19 septembre 2020

Baptême du prince Charles de Luxembourg

Le 19 septembre 2020, le prince Charles, Jean, Philippe, Joseph, Marie, Guillaume de Luxembourg a été baptisé en l'abbaye Saint-Maurice-et-Saint-Maur à Clervaux en présence de la famille grand-ducale et de la famille de la grande-duchesse héritière Stéphanie. Son parrain est son oncle le prince Louis de Luxembourg et sa marraine est sa tante la comtesse Gaëlle de Lannoy. La messe a été présidée par le cardinal Jean-Claude Hollerich, archevêque de Luxembourg et concélébrée par l'évêque auxiliaire Leo Wagener, l'archevêque émérite Fernand Franck et le révérend père Dom Michel Jorrot, père abbé de l’abbaye de Clervaux. 

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En raison de la crise sanitaire liée au COVID-19, cette messe d'action de grâce pour le baptême du prince Charles avec les rites complémentaires du baptême n'avait pas été annoncée. La presse luxembourgeoise et internationale étaient restés dans la confidence. C'est la première fois que la famille grand-ducale choisit l'abbaye de Clervaux pour y célébrer un événement familial. Cette abbaye bénédictine fondée en 1909 était sans doute un choix, contrairement à la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg, permettant de maintenir la discrétion autour de l'organisation et du déroulement de l'évènement. Notons par ailleurs que la commune de Clervaux est liée à la famille de la grande-duchesse héritière Stéphanie puisque les Lannoy y fondèrent une branche au XVIe siècle qui s'éteignit en 1854. 

Pour cet événement, le Grand-Duc et la Grande-Duchesse étaient accompagnés du prince Félix et de la princesse Claire, venus avec leurs enfants Amalia et Liam, du prince Louis (parrain de l'enfant) et du prince Sébastien avec le pied plâtré. Seule la princesse Alexandra, sœur du grand-duc héritière, était absente. 

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Du côté de la famille de la grande-duchesse héritière Stéphanie avaient fait le déplacement le comte et la comtesse Jehan de Lannoy, accompagnés de trois de leurs quatre enfants, Louise, Antoine et Maxime, le comte et la comtesse Christian de Lannoy, accompagnés de leurs enfants Teresa, Ignace, Jacques et Alix, Mme John Hamilton (née comtesse Nathalie de Lannoy), la comtesse Gaëlle de Lannoy (marraine de l'enfant), le comte et la comtesse Amaury de Lannoy, le comte et la comtesse Olivier de Lannoy, accompagnés de deux de leurs trois enfants Philippe et Gustave, ainsi que M. et Mme Jean-Charles de le Court (née comtesse Isabelle de Lannoy), venus avec cinq de leurs six enfants Isaure, Aline, Lancelot, Héloïse et Nicodème. 

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15 août 2020

La tradition funéraire de l'obiit et la famille royale belge

La pratique funéraire de l'obiit (parfois également orthographié « obÿt ») est très ancienne. Selon Stefan Crick (« Funerair erfgoed: obiits en rouwgebruiken bij adel », PDF en ligne), cette tradition remonterait à l'époque chevaleresque. En effet, dans le cortège funèbre d'un chevalier, des membres de la famille étaient amenés à porter plusieurs de ses attributs : bouclier, heaume, épée, gants, éperons, ou encore cotte d'armes. Après le service funèbre dans l'église, ces éléments étaient suspendus au dessus de la tombe du défunt chevalier. Au fil du temps, avec le développement de l'héraldique, ces éléments directement liés au défunt ont été remplacés par une évocation héraldique.



Ainsi serait né l'obiit. Mais que signifie ce terme ? Il peut littéralement être traduit comme « est mort » ou « mourut » et il provient du verbe latin obire. Selon le dictionnaire de référence latin-français du philologue Félix Gaffiot, le verbe obire signifie « aller devant ». Au sujet de cette traduction, Jean Marie Desbois précise ceci : « Mais aller au-devant de quoi ? Vers un endroit éloigné. Le soleil obit (3e personne du présent de l'indicatif), il va « au-devant du bout », à l'horizon, à l’extrémité des choses. Il meurt, pourrait-on dire alors. Ainsi, le sens que nous retenons de nos jours à obire est clair, dès lors qu'il s'applique aux humains. Un homme qui obit, c'est un homme qui va devant l'horizon de sa vie, qui disparaît derrière la ligne de son âge, qui se couche comme le soleil du soir. Obire, c'est « s'en aller », quitter la scène du monde comme l'acteur d'un théâtre. Vision poétique de la mort qui était celle des auteurs latins de l'Antiquité » (« « Obiit », que signifie ce terme ? », Géné Provencearticle en ligne du 20/12/2014).

