29 juillet 2020

Le château de Walferdange


En 1817, le roi Guillaume Ier des Pays-Bas (1772-1843), grand-duc de Luxembourg depuis deux ans, ordonna la construction à Walferdange, situé dans le canton de Luxembourg, d’un « Dépôt royal d’étalons du Grand-Duché pour le Roi Grand-Duc ». Ce haras royal a été construit entre 1824 et 1828. Le roi Guillaume Ier ne visita jamais ce lieu. Il ne se rendit d’ailleurs jamais au Luxembourg. 

Illustration issue du Journal belge des connaissances utiles pour
l'émancipation et le bonheur des hommes
(1834)


Dans le Journal belge des connaissances utiles pour l’émancipation et le bonheur des hommes paru en 1834, il y est précisé ceci à propos de ce lieu : « Le haras (…) ne pouvait se soutenir qu’au moyen de dépenses exorbitantes, tant par le mauvais choix du terrain humide, que par ses bâtiments aussi mal combinés que l’exécution en était vicieuse ». Cette publication indique par ailleurs que l’élevage des chevaux en tant que tel n’y fut pas une grande réussite. 

Dessin de Nicolas Liez issu du Voyage pittoresque à travers le Grand-Duché
de Luxembourg
(1834)


La révolution belge de 1830, qui vit une grande partie du Luxembourg également se soulever, mit fin à ce haras royal. Les bâtiments restèrent alors inoccupés pendant une dizaine d’années. 

Le château de Walferdange par Piet Schipperus (vers 1879)

En 1841, un an après l’abdication de son père, le roi Guillaume II (1792-1849) visita le grand-duché. Lors d’un voyage vers Diekirch, il fit une halte devant l’ancien haras royal. Il proposa alors que les lieux soient remis en état afin de devenir une résidence royale lors des séjours du Roi Grand-Duc au Luxembourg. L’ancien haras royal devint alors le château de Walferdange (parfois également dénommé palais). Les bâtiments furent élargis, l’intérieur aménagé avec faste et les jardins agrandis. 

Le roi Guillaume II y séjourna à plusieurs reprises lors de ses visites au grand-duché, mais ce fut son fils le prince Henri d’Orange-Nassau (1820-1879) qui marqua Walferdange de son empreinte. En effet, celui-ci fut désigné par son frère le roi Guillaume III comme son lieutenant-représentant au grand-duché le 5 février 1850. Tout naturellement, il assuma cette charge depuis le château de Walferdange. Trois ans plus tard, le 18 mai 1853, il épousa la princesse Amélie de Saxe-Weimar-Eisenach (1830-1872). Le père de cette dernière, le prince Bernard (1792-1862), avait d’ailleurs jadis été nommé gouverneur général du grand-duché en 1831 par le roi Guillaume Ier. Femme et enfants l’avaient dès lors suivi au Luxembourg, dont la très jeune Amélie. 

Le prince Henri et la princesse Amélie arrivèrent à Walferdange le 14 août 1853, suivi quatre jours plus tard par leur joyeuse entrée face à une population réellement enthousiaste. Le couple princier fut apprécié des Luxembourgeois, et particulièrement de la population locale. Plusieurs lieux, institutions ou monuments font encore référence au prince Henri et à la princesse Amélie à Walferdange et au grand-duché. Le 2 mai 1872, la princesse Amélie s’éteignit au château, des suites d’une grave infection pulmonaire. Ce décès prématuré plongea le pays dans un deuil sincère. Seize ans plus tard, le prince Henri se remaria avec la princesse Marie de Prusse (1855-1888). 

Le 14 janvier 1879, le prince Henri, surnommé le Gudde Prënz Hari, décéda inopinément de la rougeole au château de Walferdange. Trois semaines plus tôt, il avait procédé à une distribution de cadeaux de Noël aux enfants de la commune, une tradition initiée vingt ans plus tôt avec la princesse Amélie et qu’il perpétua avec sa seconde épouse. Le prince Henri aurait contracté cette maladie infantile à cette occasion, plusieurs enfants de Walferdange étant alors atteints de la rougeole. Son corps quitta le château le 22 janvier. 



Les lieux n’étant plus une résidence royale, la commune installa une pompe d’incendie et un bureau de poste. Mais il fallut attendre le décès du roi Guillaume III pour que le château redevienne une résidence destinée à la famille régnante. Adolphe de Nassau-Weilbourg (1817-1905), ancien souverain du duché de Nassau qui devint grand-duc de Luxembourg le 23 novembre 1890, désira utiliser les lieux comme résidence d’été. Le château fut alors réaménagé de fond en comble, le vaste parc fut doté de serres et l’orangerie transformée en habitation. En juillet 1891, le grand-duc Adolphe séjourna déjà à Walferdange, rejoint par sa fille la princesse Hilda (1864-1952), épouse du grand-duc héréditaire Frédéric de Bade. 



Le grand-duc Adolphe au château de Walferdange


Avec le décès du grand-duc Adolphe en 1905, le château de Walferdange cessa d’être une résidence utilisée par la famille grand-ducale bien que cette affection fût toujours rendue possible par la Constitution. Pendant la Première Guerre mondiale, des enfants et des familles évacués des quartiers menacés de la ville de Luxembourg y trouvèrent refuge. La grande-duchesse Charlotte (1896-1985) y renonça officiellement en 1923, le bien passant alors à la libre disposition de l’Etat. Une loi du 3 novembre 1926 affecta le château de Walferdange, avec « ses dépendances et accessoires », à l’usage de l’école normale des institutrices. Cette école fonctionna jusqu’en 1944. Occupé temporairement par des troupes américaines à la fin Seconde Guerre mondiale, le château fut utilisé comme caserne par l’armée luxembourgeoise de mai 1945 à juillet 1967. Ensuite, la majeure partie du château servit pour l’Institut supérieur d’études et de recherches pédagogiques. 



En 2003, les bâtiments furent transformés en « Campus Walferdange », comme annexe de l’Université du Luxembourg nouvellement créée. Ce campus abritait la Faculté des Lettres, des Sciences humaines, des Arts et des Sciences de l’éducation. En 2015, ce campus a déménagé vers celui de Belval. Depuis, le site est occupé par le ministère de l’Education nationale, de l’Enfance et de la Jeunesse.

Photo : Meffo / Wikipedia Commons

Photo : fs999 / Flickr

21 juin 2020

"Le prince Charles de Belgique" de Vincent Leroy


Vincent Leroy est un passionné de l'histoire belge contemporaine et il oriente notamment ses recherches sur la famille royale. Ainsi, en plus d'être l'auteur d'un ouvrage sur le poète belge Emile Verhaeren et sur les 180 ans de la Belgique, il a également signé Chroniques du règne d'Albert II (2005), Les 70 ans de la reine Paola (2008), Le prince Laurent et la princesse Claire (2009), La princesse Astrid de Belgique (2011) et Les 75 ans de la reine Paola (2012). Vincent Leroy avait d'ailleurs eu la gentillesse de réponse à plusieurs questions de Royalement Blog à l'occasion de la sortie de son ouvrage sur la princesse Astrid, unique biographie consacrée à la sœur du roi Philippe (lien vers l'article). 

En 2007 était paru sous la plume de Vincent Leroy le livre "Le Prince Charles". En 2019, à l'occasion des 75 ans de l'anniversaire du début de la Régence, cet ouvrage a été ré-édité par les éditions Imprimages. 



