19 mai 2015

Le prince consort Félix de Luxembourg

Le prince Félix, Marie, Vincent de Bourbon de Parme est né le 28 septembre 1893 en château de Schwarzau am Steinfeld en Autriche. Il est le fils de Robert Ier (1848-1907), dernier duc de Parme, déposé en 1859. Le prince Félix est le sixième des douze enfants du second mariage de son père avec la princesse Maria Antonia de Bragance (1862-1959). Ses aînés étaient Adélaïde (1885-1959), Sixte (1886-1934), Xavier (1889-1977), Françoise (1890-1978) et Zita (1892-1989), et ensuite sont nés après lui René (1894-1962), Antoinette (1895-1977), Isabelle (1898-1984), Louis (1899-1967), Henriette (1903-1987) et Gaëtan (1905-1958). 

Zita et Félix selon un pastel de Carl Fröschl


Douze enfants avaient déjà vu le jour durant le premier mariage du duc Robert avec la princesse Maria Pia de Bourbon-Siciles (1849-1882) qui mourut d’ailleurs d’épuisement suite à son ultime grossesse. Hormis Marie-Louise (1870-1899), Béatrice (1879-1946) et Elie (1880-1959), trois enfants sont décédés le jour de leur naissance (Auguste en 1882) ou en bas âge (Ferdinand à l’âge d’un an en 1872 et Anastasie à deux semaines en 1881), alors que les six autres étaient handicapés mentaux : Louise (1872-1943), Henri (1873-1939), Immaculée (1874-1914), Joseph (1875-1950), Thérèse (1876-1959) et Pia (1877-1915). 

Le prince Félix entouré de ses sœurs Françoise et Zita
La famille en 1906 à la Villa Pianore (Italie)
Premier rang (gauche à droite) : Immaculée, Antoinette, Isabelle, le duc Robert, Henriette,
Louis, la duchesse Maria Antonia tenant sur ses genoux Gaëtan, René et Zita
Second rang (gauche à droite) : Françoise, Pia, Louise, Adélaïde, Thérèse, Joseph, Xavier,
Henri, Sixte et Félix


Ayant passé son enfance entre l’Autriche, l’Italie et la France, le prince Félix a fréquenté l’Académie militaire de Vienne. Il s’engagea volontairement en tant que major d’artillerie le 25 août 1914 dans l’armée autrichienne au déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il choisit le même camp que son frère René et son demi-frère Elie, tandis que ses frères Sixte et Xavier combattirent dans l’armée belge faute de pouvoir intégrer l’armée française. Nommé second lieutenant du 15e régiment des dragons autrichiens le 1er juillet 1915, il en devint lieutenant le 11 novembre 1916. L’un de ses états de service indiquait : « Très efficace si l’on considère son court temps de service ; s’efforce d’élargir ses connaissances militaires ainsi qu’en matière de cavalerie. Très courageux devant l’ennemi, a fait preuve de cran et d’initiative au combat ». Il reçut en 1915 la Grande Médaille d’argent pour la Bravoure, pour conduite courageuse devant l’ennemi, ainsi que la Croix de fer de première et seconde classes de l’Empire allemand. Nommé capitaine le 19 février 1918, il décida de mettre fin à son implication militaire le 5 novembre, quelques jours avant que soit signé l’armistice.

Les princes Sixte, Xavier, Félix et René en 1914


Le prince Félix s’est rapproché de Charlotte de Luxembourg, sa cousine germaine par sa mère, lors du mariage de sa sœur Zita avec le futur empereur Charles d’Autriche en 1911. Félix avait dix-huit ans quand elle avait trois ans de moins que lui. Les deux jeunes gens se sont fiancés en 1918 et en décembre le pape Benoît XV leur accorda une dispense vu la proximité des liens de parenté. Bien que ce projet de mariage fût connu au Luxembourg depuis 1915, l’annonce officielle intervint le 30 octobre 1919, soit une semaine avant l’union. Le 15 janvier, Charlotte succédait à sa sœur Marie-Adélaïde qui avait été contrainte à abdiquer suite, notamment, à une attitude jugée germanophile durant le conflit. Bien que la monarchie ait été plébiscitée lors du référendum du 28 septembre, le choix du prince Félix de Bourbon-Parme, puisqu’ayant servi dans l’armée autrichienne, ne recueillait pas l’approbation de tous. Devant la pression gouvernementale, Charlotte refusa de céder et indiqua qu’elle épouserait Félix et personne d’autre. Le 5 novembre, le prince Félix reçut la nationalité luxembourgeoise, bien que cette question ait suscité des débats au parlement, par une loi signée la veille. Un arrêté grand-ducal l’incorpora au sein de la noblesse luxembourgeoise et lui accorda le titre de Prince de Luxembourg, auquel la grande-duchesse Charlotte ajouta celui de Prince de Nassau par un décret de la Maison de Nassau. 

