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10 mai 2017

Les festivités célébrant les 80 ans du roi Harald V et de la reine Sonja de Norvège

Les 9 et 10 mai 2017, le gotha européen était convié aux festivités organisées à l'occasion des 80 ans du roi Harald V et de la reine Sonja de Norvège. La famille royale belge était représentée par le roi Philippe et la reine Mathilde et la famille grand-ducale par le grand-duc Henri et la grande-duchesse Maria Teresa, ainsi que par le grand-duc héritier Guillaume et la grande-duchesse héritière Stéphanie. Quelques jours plus tôt, ils avaient déjà assisté à la célébration privée des 50 ans du roi Willem-Alexander des Pays-Bas à La Haye puis à Wassenaar. Peu de clichés avaient filtré de ce week-end, contrairement aux festivités en l'honneur couple royale norvégien qui étaient publiques comme c'est habituellement le cas dans les monarchies scandinaves.

Le 9 mai en soirée, la famille royale norvégienne et leurs invités sont apparus aux balcons du palais royal d'Oslo. Un concert était alors organisé sur la place faisant face à la résidence officielle du roi Harald V et de la reine Sonja. Le premier avait déjà fêté son 80e anniversaire le 21 février, tandis que son épouse passera ce cap le 4 juillet. Mais comme en 1997, le couple royal a choisi de célébrer de manière conjointe ce double anniversaire. Pour les 60 ans du couple royal, le roi Albert II et la reine Paola avaient effectué le déplacement en Norvège en compagnie du prince Laurent, tandis que le Luxembourg était représenté par le grand-duc Jean et la grande-duchesse Joséphine-Charlotte et par le grand-duc héritier Henri et la grande-duchesse héritière Maria Teresa. Dix ans plus tard, en 2007, le roi Harald et la reine Sonja avaient par contre opté pour des célébrations distinctes en février et en juillet.




Après le concert, les convives ont pris part à un dîner de gala lors duquel se sont exprimés le roi Harald et la reine Sonja, ainsi que leurs deux enfants Haakon et Märtha Louise. Le prince héritier norvégien s'est d'ailleurs rasé la barbe au cours de cette soirée. L'avait-il promis à ses parents dans son discours ? Lors de cette soirée, la reine Mathilde portait pour la seconde fois une robe rouge signée Armani, une création qu'elle avait choisi pour la première fois lors du dîner de gala offert en l'honneur de la visite d'Etat des souverains jordaniens en 2016. La reine Mathilde arborait des bijoux hérités de la reine Fabiola qu'elle porte désormais régulièrement : le diadème de diamants créé par Wolfers, un bracelet de rubis et diamants et une paire de pendants avec perles. Une broche qu'elle a déjà porté à plusieurs reprises depuis l'accession au trône de son époux, mais dont l'origine est inconnue, rehaussait son ruban de l'Ordre de Saint-Olav.

La grande-duchesse Maria Teresa avait opté pour le diadème de diamants offert par la Société Générale de Belgique à sa belle-mère Joséphine-Charlotte à l'occasion de son mariage en 1953. Adepte également du recycle de ses tenues vestimentaires, l'épouse du grand-duc Henri avait ressorti le manteau qu'elle avait déjà porté en 2001 au mariage du prince héritier Haakon de Norvège. Le choix de sa belle-fille Stéphanie s'était porté sur le diadème avec saphir de la grande-duchesse Adélaïde-Marie. Elle l'avait assorti à un collier et à une paire de boucles d'oreilles en saphirs et diamants. C'était la première fois que la grande-duchesse héritière arborait cette parure (le collier est transformable en diadème) qu'affectionnait la grande-duchesse Joséphine-Charlotte. Elle avait également épinglé une broche aux motifs végétaux provenant des collections grand-ducales. 



Les petits-enfants du couple royal norvégien (de g. à d.) : Emma Tallulah Behn, Leah Isadora Behn, Maud Angelica Behn, la princesse Ingrid Alexandra de Norvège et le prince Sverre Magnus de Norvège

Au premier rang (de g. à d.) : la princesse Astrid de Norvège, la reine Máxima et le roi Willem-Alexander des Pays-Bas, le prince Albert II de Monaco, la reine Silvia et le roi Carl XVI Gustaf de Suède, la reine Sonja de Norvège et le roi Harald V de Norvège, la reine Margrethe II de Danemark, le grand-duc Henri et la grande-duchesse Maria Teresa de Luxembourg, le roi Philippe et la reine Mathilde des Belges, le président finlandais Sauli Niinistö et le président islandais Guðni Th. Jóhannesson