Cortège funèbre de la princesse Charlotte de Belgique (1840-1927), impératrice du Mexique


L'obiit est un panneau de bois peint de forme quadrangulaire, toujours présenté sur pointe. Les armoiries du défunt y sont représentées. La date du décès est souvent inscrite, parfois également la date de naissance. Le fond est sombre, souvent de couleur noire, bien que les obiits réservés aux demoiselles mortes jeunes et célibataires avaient un fond blanc. Au Royaume-Uni, les obiits peuvent être divisés verticalement avec un fond noir et un fond blanc. En effet, si le fond noir se trouve à gauche, alors cela signifie que le mari est mort, laissant une veuve. Si le fond noir se trouve à droite, cela signifie que la femme du mari est décédée, laissant un veuf. 

Chapelle ardente au Palais de Bruxelles après le décès du roi Albert Ier en 1934


Sous l'Ancien Régime, quand un seigneur venait à mourir, un obiit était déposé dans chaque église de sa seigneurie. Ces éléments héraldiques s'intégraient à des célébrations funèbres bien plus élaborées et complexes que les funérailles contemporaines. Ces obiits n'étaient pas forcément destinés à durer dans le temps. En effet, ils étaient placés devant les candélabres durant les messes célébrées le jour anniversaire du défunt. Bien plus tard, un obiit était installé dans une église avec laquelle le défunt avait un lien particulier, ou alors ramené au château familial.

Funérailles de la reine Astrid en 1935


La famille royale belge, à l'instar de nombreuses familles nobles, a perpétué cette tradition. Le visiteur qui se rend dans l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg, proche du palais de Bruxelles, peut d'ailleurs admirer à droite du chœur, dans l'autel de Saint Jean Népomucène, les obiits des rois Léopold Ier (1790-1865), Léopold II (1835-1909), Albert Ier (1875-1934), Léopold III (1901-1983) et Baudouin (1930-1993), sans oublier celui du prince-régent Charles (1903-1983). Cette église n'est pas officiellement la paroisse royale mais l'édifice, agrémenté d'une loge royale et dont un passage discret la relie directement aux jardins du palais, est intimement lié à la famille royale. En effet, le roi Léopold Ier prêta serment sur les marches de l'église le 21 juillet 1831. Plusieurs baptêmes ou funérailles de membres de la famille royale s'y sont déroulés. Ceci explique donc la présence de ces obiits dans l'édifice religieux. 

Obiit du roi Léopold Ier, décédé le 10 décembre 1865
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés

Obiit du roi Léopold II, décédé le 17 décembre 1909
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés

Obiit du roi Albert Ier, décédé le 17 février 1934
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés

Obiit du prince-régent Charles, comte de Flandre, décédé le 1er juin 1983
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés

Obiit du roi Léopold III, décédé le 25 septembre 1983
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés

Obiit du roi Baudouin, décédé le 31 juillet 1993
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés


Sur l'une des colonnes de la nef se trouvent les obiits du prince Philippe (1837-1905), comte de Flandre, et de son épouse, née princesse Marie de Hohenzollern-Sigmaringen (1845-1912), les parents du roi Albert Ier. Habitant le palais de la Régence tout proche, ils assistaient régulièrement à des offices dans cette église et leurs funérailles s'y déroulèrent. En dehors, des obiits des souverains belges et du prince-régent Charles, ce sont les deux seuls autres obiits aujourd'hui exposés. Les obiits qui ont réalisés pour d'autres membres de la famille royale sont quant à eux conservés dans les greniers du palais de Bruxelles. 

Obiits du prince Philippe, décédé le 17 novembre 1905 (haut) et
de la princesse Marie, décédée le 26 novembre 1912 (bas)
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés


Photo : Olivier Polet / tous droits réservés
(Photographie issue de l'ouvrage Aux marches du Palais paru en 2002 chez 
La Renaissance du livre)


Obiit de la reine Elisabeth (1965)
Jusqu'en 1965 et le décès de la reine Elisabeth, l'obiit était directement associé aux célébrations funèbres des membres de la famille royale. Cet élément était souvent placé devant le catafalque lors des funérailles du défunt et parfois également exposé dans la chapelle ardente. Lors des funérailles de la reine Astrid en 1935 et de la reine Elisabeth en 1965 célébrées en la cathédrale des Saints-Michel-et-Gudule, ou pour la chapelle ardente installée au palais de Bruxelles en hommage au roi Albert Ier en 1934, des photographies d'époque montrent que d'autres panneaux, assez similaires dans leurs formes à l'obiit, étaient placés devant des candélabres. 