Portant la Grande Médaille d'argent pour la
Bravoure (Autriche)


Initialement, le mariage devait se dérouler au château de Berg, afin d’éviter des manifestations dans la capitale, mais le président de la Chambre des Députés convainquit le couple à célébrer leur union à Luxembourg, une première dans l’histoire du grand-duché. Le 6 novembre, après un bal la veille, la grande-duchesse Charlotte et le prince Félix ont été mariés civilement par le bourgmestre de Luxembourg Luc Housse au Palais grand-ducal en présence uniquement des proches parents. Le marié portait le cordon de l’Ordre du Lion d’or de la Maison de Nassau, ainsi que la Grand-Croix de l’Ordre Constantinien de Saint-Georges, dont il était Sénateur, et l’Ordre hongrois de Saint-Etienne. En la cathédrale Notre-Dame, le Nonce apostolique Mgr Nicotra présida la cérémonie religieuse. Le prince Félix choisit ses frères Sixte et Xavier comme témoins. A la sortie du couple, les badauds restèrent silencieux, une attitude qui trancha avec la foule qui les acclama à plusieurs reprises au balcon du Palais grand-ducal. 





Désormais prince consort, il fit très vite oublier les sentiments négatifs qui avaient été nourris à son égard. La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix s’employèrent à tisser des liens profonds entre la famille grand-ducale et le peuple luxembourgeois. Certes les résultats du référendum de 1919 étaient favorables à la monarchie, mais il importait de construire une dynastie qui soit proprement luxembourgeoise. Quitte d’ailleurs, au début du règne, à prendre ses distances avec la grande-duchesse douairière Marie-Anne et ses autres filles, une attitude qui était de surcroît appréciée par des puissances comme la France. La naissance en 1921 d’un prince héritier, prénommé en référence à Jean l’Aveugle, symbolisait ce nouveau départ. Cinq autres enfants suivirent à qui Félix inculqua d’ailleurs des notions d’italien : Elisabeth (1922-2011), Marie-Adélaïde (1924-2007), Marie-Gabrielle (1925), Charles (1927-1977) et Alix (1929). 




Comme d’autres princes consorts européens, souvent relégués au second plan et contraints de marcher deux pas derrière leurs épouses, il a parfois confié que cette fonction était assimilable à un « job pourri ». Des missions officielles lui furent cependant confiées dès après son mariage. Ainsi, le 12 février 1920, le prince Félix est nommé colonel de la Compagnie des Volontaires luxembourgeois. De 1923 à 1932, il fut chargé de la présidence de la Croix-Rouge luxembourgeoise. Le 23 janvier 1937, il devint membre du Conseil d’Etat. Son président Maurice Sevenig déclara d’ailleurs suite à son décès : « Il tenait à prendre une part active à nos travaux auxquels il apportait un jugement sûr, d'une sincérité évidente et d'une rare indépendance d'esprit. La sincérité de son opinion et la franchise de son langage étaient légendaires. Il exprimait sans détour son jugement sur les hommes et les choses avec une spontanéité parfois surprenante qu'une évidente bonté du cœur empêchait cependant de jamais devenir choquante ». 


Accueil du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth au Luxembourg en 1930

Amateur de bonne chère et passionné par la chasse, il appréciait également la pêche et le golf. A cet égard, il a été membre du conseil d’administration de la Société Immobilière du Golf S.A., constituée en 1934 avec l’apport de terrains appartenant à la Maison grand-ducale. Il a également été choisi plus tard comme président d’honneur du Golf Club Grand-Ducal. L’année 1934 coïncida aussi avec la vente d’une partie de la forêt de Grünewald et du château de Berg par l’Administration des Biens de la Couronne au profit du gouvernement pour une somme de 40 millions de francs. La rumeur s’est alors répandue que cette vente était intervenue afin d’éponger des dettes de jeu du prince Félix. Une légende urbaine, fausse même si elle eut la vie dure au grand-duché. 




En 1938, à la suite du déroulement à Luxembourg des Conférences Internationales de Médecine militaire, un Comité International d’Information et d’Action pour la Protection de la Population civile en temps de guerre fut créé. L’époux de la grande-duchesse Charlotte en accepta la présidence. L’année suivante, du 27 août au 5 septembre, il se rendit en voyage aux Etats-Unis accompagné de son fils aîné Jean à l’occasion de la journée luxembourgeoise à la foire internationale de New York. Ils furent reçus à la Maison Blanche par le président Franklin D. Roosevelt qu’ils reverront à plusieurs reprises les années suivantes. 




