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21 juin 2020

"Le prince Charles de Belgique" de Vincent Leroy


Vincent Leroy est un passionné de l'histoire belge contemporaine et il oriente notamment ses recherches sur la famille royale. Ainsi, en plus d'être l'auteur d'un ouvrage sur le poète belge Emile Verhaeren et sur les 180 ans de la Belgique, il a également signé Chroniques du règne d'Albert II (2005), Les 70 ans de la reine Paola (2008), Le prince Laurent et la princesse Claire (2009), La princesse Astrid de Belgique (2011) et Les 75 ans de la reine Paola (2012). Vincent Leroy avait d'ailleurs eu la gentillesse de réponse à plusieurs questions de Royalement Blog à l'occasion de la sortie de son ouvrage sur la princesse Astrid, unique biographie consacrée à la sœur du roi Philippe (lien vers l'article). 

En 2007 était paru sous la plume de Vincent Leroy le livre "Le Prince Charles". En 2019, à l'occasion des 75 ans de l'anniversaire du début de la Régence, cet ouvrage a été ré-édité par les éditions Imprimages. 



Le prince Charles de Belgique, né en 1903, est le deuxième enfant du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth. Il reçoit le titre de Comte de Flandre. En 1914, ses parents l'envoient faire ses études en Angleterre. Après sa formation militaire dans la marine britannique, il mène une vie tranquille et discrète jusqu'en 1944. Lors de la déportation du roi Léopold III par les Allemands, le prince Charles s'enfuit du palais royal et se cache pendant plusieurs semaines dans les Ardennes.

En septembre 1944, la Belgique est libérée mais Léopold III est toujours détenu par les Allemands. Les Chambres réunies nomment son frère  comme Régent du royaume. Sous la Régence, la vie reprend. L’Office National de Sécurité Sociale, pilier du système social belge, voit le jour. Charles reçoit en Belgique le roi George VI, le général Eisenhower, le maréchal Montgomery, Winston Churchill, le général de Gaulle, etc. Il se rend en Angleterre, au Congo, aux États-Unis, au Canada et au Vatican. Le Régent exerce pendant six ans ses nouvelles fonctions avec sérieux et simplicité, et est apprécié du monde politique et de Winston Churchill. Beaucoup d'historiens estiment que c'est lui qui a sauvé l'institution monarchique. Par contre, le Roi et les léopoldistes lui reprochent son manque de soutien durant la Question Royale.

Le 20 juillet 1950, la fin de l'impossibilité de régner est votée au Parlement, permettant le retour en Belgique du roi Léopold III. La Régence marque la fin des pouvoirs personnels du Roi. La fédéralisation de la Belgique, l'indépendance du Congo et la prise de décisions communes par l'Union européenne et l'OTAN vont encore accentuer cette diminution des prérogatives royales au cours des décennies suivantes.

Après 1950, Charles coupe les ponts avec sa famille et se réfugie dans sa propriété de Raversijde à la côte belge, où il s'adonne à sa passion pour la peinture sous le nom de Karel van Vlaanderen. Il renonce à sa dotation. Les dernières années de sa vie sont marquées par plusieurs procès intentés par le prince contre ses conseillers financiers et par ses expositions de peinture qui suscitent la curiosité et l'intérêt du public.

Charles décède le 1er juin 1983 à l'hôpital du Sacré-Cœur d'Ostende et la Belgique organise des funérailles nationales pour son ancien régent. Il repose dans la crypte royale de l'église Notre-Dame de Laeken. Inauguré en 1992, le Mémorial Prince Charles à Raversijde raconte sa vie et son œuvre artistique, et permet de visiter la maison de pêcheurs où il a vécu de 1950 à 1983.


Il vous est possible de commander ce livre de 165 pages au prix de 10 EUR sur le site de l'auteur : http://vincentleroy.be/index.html. Notons que ce site permet également de télécharger gratuitement d'autres ouvrages de Vincent Leroy : Le prince Laurent et la princesse Claire (2008) et Les 70 ans de la reine Paola (2009).