Le prince Charles de Belgique, né en 1903, est le deuxième enfant du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth. Il reçoit le titre de Comte de Flandre. En 1914, ses parents l'envoient faire ses études en Angleterre. Après sa formation militaire dans la marine britannique, il mène une vie tranquille et discrète jusqu'en 1944. Lors de la déportation du roi Léopold III par les Allemands, le prince Charles s'enfuit du palais royal et se cache pendant plusieurs semaines dans les Ardennes.

En septembre 1944, la Belgique est libérée mais Léopold III est toujours détenu par les Allemands. Les Chambres réunies nomment son frère  comme Régent du royaume. Sous la Régence, la vie reprend. L’Office National de Sécurité Sociale, pilier du système social belge, voit le jour. Charles reçoit en Belgique le roi George VI, le général Eisenhower, le maréchal Montgomery, Winston Churchill, le général de Gaulle, etc. Il se rend en Angleterre, au Congo, aux États-Unis, au Canada et au Vatican. Le Régent exerce pendant six ans ses nouvelles fonctions avec sérieux et simplicité, et est apprécié du monde politique et de Winston Churchill. Beaucoup d'historiens estiment que c'est lui qui a sauvé l'institution monarchique. Par contre, le Roi et les léopoldistes lui reprochent son manque de soutien durant la Question Royale.

Le 20 juillet 1950, la fin de l'impossibilité de régner est votée au Parlement, permettant le retour en Belgique du roi Léopold III. La Régence marque la fin des pouvoirs personnels du Roi. La fédéralisation de la Belgique, l'indépendance du Congo et la prise de décisions communes par l'Union européenne et l'OTAN vont encore accentuer cette diminution des prérogatives royales au cours des décennies suivantes.

Après 1950, Charles coupe les ponts avec sa famille et se réfugie dans sa propriété de Raversijde à la côte belge, où il s'adonne à sa passion pour la peinture sous le nom de Karel van Vlaanderen. Il renonce à sa dotation. Les dernières années de sa vie sont marquées par plusieurs procès intentés par le prince contre ses conseillers financiers et par ses expositions de peinture qui suscitent la curiosité et l'intérêt du public.

Charles décède le 1er juin 1983 à l'hôpital du Sacré-Cœur d'Ostende et la Belgique organise des funérailles nationales pour son ancien régent. Il repose dans la crypte royale de l'église Notre-Dame de Laeken. Inauguré en 1992, le Mémorial Prince Charles à Raversijde raconte sa vie et son œuvre artistique, et permet de visiter la maison de pêcheurs où il a vécu de 1950 à 1983.


Il vous est possible de commander ce livre de 165 pages au prix de 10 EUR sur le site de l'auteur : http://vincentleroy.be/index.html. Notons que ce site permet également de télécharger gratuitement d'autres ouvrages de Vincent Leroy : Le prince Laurent et la princesse Claire (2008) et Les 70 ans de la reine Paola (2009).

23 juillet 2019

La princesse Stephanie de Windisch-Graetz (1939-2019)

Son Altesse Sérénissime la princesse Stephanie, Marie, Eva de Windisch-Graetz est née le 17 juillet 1939 dans la capitale belge. Elle était issue de l’union, célébrée à Bruxelles en 1934, du prince Franz Joseph de Windisch-Graetz (1904-1981) et de la comtesse Ghislaine d’Arschot-Schoonhoven (1912-1997). Sa tante la princesse Stéphanie de Windisch-Graetz (1909-2005) fut choisie comme marraine.

Par son père, la princesse Stephanie était la petite-fille d’Elisabeth-Marie d’Autriche (1883-1963), dite « Erzi » et surnommée l’ « archiduchesse rouge », et l’arrière-petite-fille de la princesse Stéphanie de Belgique (1864-1945) et de l’archiduc Rodolphe d’Autriche (1858-1889). L’empereur François-Joseph Ier et le roi Léopold II étaient donc ses aïeux directs. Sa grand-mère maternelle était quant à elle Eva-Zarouhi Nubar (1883-1973), fille de Boghos Nubar Pacha (1851-1930), grand philanthrope, homme d’affaires qui collabora avec le baron Edouard Empain pour la fondation de la ville d’Héliopolis, et défenseur de la cause arménienne. L’épouse de ce dernier était la princesse MariaeDadian (1855-1925). Boghos Nubar Pacha était d’ailleurs lui-même le fils de Nubar Pacha (1825-1899) qui fut plusieurs fois Premier ministre d’Egypte. Les Nubarian et Dadian, tout comme beaucoup de grandes familles arméniennes, ont servi l’empire ottoman pendant plusieurs générations. Enfin, son grand-père maternel, le comte Guillaume d’Arschot-Schoonhoven (1867-1935), occupa la fonction de chef de cabinet du roi Albert Ier.

En 1947, âgée de huit ans, ses parents s’installèrent au Kenya, alors encore une colonie britannique. Son père, surnommé « Franzi », put y assouvir sa passion pour la chasse. En 1950, la famille s’agrandit avec l’arrivée d’un frère pour Stephanie : le prince Guillaume de Windisch-Graetz. La famille avait l’habitude de revenir deux fois par an en Autriche. Stephanie étudia notamment en Grande-Bretagne. Par la suite, à l’âge de seize ans, elle s’installa à Vienne, dans le palais familial situé Strohgasse où ses parents s’étaient d’ailleurs installés au tout début de leur mariage. Elle débuta d’abord une carrière de mannequin. 

Le 3 octobre 1966, elle se fiança avec Dermot Blundell-Hollinshead-Blundell, né en 1935, fils de Christian Blundell (1904-1971) et de Helen Guthrie (1905-1989). Descendante directe du roi Henri VII d’Angleterre, la famille Blundell-Hollinshead-Blundell était une importante propriétaire de mines. Dermot passa la guerre au Canada, puis étudia au collège d’Eton et à l’Académie royale militaire de Sandhurst. A l’issue de sa formation, il intégra les Grenadier Guards. Il fut en poste plusieurs fois à l’étranger : aide-de-camp pendant deux ans en Nouvelle-Zélande, commandant d’une compagnie de grenadiers aux Emirats arabes unis, commandant du second bataillon des Grenadier Guards à Hong Kong, et prit également en charge une équipe de formation de l’armée britannique au Soudan. L’union fut célébrée le 16 février 1967 à Londres. 

Deux fils sont issus de ce mariage : Henry, né le 3 novembre 1967 à Londres, et Alexander Otto, né le 7 août 1969 à Vienne. Le couple divorça néanmoins en 1973. A propos de l’échec de son mariage, la princesse Stephanie confia : « Je ne suis pas du genre que l'on tient en laisse ». De son côté, son ex-époux se remaria et poursuivit sa carrière militaire : promu brigadier, il devint ensuite chef d’état-major du district de Londres et commandant de la 56ème brigade de Londres. Retraité, il s’installa dans le Worcestershire. Continuant à s’intéresser aux affaires militaires, il fut le président national de l’Association des Grenadier Guards. Il est décédé en 2009 des suites d’une longue maladie. 