Au second rang (de g. à d.) : lady Elizabeth Anson (fille de la princesse Anne de Danemark), reine Anne-Marie de Grèce, la princesse Beatrix des Pays-Bas, le prince Daniel et la princesse héritière Viktoria de Suède, la princesse héritière Mette-Marit et le prince héritier Haakon de Norvège, la princesse Märtha Louise de Norvège, le prince héritier Frederik et la princesse héritière Mary de Danemark, Madeleine Bernadotte Kogevinas (fille du prince Carl Bernadotte) et son compagnon Bernhard Mach, Jenni Haukio (première dame finlandaise) et Eliza Jean Reid (première dame islandaise)

Au troisième rang (de g. à d.) : la princesse Tatiana et le prince Nikolaos de Grèce et Danemark, la princesse Mabel d'Orange-Nassau, le prince Constantijn des Pays-Bas, le prince Carl Philip de Suède, la princesse héritière Marie-Chantal et le prince héritier Pavlos de Grèce, le grand-duc héritier Guillaume et la grande-duchesse héritière Stéphanie de Luxembourg, la comtesse Sophie de Wessex, Désirée Kogevinas (fille de la comtesse Madeleine Bernadotte) et son compagnon Carlos Euguster


Le lendemain, les hôtes du roi Harald V et de la reine Sonja ont été invités pour une mini-croisière et un dîner à bord du yacht royal K/S Norge. C'est sous le pluie qu'ils se sont présentés à l'embarcadère où ils ont pris par petits groupes des navettes devant les conduire jusqu'au yacht royal. Un exercice plus compliqué pour certains invités ayant une mobilité réduite en raison de leurs âges, comme la princesse Astrid de Norvège, la doyenne de ce rendez-vous du gotha. Seuls la famille royale danoise, en ce compris la reine Anne-Marie de Grèce, ont directement embarqué puisqu'ils logeaient à bord du yacht royal KDM Dannebrog.



Le soir, le gouvernement norvégien offrait un dîner à l'opéra d'Oslo. La chef du gouvernement Erna Solberg y a d'ailleurs prononcé un discours. Comparé à la veille, les invités royaux avaient été rejoints par le roi Juan Carlos et la reine Sofia d'Espagne, ainsi que le prince Joachim et la princesse Marie de Danemark. La reine Mathilde affichait une paire de pendants d'oreilles, portée pour la première fois lors de la visite d'Etat du couple royal au Danemark en mars 2017, ainsi qu'un bracelet en diamants qu'on lui connait depuis plusieurs années. De son côté, la grande-duchesse Maria Teresa avait opté pour plusieurs bijoux comportant des émeraudes. La pièce la plus symbolique était le collier, initialement un bracelet, qui provient de la reine Astrid de Belgique, tante maternelle du roi Harald de Norvège. Elle portait également une paire de boucles d'oreilles et un bracelet incrustés d'émeraudes. Quant à la grande-duchesse héritière Stéphanie, elle arborait de nouveau pour la première fois des pièces des collections grand-ducales, à savoir une partie de la parure en aigues-marines : le collier, le bracelet et les boucles d'oreilles. Après le dîner, la famille royale norvégienne et leurs hôtes ont profité d'un feu d'artifice à l'extérieur. 


16 avril 2015

Philippe et Mathilde à Copenhague

Ce 15 avril, le Roi et la Reine étaient conviés au dîner organisé au Château de Christiansborg à l'occasion du 75ème anniversaire de la reine Margerthe II de Danemark à l'instar d'autres couples royaux européens. Le Roi des Belges célébrait d'ailleurs le jour-même ses 55 printemps.



Lors de cette soirée, le roi Philippe portait l'uniforme de gala de la Composante Terre. Le col de l'uniforme illustre le grade du Roi : général quatre étoiles en tant que chef de l'armée. D'autres insignes sont révélateurs de son parcours au sein de l'armée : son passage par l'Ecole Royale Militaire de 1978 à 1981 au sein de la 118ème Promotion Toutes Armes (épaule gauche), ses ailes de pilote obtenues le 9 juillet 1982 (côté gauche de la poitrine), son insigne de parachutiste reçu le 28 octobre 1982 (côté droit de la poitrine) et enfin son insigne de commando obtenu le 17 décembre 1982 (épaule droite). Le Souverain portait tout naturellement l'Ordre de l’Éléphant dont il fut fait Chevalier en 2002 lors de la visite d'Etat de la reine Margrethe II et du prince consort Henrik en Belgique.