4 juin 2013

Parution : "Le prince Baudouin. Frère du Roi-Chevalier" par Damien Bilteryst

 
 
Le prince Baudouin, neveu de Léopold II, fils aîné du comte et de la comtesse de Flandre, était destiné à devenir le troisième roi des Belges. La vie en décidera autrement, et c’est son jeune frère qui montera sur le trône et deviendra Albert Ier, le Roi-Chevalier. Agrégé en lettres et historien, Damien Bilteryst s’est plongé dans l’analyse exhaustive des archives royales et militaires et l'étude de la presse contemporaine pour écrire cette biographie complète et intime du jeune prince Baudouin, accompagnée de nombreux documents photographiques. Des témoignages inédits apportent un éclairage neuf sur l’univers des comtes de Flandre et de Léopold II.
 
Ce livre met également en perspective la vie de Baudouin dans le contexte bien particulier des années 1880 en Belgique. À l’approche de sa majorité, Baudouin assiste aux prémices de la politique coloniale belge, à l'émergence de la question sociale ou encore à la question du bilinguisme. Témoin-clé et acteur souvent contraint, régulièrement opposé à son oncle Léopold II dont il ne partage pas toujours les points de vue, il se construit selon ses propres codes. Lors de ses séjours dans sa famille maternelle prussienne, il s'imprègne du modus vivendi des Hohenzollern, dont les codes sont tellement différents de ceux qui prévalent à Bruxelles. Cette biographie est donc dédiée à une figure fort attachante peu connue de la dynastie.
 
 
Cette biographie, la première consacrée au prince Baudouin, paraît chez Racine ce 4 juin. Pour ceux, vivant éventuellement hors de Belgique, qui désireraient commander cet ouvrage en ligne, en voici le lien :  http://www.racine.be/fr/le-prince-baudouin

Par ailleurs, Royalement Blog proposera dans le courant du mois de juin un entretien avec l'auteur de cette biographie.

8 mars 2012

"Géraldine, reine des Albanais" de Joséphine Dedet


La comtesse Géraldine, Margit, Virginia, Olga, Marie Apponyi de Nagy-Appony est née le 6 août 1915 à Budapest, en pleine guerre mondiale. De par son père, le comte Gyula (1873-1924), elle descend d'une des plus vieilles familles de la noblesse hongroise dont les origines remontent au IXe siècle. Grâce à sa grand-mère paternelle, née comtesse Margit de Seherr-Thoss, et son aïeul le prince Joachim-Ernest d'Anhalt (1536-1586), elle est apparentée à de nombreux souverains européens, comme le roi Albert II ou le grand-duc Henri. Sa mère, Gladys-Virginia Steuart (1891-1947), est quant à elle issue de la bonne société américaine et descend d'Irlandais et d’Écossais qui ont migré vers le Nouveau Continent.

"Wee-Wee" (Tout-petit), comme sa famille l'a surnommé, est de santé très délicate - elle frôle la mort à plusieurs reprises lors de son enfance - et sera rejointe par une sœur, Virgina (1916-2002), et un frère, Gyula (1923-1950). L'Autriche-Hongrie défaite, sa famille, ruinée, s'exile en Suisse auprès de sa grand-mère maternelle qui s'est remaniée avec Gustave de Strale d'Ekna, ancien chambellan du roi de Suède. C'est là qu'ils vivent l'éclatement de l'empire, l'humiliation du Traité de Trianon (la Hongrie perd deux-tiers de son territoire), la proclamation d'une république et les soubresauts de la vie politique hongroise.