Après son divorce, Stephanie poursuivit dans le mannequinat, notamment pour Vogue à Londres. Approchée par le photographe Richard Avedon, elle refusa le contrat qu’il lui avait proposé. En 2005, elle avait raconté au magazine flamand Humo qu’ « il était furieux lorsque j’ai refusé, mais je ne pouvais pas m’en empêcher. Si j’avais commencé à travailler pour lui, j’aurais dû déménager à New York. J’étais divorcée et j’avais deux petits garçons que je n’aurais pas pu élever seule à New York. Dans les années 1970, les meilleures mannequins travaillaient vraiment pour un salaire de misère : la couverture de Vogue ne vous rapportait pas plus de 175 euros ». La mannequin devint alors reporter-photographe, ce qui l’amena à se rendre dans nombre de pays d’Europe occidentale, aux Etats-Unis, ainsi qu’en Inde, au Népal et au Brésil. 

Photographie de la grande-duchesse
Leonida de Russie par la princesse
Stephanie de Windisch-Graetz
Véritablement passionnée par l’art de la photographie, la princesse Stephanie eut l’occasion de tirer les portraits de membres du gotha ou de l’aristocratie, comme la comtesse Isabelle de Paris ou la grande-duchesse Leonida de Russie. Pour ses modèles, elle utilisait une technique particulière consistant à les éclairer à la seule lueur des chandelles, obtenant ainsi de surprenants effets de clair-obscur. Elle avait été commissionnée par la Metro-Goldwyn-Mayer à Vienne pour photographier de célèbres acteurs, tels qu’Olivia de Haviland ou Ursula Andress. Ces photographies furent d’ailleurs exposées au Musée des arts appliqués à Vienne en 1979. 

En 1976 et 1977, la princesse Stephanie explora le Cachemire et mena des expéditions au Ladakh. Elle s’était d’ailleurs déjà rendue en Afghanistan pour y suivre la transhumance des troupeaux nomades pachtoun. Son père décéda en 1981 à Nairobi. Elle effectua alors plusieurs voyages avec sa mère dans le nord de l’Inde et au Népal pour y étudier l’ethnographie des ces peuplades et de leurs religions. Elles publièrent ensemble en 1982 l’ouvrage « Trésors de l’Himalaya. Cachemire, Ladakh, Népal ». La mère signa le texte qui accompagnait les photographies de la fille. En 1988, les photographies de la princesse Stephanie illustrèrent l’ouvrage « Die Magie der Stille: Mein Leben als Pantomime » écrit par le mime israélien Samy Molcho. 

Photographie choisie par sa famille pour illustrer
son souvenir mortuaire
Lors d’un passage par les îles Farne, au large du Northumberland, la photographe se découvrit une nouvelle passion à la vue des milliers d’oiseaux qui y vivaient : la peinture. Elle se concentra sur la peinture des oiseaux de proie qu’elle appréciait particulièrement. Elle recueillit d’ailleurs un jour un faucon aveugle dans son appartement bruxellois... Une rencontre avec le biologiste et zoologiste autrichien Konrad Lorentz l’encouragea d’ailleurs à poursuivre dans cette voie artistique. Avec le temps, la princesse Stephanie peigna d’autres prédateurs du monde animalier, comme le loup, l’ours ou les fauves. Plusieurs de ces œuvres ont été exposées, comme au Musée de la Chasse et de la Nature à Paris. 

En 1986, la princesse Stephanie créa à Amsterdam la Fondation Windisch-Graetz. Sensible à la souffrance et à la détresse d’autrui, et particulièrement à celle des enfants, elle voulait faire de cette fondation un centre culturel et humanitaire européen. Comme satellite de cette fondation, elle fonda également en 1992 « Cliniclowns », un concept inspiré de ce qui se faisait aux Etats-Unis, c’est-à-dire l’utilisation du rire comme thérapie pour les enfants hospitalisés, atteints d’une maladie grave ou chronique. Elle fut aussi à l’origine de l’association « Enfants sans Frontières » qui encourageait toute action secourant les enfants nécessiteux, victimes de catastrophes naturelles, de guerres, génocides, embargos, agressions, sévices, exploitation ou abandon. Dans ce cadre, des projets humanitaires virent le jour pour les enfants des rues en Russie, en Mongolie, ainsi qu’en Asie centrale. Des projets concernèrent également l’Irak où elle se rendit en juin 1995, en compagnie d’Alain Lejeune, à l’époque vice-président de la Croix-Rouge de Belgique. Ce dernier effectuait le déplacement afin d’écrire un rapport sur la situation dans ce pays alors touché depuis 1990 par un embargo. De retour en Belgique, la princesse Stephanie fit part à la presse de son indignation face à la situation humanitaire irakienne, et particulièrement face au sort réservé aux enfants. 

En septembre 1988, la princesse Stephanie acheta le château de Bierbais à François-Xavier Le Fevere de Ten Hove. Cette grande demeure néo-classique datant du XVIIIème siècle, située à Hévillers dans le Brabant wallon, avait été classée en 1977. La nouvelle propriétaire acquit également quelques années plus tard la tour sarrasine, située face à l'édifice. Elle racontait en 1992 au Soir : « J'avais lu une annonce dans un magazine : « Château Louis XVI à vendre ». C'était une ruine. Un château de conte de fées tombé en quenouille. Mais quel lieu. Une extraordinaire tour sarrasine (templière), une merveilleuse orangerie (d'un son parfaitement pur), d'immenses caves romanes voûtées (du XIe siècle), etc. C'était une grande maison avec une âme ». Au moment de l’acquisition, le château était dépourvu de tous ses carreaux aux fenêtres et le toit manquait à l’orangerie. Son fils Alexander précisait alors : « On a vécu quatre ans sans chauffage et huit mois sans électricité. On a même dormi ici avec une température de moins 10 degrés ! ». Il n’y avait pas non plus de cuisine, alors « le soir on se préparait à manger dans la grande cheminée. Quelle galère. Mais c'est comme ça que le château est devenu la maison des artistes dont je rêvais » racontait la propriétaire des lieux.

Le château a été peu à peu rénové, grâce à l’aide de ses fils, d’amis, de nombreux artisans venus de l’Europe de l’est, mais aussi en contractant de nouveaux emprunts. L’intérieur a été embelli par des œuvres d’art, autant d’héritages familiaux, comme des pièces qui se trouvaient jadis au palais de Schönbrunn. La princesse Stephanie désira que cet écrin, à la fois occidental et oriental, soit voué à l’art et à la culture. On y retrouvait alors une salle orientaliste, un salon anglais, un boudoir italianisant, un salon africain, une salle à manger à la française grand style ou encore un salon émeraude. Elle indiqua en 1992 à la presse : « Je voulais aussi recréer l'ambiance des salons cosmopolites du XVIIIème, où l'on prenait le temps de réfléchir en renouant les liens naturels entre l'art, la science et la société... ». La princesse Stephanie installa également les sièges sociaux de la Fondation Windisch-Graetz et de ses deux autres associations à Bierbais. Le château fut d’ailleurs proposé à la location pour y organiser réceptions, séminaires ou mariages afin de couvrir les frais, mais aussi pour financer ses associations. Divers événements y furent également organisés : soirée russe, exposition consacrée au peintre belge Marcel-Louis Baugniet, concert du lauréat du Concours Reine Elisabeth en 1987 Andreï Nikolsky, etc. La princesse Stephanie caressa aussi le projet d’y accueillir des enfants défavorisés.