La reine Mathilde portait une robe fuchsia signée Armani qu'elle avait déjà choisie en 2011 lors du dîner de gala organisé le soir du mariage du prince Albert II de Monaco. Ne possédant pas de décoration danoise, elle arborait le Grand Cordon de l'Ordre de Léopold qu'elle reçut suite à son mariage avec l'héritier au trône belge en 1999. Pour le diadème, la Reine avait opté pour celui dit des Neufs Provinces. On se souviendra qu'elle portait sa partie inférieure appelée grecque pour le premier portrait officiel en 2013 ou lors de la visite d'Etat du président chinois en 2014, mais c'est la première fois qu'elle arbore la version complète de ce joyau. Faut-il rappeler que ce dernier a été offert en 1927, suite à une souscription nationale, à la future reine Astrid? Après l'accession au trône de son époux en 1934, elle y fit ajouter des motifs rhomboïdaux. Les onze gros diamants, totalisant cent carats, représentaient alors l'union des neufs provinces de l'époque et du Congo autour de la Maison royale.

12 août 2013

L'écrin grand-ducal: les bijoux de la reine Astrid

Dans l'écrin de la famille grand-ducale subsistent plusieurs pièces liées à la mémoire de la reine Astrid. Les éléments les plus connus sont sans doute une paire de boucles d'oreilles et un bracelet-collier, ornés tous deux d'émeraudes. Encore aujourd'hui, la grande-duchesse Maria-Teresa les porte.

La princesse puis reine Astrid portait très souvent une paire de boucles d'oreilles, avec d'imposants pendants incrustés d'émeraudes. Il pourrait s'agir d'un cadeau de ses parents, le prince Carl et la princesse Ingeborg, suite à son mariage. En effet, on sait qu'ils lui offrirent à cette occasion une semi-parure en émeraudes, provenant de la reine Louise de Danemark, composée d'une paire de boucles d'oreilles, d'une broche et d'une croix1. La reine Astrid appréciait tout particulièrement ces pendants et les destinait à sa fille Joséphine-Charlotte comme elle pu le confier à son amie, la comtesse Anna Sparre2.



Bien que la princesse Lilian ait porté ces boucles au début des années 1950, elle furent ensuite cédées, comme souhaité par la reine Astrid, à sa fille Joséphine-Charlotte, sans doute au moment de son mariage en 1953 avec le grand-duc héritier Jean de Luxembourg ou en 1959-1960 lorsque le roi Léopold III s'est retiré de la vie publique. Joséphine-Charlotte les choisissait très fréquemment, et les assortissait avec d'autres bijoux des collections grand-ducales : un collier-diadème en diamants et émeraudes venant de chez Van Cleef & Arpels, le diadème Chaumet doté d'une grosse émeraude, ou encore une broche avec une émeraude sertie de brillants qui peut être accroché à des rivières de diamants.


La princesse Marie-Astrid a au moins porté ces boucles au début des années 1980 à l'occasion d'un bal à la Cour. Elles n'ont, semble-t-il pas, fait partie de la vente aux enchères de 2006. Cependant, cela faisait plusieurs années qu'elles n'avaient plus été vues. En 2007, la grande-duchesse Maria-Teresa les a ressorties à l'occasion du 70e anniversaire du roi Harald V de Norvège. Il en fut de même en 2011 lors de la visite d'Etat du couple grand-ducal en Norvège. Sans doute une attention destinée au souverain norvégien dont la mère, née princesse Märtha de Suède, était la sœur de la reine Astrid.


La reine Astrid possédait bien d'autres émeraudes. Comme un collier à pendants, pouvant être porté en diadème, offert par ses beaux-parents en 1930 suite à la naissance du prince Baudouin, plusieurs broches que la reine Sophie de Suède, décédée en 1913, destinait à sa petite-fille, ou encore une importante broche de la reine Elisabeth qui pourrait d'ailleurs provenir de l'héritage de la comtesse de Flandre voire de l'impératrice Charlotte3. Christophe Vachaudez évoque également un "bracelet aux motifs ondulants orné d'une émeraude centrale"4 comme cadeau de son époux Léopold.

Photo : Sotheby's

Ce bijou a refait surface en 2005 lors d'une exposition consacré à la reine Astrid au Musée BEL-Vue à Bruxelles et en 2006 lorsque les héritiers de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, décédée un an plus tôt, avaient décidé de mettre en vente chez Sotheby's à Paris les bijoux privés de leur mère, ou du moins une partie. Le bracelet, pouvant être porté en collier, était alors estimé entre 15.000 et 25.000 euros. Il faut cependant noter que le catalogue de la vente identifiait cette pièce, datant des années 1920, comme un cadeau de la reine Elisabeth à sa bru suite à la naissance de la princesse Joséphine-Charlotte en 1927.