Après 1965, des obiits ont été réalisés pour le roi Léopold III et le prince-régent Charles en 1983 puis pour le roi Baudouin en 1993. Ces obiits n'ont cependant pas été associés aux funérailles ou utilisés dans la chapelle ardente, bien que placés par la suite, comme de tradition, en l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg. Puisque ces élément ne sont plus désormais associés directement aux cérémonies funèbres d'un défunt de la famille royale et que seuls les obiits des anciens souverains ou régent sont exposés après les funérailles, nous pouvons légitimement supposer que des obiits n'ont pas été réalisés suite au décès de la princesse Lilian en 2002, du prince Alexandre en 2009 et de la reine Fabiola en 2014. 

Funérailles de la reine Elisabeth en 1965



Cette tradition reste aujourd'hui plus ou moins vivace dans les grandes familles de la noblesse belge. A cet égard, l'artiste-peinte, héraldiste et généalogiste Olivier Nolet de Brauwere précise : « La tradition sommeille un peu actuellement mais elle peut reprendre à tout moment, personne ne sait pourquoi, ça fonctionne par vagues. Ce sont surtout les familles titrées qui font le démarche, mais aussi des gens qui tiennent à rendre hommage à un disparu, ou qui s'y prennent à l'avance pour être certain que ce sera réalisé dans les règles de l'art ». En 2008, le chef du cabinet du Roi prit contact avec lui. Le Palais, transmettant la documentation nécessaire, le chargea de réaliser l'obiit du comte Patrick d'Udekem d'Acoz (1936-2008), le père de la reine Mathilde (voir ci-contre). Le projet qu'il remit fut approuvé par la famille. Olivier Nolet de Brauwere eut très peu de temps pour réaliser cet obiit : ce travail lui prit une soixantaine d'heures et il ne dormit que quatre heures en trois jours !

Cette tradition funéraire n'a pas été reprise par la famille grand-ducale luxembourgeoise. Notons cependant qu'un obiit a été réalisé pour la princesse Alix de Luxembourg (1929-2019), veuve du prince belge Antoine de Ligne. Cette famille continue de respecter cette tradition et l'obiit de la sœur du grand-duc Jean fut porté par deux de ses petits-enfants du château de Beloeil jusqu'à l'église toute proche. Par ailleurs, des obiits ont également été réalisés pour les parents de la grande-duchesse héritière Stéphanie, le comte Philippe de Lannoy (1922-2019) et son épouse née Alix della Faille de Leverghem (1941-2012). Ces obiits étaient portés en tête du cortège funèbre lors de leurs funérailles célébrées à Anvaing.

Obiit de la princesse douairière de Ligne,
née princesse Alix de Luxembourg, décédé le 11 février 2019
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés


Funérailles du comte Philippe de Lannoy à Anvaing en 2019
Photo : Notélé (capture d'image)

Merci à Olivier Nolet de Brauwere pour son aide apportée dans la préparation de cet article et à Olivier Polet qui a autorisé l’utilisation d'une de ses photographies. 

29 juillet 2020

Le château de Walferdange


En 1817, le roi Guillaume Ier des Pays-Bas (1772-1843), grand-duc de Luxembourg depuis deux ans, ordonna la construction à Walferdange, situé dans le canton de Luxembourg, d’un « Dépôt royal d’étalons du Grand-Duché pour le Roi Grand-Duc ». Ce haras royal a été construit entre 1824 et 1828. Le roi Guillaume Ier ne visita jamais ce lieu. Il ne se rendit d’ailleurs jamais au Luxembourg. 

Illustration issue du Journal belge des connaissances utiles pour
l'émancipation et le bonheur des hommes
(1834)


Dans le Journal belge des connaissances utiles pour l’émancipation et le bonheur des hommes paru en 1834, il y est précisé ceci à propos de ce lieu : « Le haras (…) ne pouvait se soutenir qu’au moyen de dépenses exorbitantes, tant par le mauvais choix du terrain humide, que par ses bâtiments aussi mal combinés que l’exécution en était vicieuse ». Cette publication indique par ailleurs que l’élevage des chevaux en tant que tel n’y fut pas une grande réussite. 