Photo : AWAP Patrimoine


Mais en 1995, ce projet d’une vie se transforma en bataille juridique. Pour l’achat du château de Bierbais, outre sa fortune personnelle, l’héritage familial, le mécénat, la princesse Stephanie dut emprunter une vingtaine de millions de francs belges à la Générale de Banque et à la banque Anhyp. La rénovation du château a quant à elle coûté plusieurs dizaines de millions de francs. Mais sept ans plus tard, l’arrière-arrière-petite-fille de Léopold II n’avait remboursé ni son emprunt, ni les intérêts, et sa dette s’élevait à plus de 30 millions. La banque Anhyp, alors en pleine tourmente, décida de réaliser son hypothèque. Le château fut proposé une première fois en vente publique, mais les 23 millions proposés par l’acheteur furent refusés par la banque. Lors de la deuxième vente, le 16 octobre, la somme atteinte fut de 25,6 millions. Mais la princesse Stephanie en espérait presque le double… D’autant plus qu’avec cette somme, il lui restait encore une créance d’au moins 10 millions ouverte auprès d’Anhyp. Son avocate demanda l’annulation de cette vente publique devant le juge des saisies de Nivelles. Le 31 janvier 1996, déboutée, elle porta le dossier en appel. De nouveau déboutée et le délai de pourvoi en cassation ayant expiré, elle se vit présenter un procès-verbal d’expulsion en 1997. 

Par ailleurs, son association « Cliniclowns » fut dissolue par décision du tribunal correctionnel. A la suite de tensions entre la fondatrice, les administrateurs, les clowns et les médecins hospitaliers, un administrateur provisoire avait déjà dû être désigné en janvier 1996. Finalement, un expert-comptable avait découvert d’évidentes malversations. La série noire continua puisque, le 6 mars 1997, sa mère s’éteignit à Namur. La princesse Franz Joseph avait d’ailleurs vécu en partie avec sa fille et ses petits-fils au château de Bierbais. La princesse Stephanie expliquera plus tard à un journaliste : « A la mort de ma mère, je n’avais plus rien. J’ai fait des soins palliatifs chez des personnes âgées ». Elle fut également contrainte de s’adresser à un centre public d’action sociale. A partir de ce moment, elle bénéficia d’un revenu d’insertion sociale et occupa un petit appartement à Bruxelles, puis à Saint-Gilles, dans un ancien atelier de couture. 

Sa mère la princesse Franz Joseph de Windisch-Graetz, née comtesse Ghislaine
d'Arschot-Schoonoven (1912-1997), posant dans son appartement viennois en
1990 devant un tableau de l'archiduchesse Elisabeth-Marie d'Autriche et un
portrait de son époux alors enfant

La presse continua à s’intéresser épisodiquement à cette princesse, cousine éloignée de la famille royale belge, souvent présentée comme celle qui serait devenue Reine des Belges si les femmes avaient été autorisées à accéder au trône dès 1831. Mais il appartient cependant de reconnaître que, même si la loi salique n’avait jamais existé, les princesses Louise et Stéphanie, filles du roi Léopold II, auraient sans doute épousé d’autres partis, et leur descendance serait tout autre. Au moment de la Question Royale, son nom fut brièvement soulevé pour succéder au roi Léopold III. Âgée alors d’une dizaine d’années, cette idée fut très rapidement écartée. De toute façon, la princesse Stephanie confiait à qui voulait l’entendre qu’elle n’avait jamais envié un tel destin. Son originalité et sa liberté avaient d’ailleurs été encouragées par son père. Son titre princier, elle estimait « qu’il faut le regagner à travers sa vie ». Elle déclara dans La Libre Belgique que « par respect pour la monarchie actuelle, elle ne souhaitait pas soulever de polémique à ce sujet », précisant qu'elle n'avait aucun contact avec la famille royale. En 2014, elle reconnut qu’ « elle n'aimait pas ces rois sans pouvoir », les comparant à des « des figures pathétiques dans une cage dorée ». 

Le 31 juillet 2000, son fils aîné, Henry, épousa à Ixelles Lisa Abadjian, née à Uccle en 1966, fille d’Ohannes Abadjian (1922-1998), originaire du Liban, et de Sonia Yeghiayan, née en 1934 à Alexandrie. Le mariage religieux fut célébré le 2 août en l’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg à Bruxelles, là-même où se déroula en 1933 le mariage de la grand-tante du marié, la princesse Stéphanie de Windisch-Graetz, avec le comte Pierre d'Alcantara de Querrieu. Le couple, qui est aujourd’hui séparé, a eu trois enfants : Eleonore née le 18 décembre 2002 à Ixelles et Bryan né le 26 octobre 2005 à Bruxelles. Son fils Alexander Otto s’est quant à lui marié avec Ann-Charlotte, née en 1970 à New York, fille du vicomte Charles Le Sellier de Chezelles et d’Hermine Boulais. L’union civile s’est déroulée le 29 mars 2004 à Lierville, où la famille de la mariée possède le château du Boulleaume. Le mariage religieux eut pour cadre la capitale autrichienne le 8 mai. Cette union donna trois petits-enfants supplémentaires à la princesse Stephanie, tous nés à Uccle : Elisabeth-Marie le 9 août 2005, Otto le 16 septembre 2007 et Hermine le 27 mai 2011. Par arrêté royal du 19 août 2011, Alexander et ses deux premiers enfants Elisabeth-Marie et Otto furent « autorisés, sauf opposition en temps utile sur laquelle il sera statué, à substituer à leur nom patronymique celui de « de Windisch-Graetz », après l'expiration du délai de soixante jours à compter de la présente insertion ». De cette manière, la « branche » belge des Windisch-Graetz pourra subsister en Belgique. 

Malgré ses revers de fortune, la princesse Stephanie poursuivit son soutien en faveur de causes et de projets qui lui tenaient à cœur. Elle continua surtout à peindre, et à exposer de temps à autre ses œuvres lors d’expositions. En 1998, elle inaugura à l'espace Cardin à Paris une vaste exposition consacrée à son arrière-arrière-grand-mère l’impératrice Elisabeth d’Autriche, à l’occasion du centenaire de son décès. Lors d’une rencontre avec un journaliste, elle expliqua qu’elle n’avait pas gardé beaucoup de traces de ses ancêtres, à l’exception de quelques photographies. Mais elle précisait : « On se reconnait génétiquement par le caractère, avec certains. Cette espèce de soif de voyage, je la tiens de Sissi l’impératrice d’Autriche ». 

En 1998 devant un tableau de l'impératrice Elisabeth d'Autriche, aux côtés de
son cousin l'archiduc Markus d'Autriche et de son fils Henry

En 2012, elle fut associée à plusieurs événements célébrant les 50 ans de la communauté turque en Belgique organisés par la Fédération des Associations actives de Belgique. La princesse Stephanie se rendit plusieurs fois en Turquie, elle qui avait un grand intérêt pour le soufisme et l'art islamique. A l’issue de la visite d’une exposition d’un photographe turc en 2011, elle avait d'ailleurs commenté : « J’ai retrouvé, comme petite fille, une partie de ce que m’ont raconté mes oncles et ma grand-mère. Nous faisions justement partie du côté de ma mère de l’Empire ottoman ». La princesse Stephanie avait d’ailleurs un jour indiqué : « Dans ma famille, quatre différentes religions sont présentes. Ça n’a jamais causé de problème ou de dispute. Je ne comprends vraiment pas pourquoi les gens ont du mal à s’entendre entre-eux ». Au travers de sa fondation, elle avait d’ailleurs favorisé la création d’un espace de rencontre entre l’Orient et l’Occident nommé « Tchaïkhana », emprunté du terme qui signifie « maison de thé » en ouzbek.