Joséphine-Charlotte entourée de ses enfants
Guillaume, Margaretha et Jean en 1996
Photo : Lus Castel / Point de Vue
La princesse Lilian l'a porté à quelques occasions au début des années 1950. Il échut par la suite à Joséphine-Charlotte avant 1983. En effet, de source sûre, le roi Léopold III n'a pas légué de bijoux dans son testament. Quand la grande-duchesse l'a donc reçu ? Difficile à dire. Tout comme les boucles d'oreilles, on pourrait raisonnablement penser à 1953 ou en 1960. Cependant, comme Joséphine-Charlotte  ne semble pas avoir porté souvent ce bijou, pourtant si intimement lié au souvenir de sa mère, on ne peut pas exclure qu'elle ait pu entrer en sa possession plus tardivement. A l'instar des relations avec Laken, les rapports entre Argenteuil et la Cour luxembourgeoise s'étaient faits plus difficiles. Mais Léopold III avait tout de même été invité en 1981 et en 1982 aux mariages de ses petits-enfants, Henri, Marie-Astrid et Margaretha. A ma connaissance, Joséphine-Charlotte n'a porté ce bijou, en collier avec les boucles d'oreilles de sa mère, qu'à une seule occasion : le 11 juin 1996 lors des 70 ans du prince Edouard de Lobkowicz célébrés au Ritz à Paris.

Les Luxembourgeois ont désapprouvé l'initiative de la vente aux enchères des bijoux, ainsi que d'une partie de la forêt de Grünewald, qu'ils considéraient comme faisant partie du patrimoine national. Suite au tollé, la vente a donc été annulée. Bien que discrètement des pièces mineures aient été vendues (cf. l'article sur la parure de rubis de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte), les bijoux les plus importants de la succession ont été sauvegardés au sein de la famille. D'ailleurs, Maria-Teresa porte volontiers en collier ce bijou comme lors de la visite d'Etat du couple grand-ducal en Belgique en 2007, au Danemark pour les 70 ans de la reine Margrethe II en 2010 ou encore l'année suivante lors de la cérémonie des Nobel en Suède.



Notes :
1. Christophe Vachaudez, Bijoux des reines & princesses de Belgique, Bruxelles, Racine, 2004, p. 123
2. Anna Sparre (comtesse), La Reine Astrid "Mon amie à moi", Bruxelles, Luc Pire, 1995, p. 126
3. Christophe Vachaudez, Op. cit., p. 123
4. Ibid.

4 mai 2013

La broche préférée de la princesse Lilian

En septembre 1966, le roi Léopold III et la princesse Lilian ont fêté leurs noces d'argent au Cap d'Antibes. En cette occasion, l'ancien souverain a offert à son épouse une broche à tête de cerf, un animal que la princesse de Réthy admirait. C'est elle-même qui l'a imaginée. Elle a été réalisée par Cartier avec des diamants.

(© Fonds Léopold III)

Broche vendue en 1987
(© Christie's)
Ce bijou, par son caractère sentimental, est devenu la broche préférée de la seconde épouse du roi Léopold III. Mais aussi parce que cette dernière vouait une véritable admiration pour les cerfs. Ce n'est d'ailleurs par le seul bijou cynégétique qu'elle possédait. Pour preuve une broche, faisant partie d'une parure en citrine, vendue chez Christie's en 1987.

La princesse Lilian portait cette broche en diamants lors de sa dernière sortie officielle, le 23 septembre 1993, pour les 20 ans du Fonds Léopold III. Elle se trouvait alors en compagnie de son fils Alexandre, de sa fille cadette Maria-Esméralda et de sa nièce, la princesse Marie-Gabrielle de Savoie. Ce fut également le cas en 1998 à Londres ) l'occasion du mariage de sa fille Maria-Esméralda avec le professeur Salvador Moncada, une cérémonie qui s'est déroulée en présence du roi Albert II. Cette broche est aujourd'hui toujours en possession de la famille.



Grande chasseresse, la passion pour le cerf de la princesse Lilian s'exprimait dans ce sport qu'elle a pratiquait assidûment. Elle a tiré son premier cerf à l'âge de dix-huit ans. Cela pourrait apparaître paradoxal mais à l'époque « à ses yeux, seule la chasse permet de vivre en parfait symbiose avec la nature mais aussi de respecter la loi éternelle du jeu de la vie et de la mort. Lilian respecte l'animal au point de porter une véritable admiration au cerf, le roi des forêts. A ses yeux, la chasse présente un autre attrait, celui du respect des traditions qui fait de ce sport un véritable art. »1


(© Hans Lutz)

De 1953 à 1983, elle a possédé une licence de chasse sur pas moins de 16.000 hectares en Autriche, où elle avait acquis un chalet à Hinteriss. Mais elle pratiquait ce loisir également en Belgique lors des chasses royales de l'Hertogenwald, de Saint-Michel et de Ciergnon. Elle a abandonné définitivement la chasse après la mort du roi Léopold III en 1983. Après cette disparition, le domaine royal d'Argenteuil est devenu un paradis pour les cerfs et la princesse Lilian prit plaisir à les nourrir quotidiennement. En 1997, un cerf l'a chargée et projetée à terre. Après une heure et demie, une personne de la sécurité l'a retrouvée et a appelé les secours. La princesse Lilian, ayant une fracture de la hanche et d'une épaule, fut opérée d'urgence. Cet incident coïncida avec un certain déclin physique et son moral en prit un coup.