Le 9 mai 1940, le prince Félix était au château de Steenokkerzeel, en Belgique, pour les 48 ans de sa sœur l’impératrice Zita. Il regagna cependant le Luxembourg précipitamment face à l’importante concentration de troupes allemandes aux frontières orientales. Le lendemain, la famille grand-ducale prit le chemin de l’exil, d’abord en France, puis en Espagne et au Portugal. Après avoir contacté la Maison Blanche, le croiseur « USS Cruiser Trenton » qui revenait des Açores fut envoyé au secours de la famille grand-ducale. Le prince Félix et ses enfants embarquèrent le 15 juillet et arrivèrent après onze jours en mer à Annapolis. La famille, à laquelle le président Roosevelt offrit un déjeuner, pu loger quelques jours à la Maison Blanche avant que ne soit mis à leur disposition une résidence à Long Island. La grande-duchesse Charlotte, après avoir gagné Londres, les rejoignit le 4 octobre. Le président américain offrit en leur honneur un dîner le 20 octobre dans sa résidence privée à Hyde Park, en présence notamment du gouverneur général du Canada, le comte d’Athlone. 

A bord du croiseur à Annapolis

Avec Mme Eleanor Roosevelt à la Maison Blanche
© Centre National de l'Audiovisuel


Le Canada avait en effet été choisi comme lieu de résidence afin d’éviter de mettre les Etats-Unis dans une position délicate, puisque pas encore engagés dans le conflit, mais aussi pour que les enfants puissent continuer leurs formations dans des établissements catholiques. La famille grand-ducale, qui n’a eu aucune difficulté pour obtenir des visas canadiens, s’établit donc à Montréal le 24 octobre 1940. La grande-duchesse – qui retrouva d’ailleurs Londres de septembre 1941 à mai 1942 – s’est cependant rendue, en compagnie de son époux, régulièrement aux Etats-Unis pour y avoir des entretiens avec le président Roosevelt : ils furent ainsi reçus officiellement, avec le grand-duc héritier Jean, du 12 au 14 février 1941 à Washington, mais aussi de manière plus informelle le 25 août 1941, le 25 mai 1942 et le 25 août 1942. 

1941

1941


Le 6 octobre 1942, le prince Félix embarqua avec son fils aîné à bord d’un « clipper » à destination du Royaume-Uni. Ils rejoignirent l’armée britannique le mois suivant. Le prince consort fut nommé comme officier de liaison du Northern Command à Londres. Général de brigade au sein du 21e Groupe d’armées britannique, commandé par Montgomery, il fut dès 1943 le chef de la Mission Militaire Luxembourgeoise en liaison avec le Grand Quartier Général des forces expéditionnaires alliées avant le Débarquement en Normandie. Il fut également officier de liaison avec la première armée française la plupart du temps qu’ont duré ses opérations sur le territoire français. A la fin du mois de juin 1944, le prince Félix fut attaché au 12e Groupe d’armées américain, commandé par le général Bradley. Il entra d’ailleurs au service du Quartier Général de la troisième armée américaine du général Patton qui libéra notamment Metz. 

1942 (Londres)
© Arnott and Rogers/Collections grand-ducales/
tous droits réservés



Ensuite, il fut attaché au Quartier Général de la 5e division blindée du 5e corps américain à qui il fut désigné la tâche de la libération du Luxembourg. Le prince Félix retrouva le grand-duché le 10 septembre 1944 et fut ovationné au balcon du Cercle municipal avec le général Lunsford E. Oliver. Le prince Jean rejoignit son père en après-midi pour goûter à l’enthousiasme des Luxembourgeois. Au début de la Bataille des Ardennes, le prince Félix intervint auprès du Haut-Commandement des armées alliées pour que le grand-duché et ses habitants soient au maximum épargnés. Le 14 avril 1945, la grande-duchesse Charlotte était de retour de son exil, accompagnée tout naturellement de son époux et de plusieurs de ses enfants. Après s’être occupé du rapatriement de sa belle-sœur la princesse Antonia, retrouvée par les Américains dans un hôpital de Jena, il participa le 29 avril à la libération du camp de concentration de Dachau. Il espérait y trouver son frère Xavier, cependant celui-ci avait été déplacé quelques jours auparavant avec d’autres prisonniers spéciaux. Le 17 juillet, suite à l’introduction de l’obligation d’un service militaire, un arrêté grand-ducal le nomma au grade de général-commandant et d’inspecteur général de l’armée. 