En mars 2012, à l’invitation de l’Association pour l’amitié belgo-turque, elle participa à un voyage culturel à Bursa, l’ancienne capitale de l’empire ottoman, et à Istanbul. Au cours de la première étape, elle visita notamment les mausolées des premiers membres de la dynastie ottomane et un déjeuner fut offert en son honneur par le maire. A Istanbul, elle rencontra l’imam de la Mosquée bleue, ainsi que Bartholomée Ier, archevêque de Constantinople, nouvelle Rome et patriarche œcuménique. Après la visite du palais de Topkapi, elle dîna le soir avec le prince Şehzade Osman Selaheddin Vâsib Osmanoğlu, arrière-petit-fils des sultans Mehmet V et Murad V. Au mois de mai, elle assista à un concert de musique soufie dans un centre culturel turc à Bruxelles où elle rencontra le ministre turc de la Culture et du Tourisme Ertuğrul Günay.

Dîner avec le prince Şehzade Osman Selaheddin Vâsib Osmanoğlu
Photo : Beltud
Avec Sa Toute Sainteté Bartholomée Ier
Photo : Beltud

La princesse Stephanie s'exprimant devant les médias
azéris lors de sa visite à Qabala
Photo : Gulustan Info
En 2011, elle fut invitée à exposer ses photographies en Azerbaïdjan. L’année suivante, les 4 et 5 octobre, elle participa au Forum humanitaire international à Bakou en tant que présidente de la Fondation Windisch-Graetz. Avant ce rendez-vous qui réunissait également d’anciens chefs d’Etat et diverses personnalités internationales, elle visita Qabala, l’une des plus anciennes villes du pays. Du 29 mai au 1er juin 2013, elle revint à Bakou pour le IIe Forum mondial sur le Dialogue interculturel intitulé « La coexistence en paix dans le monde multiculturel ». De retour en Belgique, elle intervint le 19 juin 2013 lors de la conférence « Constructive Dialogue in an Age of Conflict » organisée au Parlement européen par l’International Relations Consulting Network and Lobbying. Accordant son haut patronage au Bal annuel de printemps de l’Association de la Noblesse russe d’Amérique, elle effectuait parfois des visites sociales, parfois relayées par la presse locale, comme en 2014 à l’ASBL Ricochet à Leernes, une institution accueillant des enfants handicapés alors menacée de fermeture. Elle désirait témoignait de son soutien à cette structure qui s’était vue retirer les 2/3 de ses subsides et qui ferma finalement ses portes quatre mois plus tard.

Visite à l'ASBL Ricochet à Leernes en 2014
Photo : Cartoon / Sudpresse

Le prince Laurent en compagnie
de la belle-fille de la défunte,
Ann-Charlotte de Windisch-Graetz
et de l'une de ses petites-filles
La princesse Stephanie est décédée le 12 juillet 2019 à l’hôpital Saint-Pierre à Saint-Gilles, au cours d’une seconde opération cardiaque, quelques jours avant ses 80 ans. Ses funérailles se sont déroulées le 22 juillet en l’église Saint-Jacques-sur-Coudenberg de Bruxelles, en présence du prince Laurent de Belgique. Plusieurs membres de la noblesse avaient fait le déplacement comme le marquis de Trazegnies, le comte Fabrizio Ruffo de Bonneval de la Fare des comtes de Sinopoli de Calabre ou encore le comte Jacques de Lalaing qui aida d'ailleurs à porter le cercueil. Delphine Boël et son époux étaient également présents. Son fils Alexander se chargea de la première lecture, alors que les intentions de prières furent prononcées par les trois petites-filles de la défunte Eleonore, Elisabeth-Marie et Hermine. Ses petits-fils Bryan et Otto se chargèrent de distribuer les images pieuses. A la fin de la cérémonie, son fils aîné Henry lui a rendu hommage, mettant en exergue l’énergie de sa mère dans ce qu’elle croyait et dans ses actes, ainsi que le souci qu'elle avait de l’intelligence de chacun, et ce sans distinction sociale. Deux amis de la princesse Stephanie ont également pris la parole pour lui rendre hommage : le consul honoraire de Slovaquie Gunnar Riebs, qui était également un ami du prince Charles de Belgique, et la réalisatrice Kadija Leclere. A noter que l'image pieuse comportait ce témoignage de la comtesse Laszlo Batthyány de Német-Ujvár : « Stephanie était l’une des personnalités les plus originale, talentueuse et fascinante que j’ai jamais rencontré, ou que j’aurai pu rencontrer. Au revoir ma grande amie, et attends-moi… ». Elle fut ensuite inhumée dans l’intimité familiale au cimetière d’Ixelles.

Photo : Antoine Borighem
Photo : Antoine Borighem


19 février 2019

La princesse Alix de Luxembourg (1929-2019)

La princesse Alix, Marie, Anne, Antonia, Charlotte, Gabrielle de Luxembourg, princesse de Nassau et de Bourbon-Parme, est née le 24 août 1929 vers 14h au château de Berg. Benjamine de la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg (1896-1985) et du prince Félix de Bourbon-Parme (1893-1970), avant elle étaient nés Jean (1921), Elisabeth (1922-2011), Marie-Adélaïde (1924-2007), Marie-Gabrielle (1925) et Charles (1927-1977). Le lendemain, son acte de naissance a été dressé avec pour témoins le président du gouvernement Joseph Bech et le grand maréchal de la Cour François de Colnet d’Huart. Son baptême s’est déroulé le 26 août dans la salle « Je Maintiendrai » du château de Berg. 


En 1931, la poste luxembourgeoise lui consacra une série de timbres-poste, émise au profit de Caritas. L’enfance de la princesse Alix eut pour cadre le château de Berg. L'enseignement primaire y fut dispensé par Mademoiselle Marie Knaff ainsi que par d'autres précepteurs luxembourgeois et étrangers. Comme ses frères et sœurs, outre le français et le luxembourgeois, elle apprit l'allemand et l'anglais, tandis que son père lui inculqua des notions d'italien. En 1938, elle célébra sa première communion à Colmar-Berg en même temps que son frère Charles. 




Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a interrompu cette vie familiale paisible. La famille grand-ducale a pris le chemin de l'exil dans la nuit du 10 mai 1940. Installée provisoirement en Dordogne, la famille grand-ducale obtint des visas grâce au consul général portugais à Bordeaux. Après avoir traversé l'Espagne, elle trouva donc refuge au Portugal. Là, le prince Félix et ses enfants embarquèrent à bord d’un croiseur envoyé par le président Roosevelt. Quant à la grande-duchesse Charlotte, elle resta au Portugal avant de rejoindre Londres où avait trouvé refuge une partie du gouvernement luxembourgeois. Le prince Félix et ses enfants arrivèrent à Annapolis, capitale du Maryland, le 25 juillet et furent reçus par le président américain à la Maison Blanche. Le 4 octobre, la grande-duchesse Charlotte les rejoignit aux Etats-Unis où ils vécurent dans une propriété située à Long Island. Vingt jours plus tard, la famille s’établit à Montréal afin de respecter, à l’époque encore, la neutralité américaine dans ce conflit mondial. La capitale canadienne, outre Londres, servit de second siège pour l'autre partie du gouvernement luxembourgeois. 