(© Collection de S.A.R. la Princesse Esmeralda)



1 Esmeralda de Belgique et Patrick Weber (2012), Lilian, une princesse entre ombre et lumière, Bruxelles, Racine, p.147

12 mars 2013

Le diadème Cartier de la reine Elisabeth

Ce diadème, dessiné par Henri Chenaud, a été acheté en 1912 par la reine Elisabeth au joaillier Cartier. Selon Christophe Vachaudez, il se pourrait que les pierres d'un diadème, porté par l'épouse du roi Albert Ier entre 1901 et 1908, aient été fournies à la célèbre maison pour créer ce splendide bijou.


Il est composé d'une combinaison de rinceaux flanquée d'une bordures de feuilles d'acanthe en brillants et d'une ligne perlée à la base. Au centre de la partie supérieure se trouve un diamant de 5,84 carats. La reine Elisabeth aimait tout particulièrement l'arborer en bandeau, à la mode des "Années Folles".


A cette époque, la souveraine se soucie de son écrin qui est assez mince. Cliente des joailliers belges, elle apprécie Cartier, chez qui, outre ce diadème, elle commandera diverses broches. Ce joaillier a d'ailleurs obtenu en 1919 le titre de Fournisseur de la Cour.


La souveraine a choisi de le porter notamment lors du mariage de son fils aîné, Léopold, avec la princesse Astrid de Suède en 1926. Cela sera également le cas lors du bal organisé en 1960 dans le cadre du mariage de son petit-fils, le roi Baudouin, avec doña Fabiola de Mora y Aragon. C'est très certainement la dernière occasion pour la plus anticonformiste des souveraines belges de s'en parer puisqu'elle est décédée en 1965 à l'âge de quatre-vingt-neuf ans.

Lors du bal, la veille du mariage de Baudouin et Fabiola, la souveraine donne le bras au roi Olav V de Norvège

La reine Elisabeth laisse derrière elle un héritage en pièces de joaillerie assez appréciable. Il a été partagé entre ses trois enfants, l'ex-roi Léopold III, Marie-José, l'éphémère reine d'Italie et le prince-régent Charles. Il n'est pas très évident de connaître le destin de toutes les pièces de cet héritage, mais le diadème Cartier est passé à Léopold. Sa seconde épouse, Lilian, princesse de Rethy, a eu l'occasion de le porter. Ce fut le cas en octobre 1965 pour un bal donné en Allemagne dans le cadre du mariage du prince héritier Alois-Konstantin de Löwenstein-Wertheim-Rosenberg et de la princesse Anastasia de Prusse (photo ci-contre).

Quelques années après le décès de son époux, la princesse Lilian a décidé de se séparer de ce diadème. Il a été vendu en 1987 chez Christie's à Genève. Pièce tellement remarquable, symbolisant le savoir-faire de Cartier, la maison l'a racheté pour qu'il entre dans sa collection ancienne basée à Genève. Depuis, il est assez régulièrement montré au public à l'occasion de diverses expositions de joyaux.

20 octobre 2012

Mariage de Guillaume et Stéphanie : le dîner de gala

A partir de 19 heures 30, les invités ont défilé pour entrer au palais grand-ducal afin d'assister au dîner de gala. A cette occasion, Royalement Blog s'est concentré sur la famille grand-ducale, la famille royale belge et la famille de la mariée.

La princesse Marie-Astrid portait le diadème d'émeraudes de sa mère la grande-duchesse Joséphine-Charlotte qui fait partie des collections grand-ducales. Son époux, l'archiduc Carl-Christian d'Autriche, en plus de l'Ordre d'Adolphe de Nassau, arborait le bijoux de la Toison d'or. La princesse Margaretha de Liechtenstein avait elle aussi puisé dans les collections grand-ducales : elle avait choisi de porter le bandeau et les boucles d'oreille d'aigues-marines. La princesse Sibilla s'était parée pour la première fois d'un diadème d'aigues-marines que possède sa mère et qui provient de la reine Victoria-Eugénie d'Espagne. Elle l'avait assorti avec les autres éléments formant une parure : une broche, des boucles d'oreille, un bracelet et un collier. L'épouse du prince Guillaume de Luxembourg avait prêté son diadème de diamants, dans sa forme allégée, à sa belle-sœur la comtesse Diane de Nassau qui faisait ce soir-là sa première apparition publique à un événement de la Cour grand-ducale.



