'un appartement à Innsbruck. Astrid et Lorenz revenaient très fréquemment en Belgique où ils logeaient au Belvédère. C’est d’ailleurs là que la princesse Astrid souhaita vivre les dernières semaines de ses grossesses. Elle donna ainsi naissance à Amedeo en 1986, à Maria Laura en 1988 et à Joachim en 1991. En Belgique, ils assistèrent à certains événements comme la célébration des trente ans de mariage du roi Baudouin et de la reine Fabiola. Ce fut aussi tout naturellement qu’ils furent conviés au dîner offert par le gouvernement helvétique à l’occasion de la visite d’Etat du couple royal belge en 1989. La même année, Lorenz introduit avec son oncle l’archiduc Carl-Ludwig une plainte auprès de la Commission européenne des Droits de l’Homme attaquant l’Etat autrichien afin de récupérer les biens privés dont les Habsbourg avaient été spoliés en 1919. La plainte fut jugée irrecevable.

Au Belvédère en 1985

Parade traditionnelle à Sautens en 1990
© Helge Reindl

En 1991, les parlementaires belges ont aboli la loi salique et la princesse Astrid, ainsi que ses enfants, intégra l’ordre de succession au trône. Ce nouveau statut obligea la famille à envisager un retour en Belgique. En 1993, peu de temps avant le décès du roi Baudouin, la famille s’installa dans une villa située à l’arrière du Palais de Bruxelles, une habitation qui avait été rénovée à cet effet. Deux ans plus tard, au travers de l’arrêté royal du 10 novembre 1995, le roi Albert II accorda à son gendre le titre de Prince de Belgique « à la suite des noms et titres qui lui sont propres » même s’il ne fait pas usage de ses titres autrichiens en Belgique. Un an plus tard, suite au décès de son père l’archiduc Robert, Lorenz hérita du titre de Duc de Modène et devint le chef de la branche d’Autriche-Este qui fut créée en 1917 par l’empereur Charles Ier pour perpétuer le souvenir historique du duché de Modène. Le prince Lorenz figure également à la quatrième position dans la ligne de succession au trône austro-hongrois.




Revenu en Belgique, le couple princier a eu deux autres enfants : Luisa Maria en 1995 et Laetitia Maria en 2003. La Donation Royale construisit pour eux la Villa Schonenberg à Laeken, à quelques mètres du Château du Stuyvenberg qu’occupa la reine Fabiola. La famille emménagea dans cette résidence, bien plus spacieuse que la précédente, en septembre 2002. Le prince Lorenz n’abandonna pas ses engagements professionnels pour autant. Après avoir été consultant pour Swift, il entra au conseil d’administration de BNP Paribas en 1995. Aujourd’hui, il y est administrateur indépendant, président du comité des nominations et rémunérations, membre du comité éthique et développement durable ainsi que juré du Prix BNP Paribas Wealth Management de la Philanthropie Individuelle. En 1998, c’est au conseil d’administration de Suez Environnement qu’il fit son entrée dans lequel il siège toujours. Lorenz fut également, mais seulement jusqu'en 2003, administrateur de deux de ses filiales : SITA pour la gestion des déchets et Ondeo Nalco pour la gestion de l’eau. De 2001 à 2010, il siégea comme administrateur indépendant à l’Union Chimique Belge.


Les 50 ans du prince Lorenz en 2005

Le prince Lorenz accompagne également son épouse lors de certaines de ses activités, y compris lors de missions à l’étranger, et pour les événements les plus importants comme la fête nationale. Le couple représente par ailleurs la famille royale belge de manière régulière à certains rendez-vous du gotha. Passionné par le patrimoine, il exerce la présidence d’honneur de l’Association Royale des Demeures Historiques et Jardins de Belgique et, depuis 2004, du Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin. Depuis 2005, le prince Lorenz accorde son Haut Patronage à l’association internationale des trésors et musées d’églises Europae Thesauri. Il fut également l’un des membres fondateurs de l’asbl La Chaîne de l’Espoir – Belgique en 1997, a accordé avec son épouse son Haut Patronage au Comité Paralympique Belge de 2009 à 2011 et est membre du Comité d’Honneur de l’Ecole espagnole d’Equitation de Vienne.

Au Japon en 2000 avec le prince et la princesse Takamado
© Hironori Miyata/Global Photo 
Visite du trésor d'Oignies en tant que président d'honneur du Fonds du
Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin en 2014
© Editions de l'Avenir/Florent Marot

Grand-Cordon de l’Ordre de Léopold, le prince Lorenz a été fait, suite à la visite de chefs d’Etat en Belgique, Grand-Croix de l’Ordre d’Adolphe de Nassau (Luxembourg), Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de la République fédérale d’Allemagne, Commandeur Grand-Croix de l’Ordre de l’Etoile polaire (Suède), Grand-Croix de l’Ordre du Mérite civil (Espagne), Grand-Croix de l’Ordre royal norvégien du Mérite, Grand-Croix de l'Ordre de la Couronne (Pays-Bas) et Grand-Croix de l’Ordre de l’Infant Dom Henrique (Portugal). Il est également Chevalier Grand-Croix de l’Ordre du Prince Danilo Ier de Monténégro, décoration que lui a attribué le prétendant au trône monténégrin, ainsi que Chevalier de l’Ordre Militaire et Hospitalier de Saint-Lazare-de-Jérusalem depuis 1977. Proche de la famille royale roumaine, il a été fait en 2015 Grand-Croix de l'Ordre de la Couronne et est l’un des membres du Conseil du roi Michel.