La famille regagne enfin sa terre natale durant l'été 1921. Cependant en 1924, son père décède à l'âge de 48 ans. Désireuse de fuir des souvenirs douloureux, sa mère décide de quitter Budapest et la famille s'installe alors sur la Côte d'Azur. Une situation voulue provisoire mais qui s'inscrit dans le permanent. Géraldine y fréquente un couvent à Monaco puis le lycée de Nice. Reprenant goût à la vie, sa mère se remarie avec un Français, le lieutenant-colonel Gontran Girault. De cette union naîtront trois enfants : Sylviane (1928), Guy (1930) et Patricia (1932).

Sur insistance de sa grand-mère paternelle, Géraldine et sa sœur Virginia retournent fréquemment en Hongrie, dans le château familial à Nagy-Appony. En mars 1930, elles y retournent de manière plus durable et sont scolarisées au couvent du Sacré-Coeur de Pressbaum, où Géraldine laisse le souvenir d'une bonne élève, pieuse, plongée dans les livres et déjà très jolie. La future reine d'Albanie y termine ses études par un examen passé à l'université de Vienne. Après le décès de sa grand-mère Margit, elle partage son temps entre Vienne, chez une cousine, et le château de Grüben auprès de sa tante Fanny Karolyi. Elle s'investit d'ailleurs dans le Club Tournesol fondé par cette dernière, une association ayant pour but de lutter contre la misère et l'ignorance à Zebegény pour laquelle elle dispense en autre des cours d'histoire hongroise.

C'est également pour elle le moment de faire son entrée dans le "monde", bien sûr toujours sous l’œil attentif d'un chaperon. Une soirée, elle s'échappe de cette surveillance avec un groupe de jeunes dans lequel se trouve d'ailleurs une certaine Lilian Baels, qui sera plus tard la seconde épouse du roi Léopold III. Après cette incartade, elle sera interdite de la revoir... Soucieuse de subvenir à ses besoins, elle entre en 1937 au Nemizeti Muzeum de Budapest dans le département des antiquités égyptiennes.


Son mariage avec Zog, né Ahmed Zogu, est un arrangement. Le roi avait besoin de redoré l'image de son pays et il lui a été présenté plusieurs photos de l'aristocrate hongroise. Elle lui plait immédiatement et les tractations débutent. Ils se rencontrent pour la première fois lors du bal de la Saint-Sylvestre du 31 décembre 1937 au palais de Tirana. Géraldine tombe vite sous le charme de cet homme de vingt ans son aîné, auquel elle prête nombre de qualités. Après mûres réflexions et diverses rencontres, elle accepte la demande en mariage du souverain. Le mariage se déroule le 27 avril 1938 et consiste uniquement en une cérémonie civile puisque les époux sont de confessions différentes : en effet, une catholique épouse un musulman.


La nouvelle reine se familiarise avec la vie à la Cour d'Albanie, qui englobe les six sœurs du roi : les princesses Adile, Nafije, Senijé, Myzejem, Ruhije et Maxhide. Elle s'attèle également à connaître la langue, la culture et l'histoire de son pays d'adoption. Au moment même où elle est enceinte, le danger italien se fait de plus en plus menaçant : certes l’Albanie est indépendante, mais elle dépend fortement de l'Italie, notamment financièrement, ce qui en fait presque un pays sous tutelle sur lequel Mussolini a des vues d'annexion. Le roi est loin d'être le meilleur ami des Italiens et les époux échapperont tour à tour à une tentative d'enlèvement, un attentat et un empoisonnement.


Le 5 avril 1939, la reine met au monde un héritier, prénomme Leka, dans un climat total d'incertitude quant à l'avenir. Deux jours plus tard, le signal du départ de l'invasion italienne est donné. En convoi, la mère et l'enfant, accompagnés de la Cour, se précipitent à la frontière grecque où ils seront rejoints le lendemain par Zog. La situation est désespérée et le long exil commence alors, avec la France comme première destination. Afin de s'y rendre, un grand détour s'organise afin de contourner naturellement l'Italie et l'Allemagne. Ils passent donc par la Turquie, la Roumanie, l'Ukraine, la Pologne, les trois pays baltes, la Suède, la Norvège et finalement Anvers. Arrivés en France, la Cour (une trentaine de personnes) aura l'occasion de séjourner aux châteaux de Mesnil-Saint-Denis et de Méry-sur-Oise.