Côté belge, la reine Paola portait la robe qu'on lui avait déjà vu dix ans plus tôt lors du dîner de gala offert en l'honneur de la visite d'Etat en Belgique de la reine Margrethe II et du prince Henrik de Danemark. Tout comme lors du dîner de gala à l'occasion du mariage du prince Albert II de Monaco, l'épouse du roi Albert II avait opté pour le diadème de diamants de la reine Elisabeth assorti avec le collier offert par son époux lors de leur mariage en 1959. La reine Fabiola, qui ne figurait pourtant pas sur la liste des invités, a pourtant bel et bien effectué le déplacement. Elle portait des bijoux qu'on ne lui avait plus vu depuis pas mal d'années : une paire de boucles d'oreille et une broche dans ses cheveux aux motifs floraux. La reine Fabiola avait déjà par le passé porté ces éléments dans sa chevelure à quelques occasions. Quant à la princesse Mathilde, elle arborait le seul diadème qu'elle possède, celui qui lui a été offert lors de son mariage par l'Association de la Noblesse du Royaume de Belgique. Quant au collier, elle l'avait déjà porté lors du dîner de gala précédant le mariage des ducs de Cambridge. Sa belle-sœur la princesse Astrid, habillée par Elie Saab, pouvait une nouvelle fois compter sur le diadème que possède sa belle-mère. La princesse Claire, elle, portait le mystérieux diadème qu'elle porte désormais depuis plusieurs années tandis que le diadème que lui a offert ses beaux-parents n'a plus été vu depuis bien longtemps. A moins que ce bijou ait été vendu afin d'acquérir cet autre diadème ? La princesse Claire continue cependant de porter la paire de boucles d'oreille qui lui a été offerte par les Ruffo di Calabria lors de son mariage en 2003. 




En ce qui concerne la famille de la mariée, le comte Jehan de Lannoy, en uniforme militaire de gala, n'était pas accompagné de son épouse qui n'était pas présente au grand-duché lors des cérémonies pour une raison inconnue. Il a fait son arrivée dans le sillage du comte Amaury de Lannoy, célibataire, et de M. et Mme Jean-Charles de le Court. L'épouse du comte Christian était la seule membre de la famille de la mariée à porter un diadème qui ne provient pas des Lannoy.




Tour à tour, les mariés et le couple grand-ducal ont salué les invités à leur arrivée dans la Salle des Fêtes du palais grand-ducal. La grande-duchesse Maria Teresa avait opté pour le diadème Chaumet, à l'origine un collier de perles et diamants. La mariée Stéphanie portait quant à elle le grand diadème aux motifs floraux de la famille grand-ducale qui fut arboré jadis par les sœurs du grand-duc Jean lors de leurs mariages. Concernant, les princesses Alexandra et Tessy, celles-ci avaient respectivement choisi le petit diadème aux motifs floraux et le diadème avec saphir de la grande-duchesse Adélaïde-Marie. Ensuite, les invités se sont rendus à la Chambre des députés qui communique directement avec le palais grand-ducal. Avant le dîner, le grand-duc Henri a porté un toast au mariage de son fils aîné Guillaume et de sa belle-fille Stéphanie :

Chère Stéphanie, cher Guillaume, 

A l’occasion de votre mariage vos parents aimeraient vous dire combien ils sont heureux et fiers de vous voir commencer ensemble cette vie à deux. Nous avons vu éclore cet amour, il y a maintenant plus de deux ans Il s’est concrétisé pour donner peu à peu naissance à ce couple rayonnant de bonheur que nous avons la joie de voir aujourd’hui. Ce cheminement, vous l’avez fait à deux. Aussi vous savez que le mariage est une alliance, un engagement qui se renouvelle tous les jours. C’est une démarche commune où chacun doit tout faire en fonction de l’autre. Un mariage réussi, c’est aussi regarder ensemble dans la même direction. En vous observant, il n’y a aucun doute possible, vous êtes faits l’un pour l’autre, prêts à affronter les joies mais aussi les vicissitudes de la vie. Au service de l’un et de l’autre, au service de notre famille et au service du pays sur lequel il vous sera amené un jour de régner. La population luxembourgeoise voit en votre union un gage de continuité qui mènera notre pays vers un avenir qui sera, nous espérons de tout cœur, prospère et pacifique. 

Chère Stéphanie, nous t’accueillons en ce jour avec une très grande joie. Nous savons que grâce à ta grande sensibilité, ton intelligence et ton dévouement tu combleras notre fils. Le fait d’avoir déjà passé par des épreuves les plus difficiles, notamment le départ soudain de ta chère mère, nous a montré, si besoin l’était, ta force et ton courage face à l’adversité. Alix restera toujours pour nous, qui avons eu la chance et le bonheur de la connaître, un être d’exception. De là-haut, elle veillera sur vous afin que vous aussi, vous soyez un couple uni et exemplaire comme celui que formaient Alix et Philippe. Que leur exemple vous guide tout au long de votre vie. 