Dessin de Nicolas Liez issu du Voyage pittoresque à travers le Grand-Duché
de Luxembourg
(1834)


La révolution belge de 1830, qui vit une grande partie du Luxembourg également se soulever, mit fin à ce haras royal. Les bâtiments restèrent alors inoccupés pendant une dizaine d’années. 

Le château de Walferdange par Piet Schipperus (vers 1879)

En 1841, un an après l’abdication de son père, le roi Guillaume II (1792-1849) visita le grand-duché. Lors d’un voyage vers Diekirch, il fit une halte devant l’ancien haras royal. Il proposa alors que les lieux soient remis en état afin de devenir une résidence royale lors des séjours du Roi Grand-Duc au Luxembourg. L’ancien haras royal devint alors le château de Walferdange (parfois également dénommé palais). Les bâtiments furent élargis, l’intérieur aménagé avec faste et les jardins agrandis. 

Le roi Guillaume II y séjourna à plusieurs reprises lors de ses visites au grand-duché, mais ce fut son fils le prince Henri d’Orange-Nassau (1820-1879) qui marqua Walferdange de son empreinte. En effet, celui-ci fut désigné par son frère le roi Guillaume III comme son lieutenant-représentant au grand-duché le 5 février 1850. Tout naturellement, il assuma cette charge depuis le château de Walferdange. Trois ans plus tard, le 18 mai 1853, il épousa la princesse Amélie de Saxe-Weimar-Eisenach (1830-1872). Le père de cette dernière, le prince Bernard (1792-1862), avait d’ailleurs jadis été nommé gouverneur général du grand-duché en 1831 par le roi Guillaume Ier. Femme et enfants l’avaient dès lors suivi au Luxembourg, dont la très jeune Amélie. 

Le prince Henri et la princesse Amélie arrivèrent à Walferdange le 14 août 1853, suivi quatre jours plus tard par leur joyeuse entrée face à une population réellement enthousiaste. Le couple princier fut apprécié des Luxembourgeois, et particulièrement de la population locale. Plusieurs lieux, institutions ou monuments font encore référence au prince Henri et à la princesse Amélie à Walferdange et au grand-duché. Le 2 mai 1872, la princesse Amélie s’éteignit au château, des suites d’une grave infection pulmonaire. Ce décès prématuré plongea le pays dans un deuil sincère. Seize ans plus tard, le prince Henri se remaria avec la princesse Marie de Prusse (1855-1888). 

Le 14 janvier 1879, le prince Henri, surnommé le Gudde Prënz Hari, décéda inopinément de la rougeole au château de Walferdange. Trois semaines plus tôt, il avait procédé à une distribution de cadeaux de Noël aux enfants de la commune, une tradition initiée vingt ans plus tôt avec la princesse Amélie et qu’il perpétua avec sa seconde épouse. Le prince Henri aurait contracté cette maladie infantile à cette occasion, plusieurs enfants de Walferdange étant alors atteints de la rougeole. Son corps quitta le château le 22 janvier. 



Les lieux n’étant plus une résidence royale, la commune installa une pompe d’incendie et un bureau de poste. Mais il fallut attendre le décès du roi Guillaume III pour que le château redevienne une résidence destinée à la famille régnante. Adolphe de Nassau-Weilbourg (1817-1905), ancien souverain du duché de Nassau qui devint grand-duc de Luxembourg le 23 novembre 1890, désira utiliser les lieux comme résidence d’été. Le château fut alors réaménagé de fond en comble, le vaste parc fut doté de serres et l’orangerie transformée en habitation. En juillet 1891, le grand-duc Adolphe séjourna déjà à Walferdange, rejoint par sa fille la princesse Hilda (1864-1952), épouse du grand-duc héréditaire Frédéric de Bade. 



Le grand-duc Adolphe au château de Walferdange


Avec le décès du grand-duc Adolphe en 1905, le château de Walferdange cessa d’être une résidence utilisée par la famille grand-ducale bien que cette affection fût toujours rendue possible par la Constitution. Pendant la Première Guerre mondiale, des enfants et des familles évacués des quartiers menacés de la ville de Luxembourg y trouvèrent refuge. La grande-duchesse Charlotte (1896-1985) y renonça officiellement en 1923, le bien passant alors à la libre disposition de l’Etat. Une loi du 3 novembre 1926 affecta le château de Walferdange, avec « ses dépendances et accessoires », à l’usage de l’école normale des institutrices. Cette école fonctionna jusqu’en 1944. Occupé temporairement par des troupes américaines à la fin Seconde Guerre mondiale, le château fut utilisé comme caserne par l’armée luxembourgeoise de mai 1945 à juillet 1967. Ensuite, la majeure partie du château servit pour l’Institut supérieur d’études et de recherches pédagogiques. 