La grande-duchesse Charlotte et le prince Félix décidèrent d’envoyer leurs enfants à Québec. Les quatre princesses furent logées auprès de leur tante l’impératrice Zita d’Autriche dans la villa Saint-Joseph à Sillery. Après avoir été scolarisée quelques temps à la Marymount Scool de New York et dans une école catholique de Montréal, la princesse Alix a finalement été inscrite au Collège Jésus-Marie de Sillery, tout comme ses sœurs Elisabeth, Marie-Adélaïde et Marie-Gabrielle, ainsi que sa cousine l'archiduchesse Elisabeth d'Autriche. Elles étaient logées en pension dans ce collège. Le 25 août 1941, toute la famille fut invitée à déjeuner par le président américain à Washington. Quelques jours plus tard, la grande-duchesse Charlotte retourna à Londres, et ce jusqu’en mai 1942. Ensuite, elle s’installa de nouveau au Canada, d’où elle effectua de fréquents voyages aux Etats-Unis, avant de s’établir définitivement à Londres en octobre 1943. 

Archive du Collège Jésus-Marie de Sillery

En novembre 1942, le grand-duc héritier Jean incorpora le régiment des Irish Guards. Charles, Elisabeth, Marie-Adélaïde et Marie-Gabrielle s’engagèrent quant à eux au sein de la Croix-Rouge. Trop jeune, la princesse Alix ne put faire preuve d’un tel engagement durant la Seconde Guerre mondiale. Le 10 avril 1944, la ville de Luxembourg fut enfin libérée et le gouvernement revint d’exil deux semaines plus tard. Mais le retour de la famille grand-ducale dût être différé à la suite de la contre-offensive allemande dans les Ardennes. C’est finalement le 14 mai 1945 que le grande-duchesse Charlotte fut de retour au Luxembourg, accompagnée du prince Félix, du grand-duc héritier Jean et de la princesse Alix. La famille reçut un accueil triomphal sur le parcours l’emmenant au Palais grand-ducal où elle est apparue au balcon en fin d’après-midi. Le lendemain, la princesse Alix accompagna ses parents et son frère aîné à la cathédrale Notre-Dame pour une grand-messe clôturée par un Te Deum. Deux jours plus tard, elle retrouva ses autres frère et sœurs, revenus au grand-duché avec un convoi d’ambulances de la Croix-Rouge. 

La grande-duchesse Charlotte, le prince Félix, le grand-duc héritier Jean et
la princesse Alix au balcon du Palais grand-ducal le 14 mai 1945
Photo : Collection Valentin Dupont

En 1945, la famille grand-ducale emménagea au château de Fischbach qui avait moins souffert de l’occupation par rapport à la résidence de Colmar-Berg qu’elle utilisait avant-guerre. La princesse Alix a complété son cursus scolaire au grand-duché et fréquenta également l’Institut catholique de Paris. Elle était une jeune femme passionnée par l’histoire, l’architecture et l’archéologie. Le 15 juillet 1946, au lendemain d’une visite de Winston Churchill au grand-duché, la princesse Alix accompagna ses parents, son frère Jean et sa sœur Marie-Gabrielle pour un voyage au Royaume-Uni. Elle participait à certaines activités officielles aux côtés de sa famille. Protectrice de l’association féminine de l’Union des Sociétés luxembourgeoises de Gymnastique, elle accordait chaque année avec ses sœurs son haut patronage au Bazar de la Croix-Rouge. 


La famille grand-ducale en 1948

Photo : Collection Valentin Dupont

La princesse Alix fut la première de la fratrie à se marier. Le 19 avril 1950, ses fiançailles avec le prince Antoine de Ligne furent célébrées au château de Beloeil, en Belgique. Ils s’étaient rencontrés pour la première fois en janvier, lors du mariage de l’archiduc Charles-Louis, cousin germain d’Alix, et de la princesse Yolande de Ligne, sœur d’Antoine. Ce dernier, né le 8 mars 1925 à Bruxelles, était issu de l’union entre Eugène (1893-1960), 11ème Prince de Ligne, et de Philippine de Noailles (1898-1991), elle-même fille du 6ème Duc de Mouchy et Prince et Duc de Poix. La date du mariage fut fixée au 17 août 1950. Il devait s’agir du premier mariage d’un membre de la famille au grand-duché depuis celui des parents d’Alix en 1919. Le 26 avril, la princesse Alix accompagna sa famille au Vatican pour une audience avec le pape Pie XII. Trois jours plus tard, dans le cadre d’une visite officielle en Italie, la grande-duchesse Charlotte offrit un déjeuner en présence de hautes personnalités italiennes lors duquel tous ses enfants étaient présents. Le 14 mai, le prince Antoine rejoignit la famille grand-ducale pour prendre part à la procession de clôture de l’Octave. 

Le 16 août 1950, en soirée, un dîner intime se déroula au Palais grand-ducal en présence des proches parents des fiancés et du prince Amaury de Merode, Grand Maréchal de la Cour belge et représentant personnel du roi Léopold III. Lors de ce dîner, le prince Félix indiqua dans son discours : « En nous séparant de notre enfant, nous avons la douce consolation de la voir entrer dans une famille dont les traditions et les conceptions s'apparentent étroitement aux nôtres. Cette heureuse concordance est à nos yeux la garantie la plus sûre de l'union parfaite, où les époux communient dans les idées et les sentiments enracinés au plus profond de l'âme humaine (…) Le jeune foyer reposera donc sur les assises solides de traditions et de vertus familiales qui lui assureront l'harmonie des cœurs et la sérénité des âmes, source et condition essentielle du véritable bonheur conjugal ». Dans sa réponse, le prince Eugène de Ligne, occupant alors la fonction d'ambassadeur de Belgique en Inde, précisa au sujet de sa future belle-fille : « Point n'est besoin de La connaître depuis longtemps pour ressentir au contact de Son adorable sourire le charme irradiant de Sa personnalité, et de deviner qu'Elle joint au sens prononcé d'un précieux humour une volonté toute remplie de douceur et de bonté. Gentille Princesse, ne m'en veuillez pas de ma sincérité. C'est à Vos ascendants que s'adresse mon hommage, et Vos Augustes Parents me pardonneront d'apprécier, comme il mérite de l'être, le trésor des qualités que Vous leur devez. Il paraît que Vous aviez récemment pour livre de chevet un ouvrage écrit par ma vénérée Mère défunte sur l'aïeule issue d'une des branches de Votre Maison. C'est cette même Claire-Marie de Nassau qui construisit le bâtiment de Beloeil, ainsi prédestiné à abriter Votre bonheur ». Le prince Eugène faisait là référence à la princesse Claire-Marie de Nassau-Siegen (1621-1695) qui épousa le 2ème Prince de Ligne Albert Henri (1615-1641), puis son frère Claude Lamoral Ier (1618-1679), 3ème Prince de Ligne et qui fut créé vice-roi de Sicile. 


Le lendemain matin, le couple a été uni civilement dans la Salle des Fêtes du Palais grand-ducal par le bourgmestre Emile Hamilius. Ensuite, en cortège, les invités se sont rendus à pied jusqu’à la cathédrale Notre-Dame. Des milliers de personnes s’étaient massées le long du trajet. La Musique de la Force aérienne belge avait fait le déplacement et était flanquée à gauche du portail du Palais, tandis qu’une escadrille de cette même force, à laquelle appartenait le prince Antoine, survola la capitale. Parmi les invités, à l’exception du prince Amaury de Merode, figuraient uniquement des membres de la famille proche des mariés, avec pour la princesse Alix de nombreux cousins Bourbon-Parme et Habsbourg, mais aussi ses cousins de Bavière et de Saxe. La mariée portait une robe de satin blanc revoilée d’organza, un manteau de cour et un voile de dentelle de Bruxelles retenu par un diadème de diamants aux motifs floraux provenant des collections grand-ducales. Cette tenue était complétée par un collier de perles et une broche de diamants. Sa traîne était portée par Pepito et Santiago de Saavedra y de Ligne, neveux du prince Antoine, fils de la princesse Isabelle de Ligne et de son époux le marquis de Villalobar. 