Balcon de l'Hôtel de Ville
© Collections grand-ducales/tous droits réservés

Libération du camp de Dachau


Son engagement militaire durant la Seconde Guerre mondiale le fit entrer littéralement dans l’histoire du grand-duché au côté de son épouse. Il reçut à cet égard plusieurs décorations comme la Croix de guerre française qui lui fut remise le 13 novembre 1945 par le général Koenig. Egalement en 1945, il reçut la Silver Star pour « conduite héroïque sur champ de bataille » et le Grand Quartier Général des forces expéditionnaires alliées lui décerna la Legion of Merit pour « sa conduite d’un mérite exceptionnel et pour les services extraordinaires qu’il a rendus depuis mars 1944 jusqu’à la libération de Luxembourg ». Il se rendit par ailleurs le 2 avril 1946 à Buckingham Palace où le roi Georges VI le fit Chevalier de l’Empire britannique. Des délégations lui remirent au Luxembourg la Croix Commémorative de Guerre (Pays-Bas) en 1949, la Médaille d’Or de l’American Legion en 1957 et l’insigne d’honneur de la Société Nationale des Croix de Guerre Belges en 1958. 




Les premières années d’après-guerre furent consacrées à la reconstruction du pays. La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix ont sillonné le Luxembourg afin de constater les affres de la guerre et rencontrer la population. De nombreuses activités étaient liées au souvenir de la guerre. Le 27 novembre, le prince Félix était invité au premier anniversaire de la libération de Metz. Le 12 décembre 1945, il effectua avec le grand-duc héritier une visite à Bruxelles, puis à Berlin du 20 au 24 octobre 1946. En 1947, il redevint président de la Croix-Rouge luxembourgeoise. Il était également président d’honneur de l’Union des Mouvements de Résistance luxembourgeois. Il accordait par ailleurs son haut patronage à la Fondation des Anciens Combattants du Monde et, avec son épouse, à l’Association grand-ducale des Anciens Militaires luxembourgeois. 

Mariage de la princesse Elisabeth en 1956


Le prince Félix et ses deux fils Jean et Charles le jour de la fête nationale
le 23 juin 1962

© Jean Weyrich/Collection personnelle Valentin Dupont

Dans les années 1950, cinq de ses six enfants se sont mariés : Alix avec le prince Antoine de Ligne en 1950, Marie-Gabrielle avec le comte Knud Holstein til Ledreborg en 1951, Jean avec la princesse Joséphine-Charlotte de Belgique en 1953, Elisabeth avec le prince François-Ferdinand de Hohenberg en 1956 et Marie-Adélaïde avec le comte Karl Josef Henckel de Donnersmarck en 1958. Après plusieurs années pour faire accepter son choix par ses parents, le prince Charles épousa en 1967 une roturière américaine et divorcée, Joan Douglas Dillon. Il eut la joie d’être vingt-sept fois grand-père et fut d’ailleurs choisi comme parrain pour la princesse Sophie de Hohenberg et le comte Félix Henckel de Donnersmarck, tous deux né en 1960. Le grand-duc Henri a avoué récemment que son grand-père, avec sa stature imposante, faisait quelque peu peur à ses petits-enfants. 

Les 70 ans du prince Félix en 1963
© G. Mirgain/Collection personnelle Valentin Dupont
Avec son petit-fils le prince Guillaume


Le 25 avril 1951, le prince Félix démissionna du Conseil d’Etat au profit de son fils Jean. Il reprit cette fonction dix ans plus tard, le 5 mai 1961, suite à la nomination du grand-duc héritier comme lieutenant-général. La passation de pouvoir entre la grande-duchesse Charlotte et son fils Jean intervint en 1964. Après cette date, le prince Félix continua encore à accorder de régulières audiences à des responsables militaires étrangers tels que les attachés militaires, puisqu’il conserva son rang de général-commandant et d’inspecteur général de l’armée jusqu’en 1967. La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix ont célébré leurs noces d’or en 1969, entourés de leur famille. A cette occasion, le gouvernement leur décerna la Croix de l’Ordre de la Résistance.


© Tony Krier/Collection personnelle Valentin Dupont

L’année 1969 coïncida avec une santé de plus en plus chancelante pour le prince Félix. D’ailleurs, son mandat de président de la Croix-Rouge luxembourgeoise prit fin et il démissionna, au profit de son fils Charles, du Conseil d’Etat le 24 mars. Dans la lettre faisant état au président de l’institution, il indiquait : « Hélas, les raisons d'âge et surtout de santé – combien impérieuses et valables – m'ont imposé la décision de vous quitter après tant d'années de participation à vos efforts et à vos réalisations ». Le prince Félix est décédé le 8 avril 1970 à 8h25 au château de Fischbach à l’âge de 76 ans et la Cour prit le deuil durant six semaines. Son état s’était dégradait d’une manière telle deux jours plus tôt que les derniers sacrements lui avaient été administrés. Dans une déclaration parue le jour du décès, le gouvernement exprimait que : « […] Son activité civile et Sa vie de soldat entreront […] dans notre histoire nationale. Ce sont Ses mérites qui nous font nous incliner profondément devant Sa dépouille mortelle. Son souvenir ne s’effacera ni de nos cœurs ni de l’histoire de notre pays ». 