Lorsque la Seconde Guerre Mondiale se déclenche, à l'instar de nombreux Français, la famille royale prend le chemin de l'exode et émigre ensuite en Grande-Bretagne après l'asile politique offert par le roi Georges VI. La Cour s'installe plusieurs mois au Ritz, vivant au rythme des incessants bombardements sur Londres. Ensuite, la suite emménage à Parmoor House, un manoir retiré dans la campagne. Après la guerre, l’Égypte du roi Farouk représente une autre étape de l'exil. Là, ils y retrouvent d'autres exilés royaux et Géraldine se lie d'amitié avec la reine Jeanne de Bulgarie (née princesse Giovanna de Savoie). Cette époque renoue avec l'espoir : les services secrets britanniques et américains projettent de déstabiliser le monde communiste en menant une action contre le régime albanais d'Enver Hoxha. Les différentes forces d'opposition politique s'associent à cette opération, ainsi que dans une certaine mesure, le roi Zog. Le projet sera cependant un échec et d’hypothétiques espoirs de restauration s'évanouissent aussitôt.


La chute du royaume égyptien pousse la famille royale à faire son retour en France en 1955. C'est sur ce territoire que le roi y rend son dernier souffle, après plusieurs mois de maladie, le 9 avril 1961. Cette épreuve affecte naturellement Géraldine qui est également confrontée à des problèmes financiers. Cet événement coïncide avec un changement du mode de vie de la famille royale : la Cour est sérieusement réduite et les sœurs du roi partent vivre sur la Côte d'Azur. Quand son fils part s'installer en Espagne, elle le suit, travaille pour la Croix-Rouge et reste attentive à la diaspora albanaise. Nouveau changement en 1990, c'est désormais l'Afrique du Sud qui accueille la famille royale albanaise en exil dans une modeste propriété à Randburg. La sœur de Géraldine, Virginia, est également du voyage et elles ne se quitteront plus.

La reine lors de la cérémonie donnée suite au mariage de son fils avec Susan Cullen-Ward en 1975

Avec son petit-fils, le prince Leka

Sachant que ses années sont désormais comptées, elle fait savoir qu'elle désire pouvoir terminer sa vie sur le sol albanais. Le 22 mars 2002, ses volontés trouvent écho du gouvernement Nano et les députés votent en faveur du retour de la famille royale. C'est le 28 juin de la même année que la reine Géraldine, le roi Leka Ier, la reine Susan et le prince héritier Leka effectuent une arrivée triomphale en Albanie. Et la reine-mère est loin d'avoir été oubliée des Albanais !

Retour de la famille royale en 2002
Quatre mois plus tard, le 22 octobre 2002, la reine Géraldine s'éteint après plusieurs crises cardiaques. Ses funérailles rassemblent plusieurs représentants de la classe politique et de nombreux Albanais. Elle est inhumée au cimetière de Sharra, où elle sera rejointe par la reine Susan en 2004, par son fils Leka en 2011 et peut-être à l'avenir par son époux dont le corps repose toujours en France. En effet, suite au décès du roi Leka, plusieurs voix se sont faites entendre dans l'ancien royaume des Aigles afin de rapatrier les restes de son souverain. En 2004, son petit-fils, l'actuel roi de jure de l'Albanie, a reçu la Médaille Mère-Teresa accordée par le gouvernement de manière posthume à la reine Géraldine pour l'aide qu'elle a apporter au cours de sa vie à la population albanaise.         

La première édition de cette biographie est parue en 1997. L'auteur avait alors obtenu l'accès aux archives de la reine ainsi qu'à son témoignage direct. Le livre bénéficie d'une seconde édition en 2012, année marquée par le 10ème anniversaire de la mort de la souveraine et par le 100ème anniversaire de l'indépendance de l'Albanie. Il ne s'agit cependant pas d'une simple réédition puisque l'ouvrage initial a été augmenté de nouveaux chapitres, notamment grâce à des témoignages inédits comme celui sur les conditions exactes de l'arrangement du mariage. Ce livre est également agrémenté de trente-quatre photos.