La cérémonie religieuse fut présidente par l’évêque-coadjuteur Léon Lommel. Le grand-duc héritier Jean servit comme témoin de sa sœur, tandis que le prince Antoine avait choisi son frère aîné Baudouin. A l’issue de la cérémonie, le nonce apostolique Fernando Cento apporta au couple la bénédiction papale. A leur sortie de la cathédrale, les époux passèrent sous un dais de sabres réalisé par des officiers de la Force aérienne belge. Ensuite, la grande-duchesse Charlotte et le prince Félix offrirent une réception au Palais grand-ducal. Lors de cette réception, les jeunes mariés ont reçu les félicitations de l’ensemble des invités, ainsi que des membres du gouvernement, du corps diplomatique, du Conseil d’Etat, des gouverneurs des provinces belges de Hainaut et de Luxembourg, du chef d’état-major de l’Aviation belge et du bourgmestre de Beloeil. Enfin, réclamés par la foule, la princesse Alix et le prince Antoine apparurent au balcon du Palais, rejoints ensuite par leurs parents et leurs frères et sœurs. Le couple s’envola ensuite pour une lune de miel aux Baléares. A leur retour, ils effectuèrent une « Joyeuse Entrée » à Beloeil et s’installèrent dans le château familial. 

Le couple entouré par leurs parents au balcon du Palais grand-ducal

Le couple a eu trois fils et quatre filles : Michel en 1951, Wauthier en 1952, Anne en 1954, Christine en 1955, Sophie en 1957, Antoine-Lamoral en 1959 et Yolande en 1964. Tous sont nés au château de Beloeil, à l’exception du prince Antoine-Lamoral qui a vu le jour au château de Berg. Quelques mois après la naissance de Sophie, son époux a pris part à une expédition en Antarctique emmenée par le baron Gaston de Gerlache de Gomery dans le cadre de l'Année géophysique internationale. Le prince Antoine servit comme second pilote, assistant météorologue et photographe lors de cette mission qui faillit tourner au drame. En effet, le 5 décembre 1958, l’avion piloté par le prince Antoine heurta des glaces figées au moment d’un atterrissage. Après plusieurs jours d’attente, les quatre passagers entreprirent de rejoindre la base à pied. Finalement, les Russes réussirent à les retrouver. Le 2 avril 1959, la mission terminée, les explorateurs ont été accueillis triomphalement à Ostende. Plusieurs milliers de personnes s’étaient massés sur les quais, dont le roi Baudouin, le prince Charles de Luxembourg et la famille du prince Antoine. La journée s’est clôturée par un accueil tout aussi enthousiaste à Beloeil.

La princesse Alix et son fils Michel auprès de sa famille au Luxembourg
Photo : Collection Valentin Dupont
Après la naissance de Sophie en 1957. La princesse Alix et le nouveau-né sont
entourés de Michel, Wauthier, Anne et Christine
Photo : Collection Valentin Dupont
Retour du prince Antoine à Beloeil le 2 avril 1959

Le prince Antoine eut une vie bien remplie. Il a participé à une seconde expédition en Antarctique et s’est rendu à plusieurs reprises au Congo où sa famille avait des intérêts jusqu’en 1973. Pilote et propriétaire de ballons à air chaud, il fut président de l’Aéro-Club royal de Belgique de 1959 à 1977, et brièvement président de la Fédération aéronautique internationale. Administrateur de l’Institut Royal des Elites du Travail et président de l’Union nationale des Cadets du Travail, il présida également la branche belge du WWF de 1966 à 1975 ainsi que le Cercle du Parc. Au décès de son frère Baudouin en 1985, devenu le 13ème Prince de Ligne, il hérita du château de Beloeil et en assuma alors pleinement la gestion, lançant notamment les nuits musicales, le concours d’amaryllis et plusieurs événements culturels comme entre autres un concert du violoncelliste Rostropovitch en 2000 et un récital du baryton belge José Van Dam en 2002, deux événements qui se déroulèrent en présence de la reine Fabiola.

La princesse Alix et son frère le prince Charles au mariage du
grand-duc héritier Jean en 1953
Photo : Collection Valentin Dupont

Face à une telle personnalité, la princesse Alix a mené une vie plus discrète. Mère au foyer et maîtresse de maison, elle a soutenu son époux dans ses divers engagements et l’a accompagné à plusieurs reprises lors de déplacements à l’étranger. Elle fut également présidente d’honneur pendant plusieurs années de la Société Royale Nationale « Les Amis de la Rose », dont s’occupait son amie la baronne Gaston de Gerlache de Gomery et qui baptisa en 1980 une Rose Princesse Alix de Ligne. En 1997, elle accompagna la reine Paola à la 11ème Convention internationale des roses qui se tenait à Bruxelles. En 2005, la grande-duchesse Maria Teresa fut conviée au château de Beloeil pour le baptême d'une amaryllis portant son nom. Par ailleurs, tout comme son époux, elle était membre d’honneur du Grand Serment Royal et de Saint-Georges des Arbalétriers de Bruxelles. 

La princesse Alix et son fils Michel au
mariage de la princesse Elisabeth de
Luxembourg en 1955
Photo : Collection Valentin Dupont
La princesse Alix a également beaucoup voyagé à l’étranger, pour des raisons touristiques mais aussi pour rendre visite à des membres de sa famille. Elle s’est tout naturellement rendue fréquemment au grand-duché pour y retrouver ses parents, mais aussi pour les événements familiaux tels que les mariages, les baptêmes, les communions ou les anniversaires. En 1959, elle fut choisie comme marraine du comte Andreas Henckel de Donnersmarck, premier enfant de sa sœur Marie-Adélaïde, dont le baptême se déroula au château de Berg. La princesse Alix put profiter également des domaines que possède la famille grand-ducale dans le sud de la France et en Bavière. Bien que le couple formé par Antoine et Alix fût très uni, leurs préoccupations différentes les ont amenés à avoir une vie indépendante, chacun de son côté. Mais ils appréciaient passer des vacances communes à Majorque. Ensemble, ils assistèrent à de nombreuses mondanités et rendez-vous du gotha européen. Ils étaient des fidèles de la soirée annuelle de l’association « Aider Autrui » fondée par l’archiduc Rodolphe d’Autriche, cousin germain d’Alix, et son épouse Anna Gabriele. Alors que son époux présida l'Association belge de l'Ordre de Malte de 1986 à 1994, la princesse Alix ne fut jamais admise dans cet ordre, mais reçut les insignes de Dame de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem en 1962 et de Dame de la Croix étoilée dans les années 1990. 