Les noces d'or en 1969

Durant trois jours, décrétés jours de deuil national, les Luxembourgeois eurent la possibilité de s’incliner devant sa dépouille, installée dans une chapelle ardente dans le hall du Palais grand-ducal. Ses funérailles ont eu lieu le 11 avril en après-midi. Après une absoute au Palais, le corps fut transféré, au rythme de 42 coups de canon, par vingt sous-officiers de la Force publique jusqu’à la cathédrale Notre-Dame. Le cortège était suivi par les membres masculins de la famille, les princes étrangers et les principales autorités du pays. Les dames gagnèrent directement la loge grand-ducale pour la messe pontificale de requiem célébrée par Mgr Léon Lommel, évêque de Luxembourg. Dans l’assistance se trouvaient notamment le roi Olav de Norvège, la reine Juliana des Pays-Bas, le prince François-Joseph II de Liechtenstein, sa sœur l’impératrice Zita d’Autriche, le prince Albert de Belgique qui était son filleul, le prince Bertil de Suède, le roi Michel et la reine Anne de Roumanie, le duc et la duchesse de Wurtemberg, le prince et la princesse Napoléon, la princesse Tomislav de Yougoslavie et des représentants des familles de Bavière, d’Arenberg, de Bade et de Croÿ. A la fin de la cérémonie, le cercueil fut transféré jusqu’à la crypte par dix sous-officiers alors que 21 autres coups de canon étaient tirés. 

Funérailles du prince où on reconnaît le grand-duc héritier Henri, le grand-duc
Jean, le prince Charles et le prince Xavier de Bourbon-Parme (avant-plan)
ainsi que le roi Olav V de Norvège, le prince Louis Napoléon, le comte Charles-
Joseph Henckel de Donnersmarck et le prince Antoine de Ligne (second plan)

Le 23 avril, une séance en son hommage s’est tenue à la Chambre des Députés tout comme au Conseil municipal de Luxembourg. Son souvenir fut également évoqué le 16 avril lors d’une séance au Conseil d’Etat. Outre les décorations susmentionnées, le prince Félix était également Grand-Croix de l’Ordre de la Couronne de chêne et de l’Ordre militaire et civil d’Adolphe de Nassau (Luxembourg), Grand-Croix de l’Ordre de Léopold (Belgique), Grand-Croix de la Légion d’honneur (France), Chevalier de l’Ordre des Séraphins (Suède), Grand-Croix de l’Ordre du mérite du Saint-Sépulcre et Chevalier de l’Ordre du Christ (Vatican), Grand Cordon de l’Ordre Militaire d’Aviz (Portugal), Grand-Croix de l’Ordre de Saint-Charles (Monaco), Bailli Grand-Croix d’Honneur et de Dévotion de l’Ordre de Malte ainsi que Grand-Croix de l’Ordre du Mérite de Saint-Louis (Maison de Parme). Il avait également reçu en 1958 la Médaille de Mérite en Or de la Société de la Croix-Rouge autrichienne en tant que président de la Croix-Rouge luxembourgeoise.

16 avril 2015

Philippe et Mathilde à Copenhague

Ce 15 avril, le Roi et la Reine étaient conviés au dîner organisé au Château de Christiansborg à l'occasion du 75ème anniversaire de la reine Margerthe II de Danemark à l'instar d'autres couples royaux européens. Le Roi des Belges célébrait d'ailleurs le jour-même ses 55 printemps. 

© Nils Meilvang


Lors de cette soirée, le roi Philippe portait l'uniforme de gala de la Composante Terre. Le col de l'uniforme illustre le grade du Roi : général quatre étoiles en tant que chef de l'armée. D'autres insignes sont révélateurs de son parcours au sein de l'armée : son passage par l'Ecole Royale Militaire de 1978 à 1981 au sein de la 118ème Promotion Toutes Armes (épaule gauche), ses ailes de pilote obtenues le 9 juillet 1982 (côté gauche de la poitrine), son insigne de parachutiste reçu le 28 octobre 1982 (côté droit de la poitrine) et enfin son insigne de commando obtenu le 17 décembre 1982 (épaule droite). Le Souverain portait tout naturellement l'Ordre de l’Éléphant dont il fut fait Chevalier en 2002 lors de la visite d'Etat de la reine Margrethe II et du prince consort Henrik en Belgique.