Visite d'Etat du président portugais en 2005

A la question de savoir s’il était envisageable que son fils aîné Amedeo puisse reprendre ses affaires dans un futur proche, le prince Lorenz a répondu en 2014 : « J’ai bientôt 60 ans. Il va être temps de penser à la pension mais il est prématuré de répondre à votre question. Un jour, peut-être ? Chacun doit faire son chemin. Je ne veux pas avoir d’influence (sur lui) ». Loin de lever le pied, le prince Lorenz a fondé en 2006 à Bruxelles la SPRL Société d’Etudes Economiques puis en 2012, avec deux associés, la Gutzwiller Family Office AG dont il préside le conseil d’administration. En 2014, il a intégré le conseil d’administration de SIX Management SA en tant que représentant des banques et des banquiers privés. Par ailleurs, depuis 2000, il gère avec sa sœur Isabelle et son beau-frère le comte Andrea Czarnocki Lucheschi la marque Acetaia Ducale Estense qui produit du vinaigre.

Partie de chasse au Château de Frederiksborg
(Danemark) en 2003 

Personnage discret et méconnu, son épouse en parlait en ces termes dans un entretien en 2004 : « J'ai beaucoup de chance d'avoir rencontré mon cher époux que j'estime énormément et pour qui j'éprouve une affection immense. Nous partageons les mêmes idéaux dont le principal est sans doute de tâcher de réussir notre propre vie, tout en essayant de rendre notre entourage le plus heureux possible. Mon époux a beaucoup d'humour, de gaieté de vie, et dispose de la capacité de s'émerveiller devant des événements qui pourraient sembler banals, comme observer les spectacles qu'offre la nature. Il est également sage et équilibré, ce qui me donne un sentiment de grande sécurité. Il est aussi source de bons conseils. Lorsqu'il m'arrive de devoir faire un discours, je le prépare presque toujours avec lui. Ainsi il me soutient dans mes engagements au service de la Belgique. Nous formons une bonne équipe ensemble. Souvent, j'ai l'impression que nous sommes presque comme frère et sœur, car nous avons presque toujours les mêmes goûts, que ce soit pour des détails comme la décoration intérieure de la maison, la manière de se vêtir. En fait, plus globalement, je dirais que, tout simplement, nous avons la même perception des choses et des sentiments ».


Les 50 ans de la princesse Astrid en 2012
© SPF Chancellerie du Premier Ministre –
DG Communication externe  Photo Shimera-Ansotte


En 2012, la journaliste Anne Quevrin qui eut l’occasion de le suivre pendant plusieurs années pour l’émission « Place Royale » le décrivit de la sorte : « C’est un homme intelligent, assez sympathique, avec de l’humour et spontané même s’il l’est moins que la princesse Astrid. Il est peut-être le plus décalé de la famille royale. Il a toujours un bon mot pour les dames. C’est quelqu’un de très bien élevé. Il n’est certainement pas méprisant. Il est du même acabit que le prince Charles. Il fait partie des vrais grands ». Le prince Lorenz est un grand chasseur, passion qu’il pratique en Belgique, en France, en Roumanie, en Suède ou encore au Danemark. Du point de vue sportif, il pratique le golf et a participé à plusieurs marathons, dont ceux de New York et de Paris avec son épouse ou avec son fils aîné. Le couple apprécie passer ses vacances d’été à Gallipoli dans les Pouilles et possède le chalet Les Arcs à Bluche-Randogne en Suisse. Le prince Lorenz a été choisi comme parrain de Constanza Riesle de Habsbourg-Lorraine née en 1989, fille de sa cousine l’archiduchesse Alexandra, et du prince Carl-Johann de Nassau né en 1992, fils du prince Jean de Luxembourg.

© Collection personnelle Valentin Dupont


En 2014, son fils aîné Amedeo est le premier de ses enfants à s’être marié. Son choix s'est porté sur Elisabetta Maria Rosboch von Wolkenstein, une Italienne dont la famille paternelle est originaire du Trentin, région qui appartenait à l'Autriche avant 1919. Avant le mariage à Rome, le prince Lorenz a rencontré d’une manière informelle, en compagnie du père de la fiancée, la presse belge pour la toute première fois et confia qu’il fut le dernier à être mis au courant de l’idylle de son fils. Le prince Amedeo lui annonça l’heureuse nouvelle lors d’un voyage en Afrique. Le jeune couple s’est installé dans une résidence située en face de la Villa Schonenberg, tandis que les quatre autres enfants effectuent leurs études à l’étranger. Ces derniers mois, certaines de ses affaires ont connu des difficultés : Gutzwiller Family Office AG a été mise en liquidation en 2014 alors que la banque Gutzwiller a fait perdre près de deux millions d’euros à ses clients en l’espace de deux mois avant de se voir infliger en 2015, après accord avec la justice américaine, une amende d’un peu plus d’un million et demi de dollars. Cette situation l’a obligé récemment à passer plus de temps qu’à l’accoutumée à Bâle, ce qui ne l’a pas empêché d’effectuer une vingtaine d’activités officielles cette année.

Lors d'une activité officielle en décembre 2015 avec son fils Amedeo
et sa belle-fille Elisabetta Maria
Photo diffusée par le Palais à l'occasion
des 60 ans du prince Lorenz