Le prince Antoine et la princesse Alix lors du dîner de gala
donné la veille du mariage du roi Baudouin en 1960
En novembre 1969, la princesse Alix et le prince Antoine ont assisté avec leurs enfants aux noces d’or de la grande-duchesse Charlotte et du prince Félix. L’année suivante, la princesse Alix a perdu son père. En 1976, année lors de laquelle fut célébré le 80ème anniversaire de sa mère, la princesse Alix a vu le premier de ses enfants convoler en justes noces. Son fils Wauthier épousa la comtesse Régine de Renesse. Ce mariage offrit l’année suivante le premier petit-enfant, prénommé Philippe, pour Alix et Antoine. Mais cette année fut également assombrie par la mort inopinée de son frère le prince Charles. En 1981, trois de ses enfants se sont mariés. Le prince Michel a épousé à Rio de Janeiro la princesse Eléonore d’Orléans-Bragance. Christine et Anne se marièrent toutes deux à Beloeil avec, respectivement, le prince Antonio d’Orléans-Bragance (frère d’Eléonore) et Olivier Mortgat. En 2001, la princesse Anne a divorcé et s’est remariée en 2010 avec le chevalier Charles de Fabribeckers de Cortils et Grâce. En 1982, la princesse Sophie s’est unie au comte Philippe de Nicolaÿ, dont elle divorça en 1998. La princesse Alix a perdu en 1985 sa mère, la mythique grande-duchesse Charlotte. Sa fille Yolande s’est mariée en 1994 avec Hugo Townsend et son fils Lamoral a épousé en 2001 la comtesse Minthia de Lannoy. 

La princesse Christine de Ligne et le prince Antonio d'Orléans-Bragance
lors de leur mariage au château de Beloeil en 1981, entourés du prince Antoine
et de la princesse Alix, ainsi que de la princesse Maria Elisabeth d'Orléans-Bragance

Le 29 avril 1990, Alix assista à l’inauguration du Monument Grande-Duchesse Charlotte, situé sur la Place de Clairefontaine à Luxembourg. Le 14 avril 1995, la princesse Alix assista aux côtés du grand-duc Jean et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte à la célébration organisée à l’occasion du cinquantenaire du retour de la grande-duchesse Charlotte. En mars 1999, le prince Antoine et la princesse Alix furent conviés par le roi Albert II et la reine Paola au déjeuner privé organisé au Palais de Bruxelles, le premier jour de la visite d'Etat du grand-duc Jean et de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte. Ayant assistés en 1960 au mariage du roi Baudouin et de la reine Fabiola, ils figuraient parmi les invités au mariage du prince héritier Philippe avec Mathilde d’Udekem d’Acoz en décembre 1999.

La princesse Alix et le roi Baudouin (suivi par la reine Fabiola) au château
de La Follie à Ecaussinnes-d'Enghien à l'occasion des 50 ans de
l'Association de la Noblesse du Royaume de Belgique en 1986
La princesse Alix en compagnie de sa soeur Elisabeth et de ses neveux
le grand-duc héritier Henri et la grande-duchesse héritière Maria Teresa
pour l'inauguration du Monument Grande-Duchesse Charlotte en 1990
Photo : Collections de la Maison Grand-Ducale
La princesse Alix avec la reine Paola en 1997 à l'occasion de la
11ème Convention internationale des roses à Bruxelles

Le 9 juillet 2005, le prince Antoine et la princesse Alix accueillirent au château de Beloeil le mariage de leur petite-fille Elisabeth de Ligne avec le baron Baudouin Gillès de Pélichy. Le 21 août, le prince Antoine assista seul à une messe célébrée en la basilique de Tongre-Notre-Dame, tandis que son épouse se trouvait en Bavière. Le soir, alors qu’il souffrait d’une angine de poitrine depuis quelques jours, le prince Antoine succomba dans son lit à une attaque cardiaque. Âgé de 80 ans, il avait encore été vu une semaine auparavant en train de tondre les pelouses du château de Beloeil. Ses funérailles se sont déroulées le 27 août en l'église Saint-Pierre de Beloeil en présence du grand-duc Jean et de la reine Fabiola. L’année suivante, la princesse Alix devint pour la première fois arrière-grand-mère avec la naissance d’Antoine, fils de sa petite-fille Elisabeth. Elle assista également au passage du Tour de Luxembourg à Fischbach avec son frère le grand-duc Jean.

Le couple en octobre 1998 pour une soirée au château de Saffelaere
au profit du Fonds voor het Zeepreventorium De Haan auquel le prince
Antoine accordait son haut patronage
Photo : Collection Valentin Dupont

En 2007, elle assista aux côtés de son frère aux funérailles de sa sœur Marie-Adélaïde en Autriche. Deux ans plus tard, la princesse Alix eut la douleur de perdre l’un de ses petits-enfants, le prince Pedro Luis d’Orléans-Bragance, mort dans l’accident du vol 447 d’Air France qui avait décollé à Rio de Janeiro en direction de Paris et qui s’écrasa dans l’Atlantique. Son petit-fils travaillait au Luxembourg et passait ses week-ends au château de Beloeil.

La princesse Alix avec la famille de sa fille Christine en 2004 à l'issue
d'une messe d'action de grâce à Rio de Janeiro en l'honneur des 90 ans
de la princesse Marie Elisabeth d'Orléans-Bragance, née princesse de Bavière
Noël au Brésil avec sa fille Christine, son beau-fils Antonio et ses petits-enfants
Pedro Luiz, Maria Gabriela, Amelia et Rafael.


Mariage de sa petite-fille Alix en 2016
Photo : Cour Grand-Ducale
Veuve, avec une mobilité amoindrie, la princesse Alix apparut de moins en moins en public et dût renoncer à ses séjours à l’étranger, même si elle pouvait compter sur de fréquentes visites de ses enfants et petits-enfants à Beloeil. En 2011, elle se rendit deux fois au grand-duché afin de célébrer les 90 ans de son frère le grand-duc Jean mais aussi pour une messe de requiem en l’église Saint-Michel en mémoire de sa sœur la princesse Elisabeth. Cette même année, elle accueillit avec son fils Wauthier une délégation du Luxembourg City Tourist Office et des guides officiels luxembourgeois à l’occasion de la fin de la saison touristique au château de Beloeil. En 2012, elle assista aux funérailles de la comtesse Philippe de Lannoy à Anvaing et au mariage à Luxembourg de son petit-neveu le grand-duc héritier Guillaume. Sa dernière apparition publique remontait à juin 2016 pour le mariage de sa petite-fille la princesse Alix de Ligne et du comte Guillaume de Dampierre. Elle assistait par ailleurs au baptême de son arrière-petite-fille Olympia de Dampierre, célébré en juillet 2018 dans la chapelle du château de Beloeil. 

La princesse Alix s’est éteinte le 11 février 2019 au château de Beloeil qu’elle habita près de septante ans. Ses funérailles se sont déroulées en l’église Saint-Pierre de Beloeil le 16 février en présence notamment de son frère le grand-duc Jean, du grand-duc Henri et de la grande-duchesse Maria Teresa, de ses nièces Marie-Astrid et Margaretha, nées princesse de Luxembourg, des filles de sa sœur Marie-Gabrielle qui n'avait pu effectuer le voyage depuis le Danemark, et de descendants de ses frère et sœurs défunts Charles, Marie-Adélaïde et Elisabeth. La famille royale belge était représentée par le prince Laurent. Durant la messe de funérailles, plusieurs de ses petits-enfants ont pris la parole, tout comme une représentante de l’Ordre équestre du Saint-Sépulcre de Jérusalem. En fin de cérémonie, sa fille la princesse Anne a remercié l’ensemble du personnel médical qui s’était dévoué auprès d’elle ces dernières années. L’inhumation de la défunte s’est déroulée plus tard dans l’intimité de la famille, dans la crypte située à côté de l’église.

Photo : Valentin Dupont / Royalement Blog
Photo : Valentin Dupont / Royalement Blog