© Nils Meilvang



La reine Mathilde portait une robe fuchsia signée Armani qu'elle avait déjà choisie en 2011 lors du dîner de gala organisé le soir du mariage du prince Albert II de Monaco. Ne possédant pas de décoration danoise, elle arborait le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold qu'elle reçut suite à son mariage avec l'héritier au trône belge en 1999. Pour le diadème, la Reine avait opté pour celui dit des Neufs Provinces. On se souviendra qu'elle portait sa partie inférieure appelée grecque pour le premier portrait officiel en 2013 ou lors de la visite d'Etat du président chinois en 2014, mais c'est la première fois qu'elle arbore la version complète de ce joyau. Faut-il rappeler que ce dernier a été offert en 1927, suite à une souscription nationale, à la future reine Astrid? Après l'accession au trône de son époux en 1934, elle y fit ajouter des motifs rhomboïdaux. Les onze gros diamants, totalisant cent carats, représentaient alors l'union des neufs provinces de l'époque et du Congo autour de la Maison royale.

© Tim Rooke/REX Shutterstock/Newscom

2011


10 avril 2015

Archives: la reine Elizabeth II à Ciergnon en 1966

Le reine Elizabeth II et le duc d’Édimbourg effectuèrent du 9 au 13 mai 1966 une visite d'Etat en Belgique. Après des activités à Bruxelles, Liège et Anvers, le roi Baudouin et la reine Fabiola invitèrent le couple à prendre plusieurs heures de repos au château de Ciergnon le 12 mai. Le train royal arriva en gare de Ciergnon à midi quarante. La reine Elizabeth II, vêtue d'un manteau orange, fut la première à sortir du train. Les deux souveraines se virent offrir des bouquets d'orchidées et de fleurs d'oranger par deux fillettes, l'une étant la petite-fille du bourgmestre et l'autre la fille du conseiller provincial et échevin Lavis. Ensuite, les deux couples saluèrent le bourgmestre et son épouse avant de traverser les voies entre une double haie de fonctionnaires de la S.N.C.B. 

© Collection Michel Lavis

© Collection Michel Lavis


La sortie de la gare se fit sous les vivats. Alors que la reine Elizabeth II et le roi Baudouin montèrent assez vite dans la première voiture, le duc d’Édimbourg dû attendre quelques instants supplémentaires, la reine Fabiola prenant le temps de répondre aux diverses sollicitations et aux bouquets tendus par les enfants. Les deux voitures, encadrées par une escorte motocycliste, parcoururent à vitesse modérée les rues qui séparaient la gare de la grille du château de Ciergnon. Sur le chemin, un grand nombre d'habitants tenaient à saluer le cortège tandis qu'à certains endroits des badauds avaient déposé des fleurs de genêt sur la chaussée. 

© Collection Michel Lavis

© Collection Michel Lavis

© Collection Michel Lavis


Au niveau de l'entrée du domaine, un grand nombre de personnes s'étaient rassemblées. La déception gagna les journalistes lorsqu'ils vinrent, une fois le cortège passé, les grilles se renfermer et être cadenassées. Quelques minutes plus tard, une personne du service d'ordre les invita, à leur plus grand soulagement, à pénétrer dans le domaine. Les deux couples apparurent sur le perron du château, descendirent les marches et firent quelques pas dans l'allée, de manière à ce que les photographes et les preneurs d'images fassent leur travail. Après ces quelques heures de détente, le dernier jour de la visite d'Etat emmena la reine Elizabeth et le prince Philip à Bruges ainsi qu'à Ypres. 

© Reg Lancaster/Express/Getty Images

© Collection Michel Lavis

© Belga


Merci à Michel Lavis pour ses documents d'archives et photographies.    

23 mars 2015

La famille grand-ducale et les présidents français

Le président français François Hollande a effectué une visite officielle au Luxembourg le 6 mars 2015. Un déplacement d’une seule journée qui a démarré par un accueil du couple grand-ducal suivi d’un entretien au Palais. Dans l’après-midi, ils se rendirent ensemble au château de Betzdorf, lieu qui a vu la naissance du grand-duc Henri en 1955 et qui abrite le siège de la Société Européenne des Satellites, puis à Esch-Belval. En soirée, une dîner de gala fut offert au Palais grand-ducal en présence du couple héritier. Dans son toast, le grand-duc Henri a déclaré : « C’est un privilège pour la Grande-Duchesse comme pour moi-même que de vous souhaiter la bienvenue ce soir. En effet, la venue d’un Président de la République française au Grand-Duché de Luxembourg est un événement marquant, tant par sa portée que par sa rareté. […] Evoquer les relations du Luxembourg avec la France se révèle un exercice complexe. Leur importance n’a pas vraiment d’équivalent, leur plasticité à travers le temps étonne, la part qu’elles laissent à l’émotion est unique. Parler de la France, c’est aussi parler de nous-mêmes et de ce que nous, Luxembourgeois, ressentons au plus profond. » 