Lors de tes fiançailles et de ta rencontre avec les autorités du pays, les Luxembourgeois t’ont tout de suite adoptée comme leur future princesse. Ton rayonnement, tes convictions, mais aussi ta douceur feront de toi la personne parfaite pour seconder et soutenir Guillaume tout au long de sa vie. Nous t’aimons et sommes heureux et reconnaissants que tu aies choisi notre fils. Nous voudrions remercier tes chers parents pour le soutien inconditionnel qu’ils ont montré lors de l’éveil de votre amour. Alix, ta chère mère, reste très présente dans nos cœurs et le restera particulièrement tout au long de ces jours de festivités. Ton père Philippe marie sa dernière fille, son plus jeune enfant. Nous imaginons l’émotion que ce doit être pour lui. L’union entre nos deux familles, aux traditions bien établies, basées sur des valeurs chrétiennes transmises à leurs enfants sont également un gage de solidité pour votre vie de couple. 

Cher Guillaume, dorénavant, commence pour Stéphanie et pour toi cette grande et belle aventure qu’est le mariage. Nous t’avons vu grandir et t’épanouir pour être aujourd’hui un homme responsable, résolument engagé au service des autres et en particulier de ceux qui souffrent. Ta très grande capacité d’aller vers les autres te permet de remplir ta tâche avec intelligence et simplicité. Les missions économiques que tu présides avec beaucoup de compétences sont indispensables pour la promotion de notre pays dans le monde en particulier au vu de la situation difficile dans laquelle nous nous trouvons. Ton épouse sera, comme ta mère l’est pour moi, un soutien essentiel dans la mission difficile mais ô combien exaltante qui vous attend. 

Oui, cher Guillaume, nous sommes fiers de toi. Tu es un homme de devoir, et ta ligne de conduite est le bien commun. Nous avons toute confiance dans tes jugements et saches que nous serons toujours là pour vous aider et vous soutenir si vous en avez besoin.

Majestés, Altesses Royales, Excellences, chers amis et familles,

Nous tenons à vous remercier tous, tous les invités dont certains sont venus de très loin pour assister au mariage de Stéphanie et de Guillaume. Votre présence vous honore. Demain vous serez les témoins de cette nouvelle union qui sera, nous l’espérons tous, heureuse et prospère. C’est en ce sens que je vous invite à lever votre verre et à boire à la santé et au bonheur du jeune couple. 


Vivent les mariés ! Vive le Luxembourg !



La famille grand-ducale et ses invités a ensuite pu déguster le menu servi dans l'argenterie des collections grands-ducales. Il était composé d'un cannelloni de bar sauvage et tartare de langoustines et d'une vinaigrette aux huîtres et caviar osciètre, suivi d'une poitrine de pigeonneau farcie d’une escalope de foie gras en papillote de chou vert, d'une cuisse confite aux jus et d'une mousseline de céleri rave et marrons glacés. Une sphère de chocolat noir grand cru façon poire Belle-Hélène, arrosée de sauce chocolat chaud, venait compléter ce fastueux et raffiné dîner. Pour clôturer la soirée, en toute intimité, les nombreuses altesses ont pu profiter d'un bal animé par un orchestre.

2 août 2012

Les rubis de Joséphine-Charlotte

L'une des premières photos après les fiançailles, pour laquelle Joséphine-Charlotte porte à la fois le bracelet, les boucles d'oreilles et la broche (© D.R.)

A l'occasion de son mariage en 1953 avec le grand-duc héritier Jean de Luxembourg, la princesse Joséphine-Charlotte a reçu de nombreux cadeaux : un diadème de la Société Générale, un bracelet au saphir transformable en diadème offert par l'Association de la Noblesse du Royaume de Belgique, trois rangs de diamants pouvant se porter aussi bien en collier comme en diadème qui sont peut-être un cadeau de son père le roi Léopold III, une paire de pendants d'oreille en diamants achetée grâce à la souscription nationale belge, etc.

Parmi ces cadeaux se trouvaient un set de bijoux en rubis et diamants, composé d'une broche et d'une paire de boucles d'oreilles aux motifs floraux ainsi qu'un bracelet. Christophe Vachaudez, dans son livre "Bijoux des reines et princesses de Belgique" (2004), indique que la broche et les boucles d'oreilles sont un cadeau de son fiancé. Cependant, le catalogue de la vente annulée à Paris en 2006 indiquait qu'il s'agissait de cadeaux du roi Léopold III. L'ensemble des bijoux vient de chez Van Cleef & Arpels, dont le souverain était un fidèle client pour combler sa seconde épouse, la princesse Lilian.