En 2003, les bâtiments furent transformés en « Campus Walferdange », comme annexe de l’Université du Luxembourg nouvellement créée. Ce campus abritait la Faculté des Lettres, des Sciences humaines, des Arts et des Sciences de l’éducation. En 2015, ce campus a déménagé vers celui de Belval. Depuis, le site est occupé par le ministère de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

Photo : Meffo / Wikipedia Commons

Photo : fs999 / Flickr

21 juin 2020

"Le prince Charles de Belgique" de Vincent Leroy


Vincent Leroy est un passionné de l'histoire belge contemporaine et il oriente notamment ses recherches sur la famille royale. Ainsi, en plus d'être l'auteur d'un ouvrage sur le poète belge Emile Verhaeren et sur les 180 ans de la Belgique, il a également signé Chroniques du règne d'Albert II (2005), Les 70 ans de la reine Paola (2008), Le prince Laurent et la princesse Claire (2009), La princesse Astrid de Belgique (2011) et Les 75 ans de la reine Paola (2012). Vincent Leroy avait d'ailleurs eu la gentillesse de réponse à plusieurs questions de Royalement Blog à l'occasion de la sortie de son ouvrage sur la princesse Astrid, unique biographie consacrée à la sœur du roi Philippe (lien vers l'article). 

En 2007 était paru sous la plume de Vincent Leroy le livre "Le Prince Charles". En 2019, à l'occasion des 75 ans de l'anniversaire du début de la Régence, cet ouvrage a été ré-édité par les éditions Imprimages. 



Le prince Charles de Belgique, né en 1903, est le deuxième enfant du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth. Il reçoit le titre de Comte de Flandre. En 1914, ses parents l'envoient faire ses études en Angleterre. Après sa formation militaire dans la marine britannique, il mène une vie tranquille et discrète jusqu'en 1944. Lors de la déportation du roi Léopold III par les Allemands, le prince Charles s'enfuit du palais royal et se cache pendant plusieurs semaines dans les Ardennes.

En septembre 1944, la Belgique est libérée mais Léopold III est toujours détenu par les Allemands. Les Chambres réunies nomment son frère  comme Régent du royaume. Sous la Régence, la vie reprend. L’Office National de Sécurité Sociale, pilier du système social belge, voit le jour. Charles reçoit en Belgique le roi George VI, le général Eisenhower, le maréchal Montgomery, Winston Churchill, le général de Gaulle, etc. Il se rend en Angleterre, au Congo, aux États-Unis, au Canada et au Vatican. Le Régent exerce pendant six ans ses nouvelles fonctions avec sérieux et simplicité, et est apprécié du monde politique et de Winston Churchill. Beaucoup d'historiens estiment que c'est lui qui a sauvé l'institution monarchique. Par contre, le Roi et les léopoldistes lui reprochent son manque de soutien durant la Question Royale.

Le 20 juillet 1950, la fin de l'impossibilité de régner est votée au Parlement, permettant le retour en Belgique du roi Léopold III. La Régence marque la fin des pouvoirs personnels du Roi. La fédéralisation de la Belgique, l'indépendance du Congo et la prise de décisions communes par l'Union européenne et l'OTAN vont encore accentuer cette diminution des prérogatives royales au cours des décennies suivantes.

Après 1950, Charles coupe les ponts avec sa famille et se réfugie dans sa propriété de Raversijde à la côte belge, où il s'adonne à sa passion pour la peinture sous le nom de Karel van Vlaanderen. Il renonce à sa dotation. Les dernières années de sa vie sont marquées par plusieurs procès intentés par le prince contre ses conseillers financiers et par ses expositions de peinture qui suscitent la curiosité et l'intérêt du public.

Charles décède le 1er juin 1983 à l'hôpital du Sacré-Cœur d'Ostende et la Belgique organise des funérailles nationales pour son ancien régent. Il repose dans la crypte royale de l'église Notre-Dame de Laeken. Inauguré en 1992, le Mémorial Prince Charles à Raversijde raconte sa vie et son œuvre artistique, et permet de visiter la maison de pêcheurs où il a vécu de 1950 à 1983.


Il vous est possible de commander ce livre de 165 pages au prix de 10 EUR sur le site de l'auteur : http://vincentleroy.be/index.html. Notons que ce site permet également de télécharger gratuitement d'autres ouvrages de Vincent Leroy : Le prince Laurent et la princesse Claire (2008) et Les 70 ans de la reine Paola (2009).