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3 juillet 2011

Les bijoux royaux portés à Monaco

La présence de toute la famille royale belge à Monaco pour le mariage du prince Albert II et de Charlène Wittstock a permis aux dames de ressortir de leurs écrins de magnifiques pièces de joaillerie. Attardons-nous sur ces quelques pièces, trop rarement utilisées par la famille royale belge. 



La reine Paola portait lors de la cérémonie religieuse un collier de diamants navettes qui aurait été offert par son époux, alors Prince de Liège, au moment de leur mariage en 1959. Ce collier est également transformable en diadème. A noter que le roi Albert II était le seul invité à porter la plaque et le ruban de Grand-Croix de l’Ordre de Saint-Charles, fondé par le prince Charles III de Monaco. 


La princesse héritière Mathilde a de son côté arboré une broche de diamants lors de la cérémonie religieuse. Il s'agissait de la première fois que la Princesse portait ce bijou. Il s’agit en réalité d’un bijou provenant de l’écrin de la reine Fabiola. Cette broche de diamants à pampilles serait de manufacture ancienne et aurait achetée par le roi Baudouin dans les années 1980. La reine Fabiola l’a porta notamment en 1984 lors d’un voyage d’Etat au Portugal.


Lors du dîner de gala, accompagnée du roi Carl XVI Gustaf de Suède, la reine Paola portait cette fois-ci un collier qui fut offert à la Princesse lors de son mariage par les sections congolaises de la Société Générale et dont le dessin avait été choisi par le prince Albert. Les diamants, travaillés à Anvers, proviennent du Congo belge. Monté sur platine, il totalise plus de 40 carats, dont quatre carats pour le diamant central. Quant au diadème, que la reine Paola affectionne tout particulièrement, il s’agit d’un cadeau du roi Albert Ier à son épouse Elisabeth dans les années 1920. Il passe ensuite à la reine Astrid en 1934 et Léopold III en fit cadeau à la princesse Paola à l'occasion de son mariage. Provenant de Cartier ou d'Altenloh, il se compose de 1.208 brillants. Il peut également se porter en collier. 


De son côté, la Duchesse de Brabant était flanquée de Jacques Rogge, président du Comité International Olympique et titré Comte par le roi Albert II en 2002. Elle portait le diadème qui lui a été offert à l'occasion de son mariage en 1999 par l’Association de la Noblesse du Royaume de Belgique. Composé de 631 diamants et de 56 roses, il a été créé en 1912 par la maison londonienne Hennell and Sons. 


La princesse Claire avait décidé de sortir le diadème qu'elle avait porté dernièrement, pour la toute première fois, au mariage de la princesse Victoria de Suède. Sa provenance est inconnue. Il s’agit très probablement d’un cadeau de son époux le prince Laurent. Depuis plusieurs années, la princesse Claire n’a plus porté le diadème qui lui a été offert par ses beaux-parents lors de son mariage en 2003. Celui-ci aurait pu être vendu pour acquérir cet autre diadème plus imposant.



La princesse Astrid portait un diadème qui provient de la famille Savoie-Aoste. Appartenant à la princesse Anne d'Aoste (sœur du comte de Paris), il passa ensuite à sa fille, la princesse Margharita, Archiduchesse d'Autriche-Este par son mariage et mère de l'archiduc et prince Lorenz. Elle était accompagnée pour l'occasion du prince Georg Friedrich de Prusse, prétendant au trône allemand. 

Source : Christophe Vachaudez (2004), Bijoux des reines & princesses de Belgique, Bruxelles, Editions Racine

2 juillet 2011

Antoinette de Merode, princesse de Monaco

Antoinette Ghislaine de Merode, comtesse de Merode est née le 28 septembre 1928 à Bruxelles. Issue de la prestigieuse famille de Merode, elle est la fille du comte Werner de Merode (1797-1840) et de Victoire, née comtesse de Spangen-d’Uyternesse (1797-1845).

Le jour de son 18e anniversaire, le 28 septembre 1846, elle épousa dans la capitale belge le prince héritier de Monaco, Charles, né en 1818 de l’union du prince Florestan Ier de Monaco (1785-1856) et de Marie-Louise Gibert, dite Caroline Gibert de Lametz (1789-1879). Après le mariage, le couple fraîchement uni se rendit sur le Rocher, où il reçut un accueil enthousiaste.