© Photo 2015 SIP/Charles Caratini/tous droits réservés
 
© Photo 2015 SIP/Jean-Christophe Verhaegen/tous droits réservés


Cet événement est l’occasion de passer en revue les précédents contacts officiels avec les différents présidents français. Après le règne de la grande-duchesse Marie-Adélaïde, critiquée par la France qui fit pression après la Première Guerre Mondiale pour son abdication, le régime français observa avec une certaine méfiance les débuts de sa sœur Charlotte. Pour preuve, un télégramme d’octobre 1920 émanant du Ministre de France à Luxembourg en réponse au Ministre des Affaires étrangères Leygues qui s’étonnait de la nouvelle des fiançailles de la princesse Sophie avec le plus jeune fils du roi de Saxe. Après une entrevue avec le Maréchal de la Cour, le diplomate eut un entretien avec le Ministre d’Etat « pour lui marquer combien nous étions loin de nous attendre à de pareilles nouvelles alors que le gouvernement luxembourgeois nous assurait de son constant désir de marcher en toute occasion d’accord avec l’Entente ». 

La grande-duchesse Charlotte pu éloigner tout soupçon en se désolidarisant de l’attitude de ses sœurs qui ne l’avaient d’ailleurs pas consulté avant leurs fiançailles. D’ailleurs, une note du Département datant de novembre 1920 vise une autre personnalité de la famille grand-ducale vue comme germanophile : « On aurait lieu à craindre que la grande-duchesse douairière Marie-Anne, qui réside en Bavière avec ses filles, ne renonce pas facilement à toute influence dans le pays ». Le 15 février 1920, la grande-duchesse Charlotte, accompagnée du prince Félix, avait d’ailleurs été invitée à se rendre à Thionville, ayant jadis fait partie du duché de Luxembourg, où elle fut accueillie par le président Raymond Poincaré. Ce déplacement coïncidait avec la remise de la Légion d’honneur à la ville mais sans doute que cela marquait une réconciliation formelle entre les deux pays. En mémoire de cette visite, une « Rue de la Grande-Duchesse Charlotte (1896-1985) » a été inaugurée en 2006 en présence du grand-duc Henri et de la grande-duchesse Maria-Teresa. 

© Bibliothèque Nationale de France


C’est le 22 juillet 1937 que la grande-duchesse Charlotte et le prince Félix furent reçus officiellement à l’Elysée par le président Albert Lebrun. Un déplacement à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris à laquelle participait le grand-duché. Deux ans plus tard, le 3 août 1939, le président Lebrun effectua un voyage au Luxembourg pour un dîner à la Légation en présence des membres du gouvernement. Il fut reçu en audience par la famille grand-ducale. Bien que de nature semi-privée, ce déplacement fut accueilli favorablement au Luxembourg, comme une promesse d’amitié, particulièrement appréciée dans le contexte de la montée des périls. 

1937

1939


Du 20 au 22 juin 1957, le président René Coty effectua une visite d’Etat au Luxembourg, la première d’un chef d’Etat français. Il y reçut un accueil très chaleureux des autorités mais aussi des Luxembourgeois. Pour son arrivée, la capitale était décorée d’oriflammes, de guirlandes lumineuses et, aux abords du Pont Adolphe, d’obélisques décoratifs surmontés de flammes symboliques portant les écussons des deux pays. Les écoliers purent d’ailleurs bénéficier d’une journée de congé pour aller accueillir le président Coty. Lors du dîner de gala, la grande-duchesse Charlotte indiqua que : « Votre visite, Monsieur le Président, nous apparaît comme une démonstration solennelle de l’amitié séculaire qui n’a cessé d’unir nos deux pays dans les bons comme dans les mauvais moments ». Outre le couple héritier, le prince Charles et la princesse Marie-Adélaïde participaient aux réjouissances. Après le dîner, une apparition au balcon eut lieu. Lors de ce déplacement, le président de la République alla rendre visite au grand-duc héritier Jean et à la grande-duchesse héritière Joséphine-Charlotte au Betzdorf, l’occasion de faire également connaissance avec leurs enfants. Un feu d’artifice fut tiré dans la capitale pour saluer le départ du président Coty.



La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix étaient à Paris le 4 février 1961. Un déjeuner fut offert en leur honneur à l’Elysée, dans le Salon Murat, par le président Charles de Gaulle et son épouse. Ce déjeuner comptait une quarantaine de convives. Le général de Gaulle commença son discours par ces mots : « Votre Altesse Royale a tenu à nous rendre visite, d’une manière presque intime. Nous espérons, cependant, que nous aurons un jour la joie et l’honneur de la recevoir à Paris avec toute l’ampleur officielle et populaire qui répondrait aux sentiments que la France porte au Luxembourg et à sa gracieuse souveraine ». A l’issue du déjeuner, Charlotte remit l’Ordre du Lion d’Or au général. Une estime mutuelle devait sans doute unir ces deux figures de la Résistance. 