La broche (© D.R.)

Joséphine-Charlotte a porté ces bijoux très souvent au cours des premières années de son mariage. Elle s'en pare d'ailleurs pour les premières photos venant juste après les fiançailles. Cette petite parure en diamants et rubis sera ensuite très vite délaissée au profit de nombreuses autres pierres contenues dans la cassette grand-ducale : émeraudes, saphirs, topazes, améthystes, perles, aigues-marines, turquoises, etc.

En 1953, avec son demi-frère le prince Alexandre, où elle porte les boucles d'oreilles (© J.L./Le Soir)

Très jolie photo où elle porte le bracelet (© D.R.)

En décembre 2006, à l'instar de nombreuses pièces de l'écrin de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, ces bijoux ont été mis en vente par ses héritiers à Paris chez Sotheby's. A ce moment, la broche était estimée entre 12.000 et 18.000 €, les boucles d'oreilles entre 15.000 et 25.000 € et le bracelet entre 35.000 et 55.000 €. Comme pour la vente de la propriété dans le Grünewald, la vente des bijoux a été critiquée par les Luxembourgeois. Ce mouvement de l'opinion publique a amené à l'annulation des ventes.

(© Laurent D.)

Le Grand-Duc avait même fait publier ce communiqué :

"Deux initiatives de ma part ont suscité une forte incompréhension chez nombre d'entre vous.
Je tiens à préciser d'emblée qu'elles concernent la gestion de nos biens familiaux et personnels. Au moment d'accéder au trône, les règles qui gouvernent notre Maison ont aussi fait de moi le chef de notre famille et de son patrimoine familial dont fait partie notre propriété dans le Grünewald. J'évoque d'abord ce patrimoine familial appelé Fidéicommis : ce dernier m'a été confié par mon père, le grand-duc Jean. J'ai le devoir de le gérer de manière responsable pour le transmettre, le moment venu, à mon fils aîné le grand-duc héritier Guillaume. En tant que chef de famille, j'ai également la mission de veiller à ce que mes frères et sœurs puissent jouir de façon juste et équitable de l'héritage personnel de leurs parents. C'est dans ce contexte, que mon père, mes frères et sœurs et moi-même avons projeté la vente de certains bijoux ayant appartenu à ma chère mère, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte. Je me rends compte que j'ai sous-estimé la forte valeur symbolique attachée à ces biens et l'émotion que ces initiatives pouvaient susciter. Quoique relevant de la sphère privée, je réalise qu'elles ont déçu nombre de ceux dont le soutien à notre famille et l'attachement à la Couronne n'ont jamais fait défaut. C'est pourquoi j'ai décidé que l'on procède à l'annulation de la vente aux enchères projetée. De surcroît, je constate un besoin de clarification en matière budgétaire. La Cour ne manquera pas de contribuer à y répondre. J'espère qu'avec cette décision, le pays retrouvera un climat plus serein au regard des problèmes auxquels il est confronté."

Les pièces majeures de l'héritage de Joséphine-Charlotte sont donc en possession de la famille grand-ducale aujourd'hui. Mais, discrètement, des pièces mineures ont été vendues ces dernières années. Ainsi, en janvier 2009, Sotheby's Genève a présenté à la vente le set en diamants et rubis parmi d'autres bijoux n'ayant rien à voir avec la collection de feue la grande-duchesse. La broche, présentée comme la propriété d'un collectionneur européen, a été vendue 14.800 € (estimée entre 11.800 et 18.500 €). Quant à la paire de boucles d'oreilles, estimée entre 15.100 et 21.700 €, elle a été adjugée 22.200 €. Tout comme les boucles, le bracelet était censé être issu de la propriété d'un "gentleman", mais il n'a pas trouvé preneur (estimation entre 36.800 et 50.000 €).

(© Sotheby's)
(© Sotheby's)
Lors d'une nouvelle vente en juin 2009, toujours chez Sotheby's Genève, le bracelet, cette fois-ci vendu comme propriété d'une "lady" tout en mentionnant sa provenance royale, a été adjugé pour 57.870 €, alors que son estimation avait été revue à la baisse (entre 23.400 et 36.800 €).



(© Sotheby's)

Souhaitons que les quelques ventes de bijoux "mineurs" aient permis de contenter les héritiers (ce n'est peut-être pas d'ailleurs la famille grand-ducale qui a mis ces bijoux en vente, mais il pourrait s'agir d'un des enfants ayant hérité de ces bijoux). Et espérons également que les pièces emblématiques de la collection de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, celles offertes par la Belgique ou héritées de la famille royale belge, seront à l'avenir sauvegardées voire même intégrées au Fidéocommis. Ainsi, la future grande-duchesse Stéphanie pourra un jour s'en parer, ce qui serait un joli symbole.