Mais c’est à Paris que le couple s’installa tout d’abord. C’est d’ailleurs là que naît leur fils unique, le prince Albert, le 13 novembre 1848. Le couple a également eu une fille, décédée peu de temps après sa naissance, qui fut inhumée dans un caveau à Everberg, en Belgique. Peu habituée aux mondanités, sa belle-mère, dit-on, l’a prise sous son aile pour mieux briller en société. Et, très vite elle fut l’une des habituées de la cour de l’impératrice Eugénie. En 1855, un grand bal fut donné à Versailles à l’occasion de la visite de la reine Victoria d’Angleterre et du prince consort Albert au couple impérial français. Les princes de Monaco en furent les invités d’honneur et Antoinette fut particulièrement impressionnée par l’événement, caressant l’idée de marier son fils à un membre de la famille royale britannique…

Caveau à Everberg où fut inhumée la fille de
la princesse Antoinette
Le 20 juin 1856, suite à la mort du prince Florestan Ier, Charles, troisième du nom, devint le 10eme prince régnant de Monaco. Son règne fut très vite marqué par la signature du traité franco-monégasque de 1861, cédant à la France les villes de Menton et Roquebrunne. Il s’agissait là d’un revers pour le Rocher qui perdait une grande partie de son territoire tout comme de ses rentrées d’argent.

Antoinette, par la généreuse dot que fit son père, le comte Werner, aida financièrement son mari. Cette somme d’argent permis de financer des travaux à Monte-Carlo, notamment pour la création du casino, encouragé par la princesse douairière Caroline, et qui on le sait, sera quelques années plus tard une formidable source de revenu pour Monaco. C’est également par ce biais que fut acquis le château de Marchais en France, dans l’Aisne. Ce château est par ailleurs toujours la propriété de la famille Grimaldi. Depuis la mort du prince Rainier III en 2005, c’est l’actuel prince souverain, Albert II, qui en jouit.

En 1862, les médecins diagnostiquent un cancer à la princesse ce qui la pousse à quitter la principauté pour profiter de l’air de la campagne du château de Marchais. En réalité, le couple se partageait surtout entre Paris et leur résidence picarde. De cette propriété, elle envoyait une correspondance abondante à son époux, lui aussi de santé fragile, et à sa belle-mère. Durant la fin de l’année 1863, elle retourna brièvement au Palais princier de Monaco, avant de décéder trois mois plus tard, le 10 février 1864 à Paris, à l’âge de 35 ans. Son corps repose dans la cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco.



Selon les hagiographes, Charles III fut affligé par la perte de son épouse qu’il appelait « mon ange ». La vérité historique serait tout autre puisque le couple aurait vécu séparément la plupart du temps. Certains historiens avancent même le fait que le prince Charles n'aurait choisi son épouse que pour sa fortune et s'en serait ensuite peu préoccupée, d'où de nombreuses tensions au sein du couple. Les années qui suivirent, surtout vers la fin, le prince régnant quitta de moins en moins son palais. Depuis 1860, il souffrait d'une maladie oculaire qui l'amena peu à peu vers la cécité. Il est décédé en 1889 au château de Marchais, la demeure tant appréciée d'Antoinette.

Leur fils devint alors prince régnant de Monaco, sous le nom d’Albert Ier. Antoinette n’a d’ailleurs pas eu le bonheur d’assister au premier mariage de celui-ci en 1869 avec Mary Victoria Hamilton, des ducs du même nom, au château de Marchais.

La princesse Antoinette apparaît aujourd’hui comme une note de bas de page dans les livres d’histoire. Morte jeune, il est vrai qu’elle n’a pas marqué l’histoire de la principauté comme ont pu le faire d’autres princes ou princesses. Cependant, alors qu'à l'époque Monaco jouissait d’une image bien moins prestigieuse de celle dont elle peut se targuer aujourd’hui, il ne faut pas oublier que sa dot fut investie au service de la prospérité du rocher.

Ses descendants ont régné et règnent toujours sur la principauté. Ils continuent à apprécier Marchais et c’est sûrement pour lui rendre hommage que la princesse Charlotte de Monaco et le prince Pierre de Polignac appelèrent leur fille Antoinette. Sœur de Rainier III, titrée baronne de Massy, celle-ci est décédée en mars 2011.