Les vœux du général de Gaulle furent exhaussés en 1963. La grande-duchesse Charlotte réserva sa toute dernière visite d’Etat, avant son abdication, pour la France du 2 au 5 octobre. Mais elle eut l’occasion de revoir le président français l’année suivante, le 26 mai 1964, à l’occasion de l’inauguration du canal de la Moselle. En compagnie du président ouest-allemand Lübke, ils prirent part à une mini-croisière de 270 kilomètres à bord du « Strasbourg », entre les villes d’Apach et de Trêves. Suite au décès du général de Gaulle, le grand-duc Jean se rendit au service solennelle organisé à Notre-Dame de Paris pour les chefs d’Etat, tandis que sa mère assista au service en la cathédrale de Luxembourg. 





Les 3 et 4 mai 1972, ce fut au tour du président Georges Pompidou et de son épouse d’effectuer une visite d’Etat au Luxembourg. Ils y reçurent un accueil tout aussi enthousiaste que le président René Coty en son temps. Et tout comme lui, après le dîner de gala à la Chambre des députés et la réception au Palais, il eut l’occasion d’apparaître au balcon. Suite au décès du président en exercice Pompidou, un deuil fut décrété à la Cour jusqu’aux funérailles. Le grand-duc Jean assista au service solennelle dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. 





Le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte se rendirent en visite d’Etat en France du 18 au 20 septembre 1978 à l’invitation du président Valéry Giscard d’Estaing et son épouse. Lors du dîner de gala à l’Elysée, auquel le prince et la princesse Napoléon ainsi que la princesse Irène des Pays-Bas étaient conviés, le grand-duc Jean évoqua dans son allocution la mémoire de Robert Schuman, moteur de la construction européenne qui naquit au grand-duché. Le dîner de retour, offert par le couple grand-ducal, fut organisé à l’Hôtel Marigny. Pour l’anecdote, le président Giscard d’Estaing offrit lors de ce séjour au grand-duc Jean un parchemin du XIVe siècle évoquant les liens entre Jean l’Aveugle, comte de Luxembourg, et le roi Philippe VI. Ce n’était pas la première fois que les deux couples se rencontraient : Jean et Joséphine-Charlotte avaient été reçu à déjeuner à l’Elysée en 1976 et ils furent conviés en 1977 à l’inauguration du Centre Georges Pompidou.

1976

1978

1978


Le président François Mitterrand se rendit durant ses deux mandats à plusieurs reprises au Luxembourg pour des visites de travail. Le premier déplacement après sa victoire en 1981 fut d’ailleurs de cette nature, à l’occasion du 20e sommet européen, et rencontra le grand-duc Jean lors d’une audience. Les 13 et 14 mai, le président Mitterrand et son épouse se rendirent en visite d’Etat au Luxembourg. Le Palais grand-ducal étant en travaux, le président bénéficia de la Villa Vauban, lieu de travail provisoire du grand-duc Jean, pour ses rencontres politiques. Le dîner de gala eut lieu dans le cadre de l’ancienne abbaye d’Echternach. Les temps avaient alors changé et ces déplacements officiels n’attiraient plus les foules comme pour le président Coty en 1957 et le président Pompidou en 1972. Le président Mitterrand fit d’ailleurs face à des manifestants écologiques – comme François Hollande en 2015 – concernant plusieurs dossiers français intéressant le grand-duché, comme la proximité de la centrale nucléaire de Cattenom. Suite au décès de l’ex-président en 1996, Jean et Joséphine-Charlotte assistèrent au service solennelle à Notre-Dame de Paris.






Avec l’abdication du grand-duc Jean, son successeur effectua deux visites officielles de courtoisie à Paris et à Berlin. Le grand-duc Henri et la grande-duchesse Maria-Teresa furent accueillis le 10 octobre 2000 par le président Jacques Chirac et son épouse à l’Elysée. Aucune visite d’Etat n’eut lieu durant les deux mandats du président Chirac, pas plus que lors de la présidence de Nicolas Sarkozy. Des rencontres officieuses sont néanmoins probables puisque le Fort de Brégançon, lieu de villégiature du président français depuis 1968, se situe à côté de la Tour Sarrazine, propriété de la famille grand-ducale. Dans ce cadre, la presse luxembourgeoise avait d’ailleurs rapporté que le grand-duc Henri aurait rencontré François Hollande lors des vacances d’été en 2012.


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Sources :
- KERSTIN S. (2015), « Les présidents français au Luxembourg. De Coty à Hollande en passant par Pompidou », Luxemburger Wort [consulté en ligne]
- « M. Mollard, Ministre de France à Luxembourg, à M. Leygues, Ministre des Affaires étrangères » dans MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES (2002), Documents diplomatiques français. 1920. Tome III. 24 septembre 1920 – 15 janvier 1920, Bruxelles, P.I.E.-Peter Lang, pp. 162-163