L'ouvrage se penche sur le destin exceptionnel d'une reine oubliée. Née dans l'empire austro-hongrois durant la Grande Guerre, elle a vécu la montée du nazisme et du fascisme, la guerre 40-45, l’avènement du communisme dans les Balkans, la Guerre froide, la chute du mur de Berlin, et le passage au XXIe siècle. Revivre les étapes de sa vie est également l'occasion de passer en revue ces épisodes de l'histoire. Joséphine Dedet permet aussi d'aller à la rencontre d'un pays méconnu, l'Albanie - qui demande d'ailleurs son adhésion à l'Union Européenne - au travers de son histoire séculaire, de ses héros nationaux, de ses habitants et de leurs cultures, sans oublier ses multiples visages dévoilés au gré des voyages du couple souverain, passant par Tirana, Durrës, Saranda, Himarë, Valona, Berat, ect. Le seul bémol est que le lecteur reste un peu sur sa faim : j'aurai aimé pouvoir lire davantage sur les dernières années de sa vie, ses rapports avec certaines monarchies européennes (puisqu'il est indiqué que le roi Baudouin et la reine Fabiola étaient ses amis), et que plus d'informations sur la vie de son fils y soient rapportées (comme le référendum de 1997).

Je termine ce compte-rendu par le portrait de la souveraine dressé avec finesse par l'auteur, dans les dernières lignes de son excellente biographie : "Les origines de la reine [...], un mélange fascinant de lignage millénaire et de modernité, ont probablement contribué à la formation d'une personnalité très riche. Authentique Européenne, Géraldine a hérité de l'intense vie intérieure des Seherr-Thoss, de la générosité et de la culture raffinée des Apponyi, mais aussi du dynamisme et du sens de l'adaptation de ses ancêtres américains. Géraldine la Prusse, la Hongroise, l’Écossaise, l'Irlandaise, la Française de cœur, la reine des Albanais enfin..."


Je remercie l'auteur de cette biographie, Mme Joséphine Dedet, les éditions Belfond et Mme Anny Poughon pour m'avoir permis de consulter ce livre en primeur.

14 décembre 2011

Première biographie de la princesse Astrid, par Vincent Leroy

Vincent Leroy est un écrivain belge qui s'intéresse à l'histoire belge, et plus particulièrement à la famille royale. Outre sa biographie du poète belge Emile Verhaeren (2006) et un livre sur les 180 ans de la Belgique (2010), Vincent Leroy est également l'auteur de Chroniques du règne d'Albert II (publiées en 2005 et ré-actualisées en 2006) et de biographies sur le prince-régent Charles (2007), sur la reine Paola (2008), et sur le prince Laurent et la princesse Claire (2009).





Le dernier livre de l'auteur est sorti dernièrement aux éditions Imprimages et porte sur la fille des souverains, la princesse Astrid. Il s'agit de la première biographie qui est consacrée à la princesse, aussi bien au niveau francophone que néerlandophone. Tel un bilan à l'orée de son 50ème anniversaire - le 5 juin 2012 -, l'ouvrage éclaircit davantage la personnalité et le rôle d'une princesse, certes bénéficiant d'une popularité certaine, mais dont le grand public ne connait pas ses implications notamment dans le domaine social ou scientifique. 

Une idée de cadeau à l'approche des fêtes ? Vous pouvez commander ce livre auprès des éditions Imprimages en leur envoyant un mail à cette adresse : info@imprimages.be. Selon les stocks, il est d'ailleurs encore possible de commander l'un ou l'autre des précédents ouvrages de Vincent Leroy.

Vincent Leroy m'a fait la gentillesse de répondre à plusieurs questions que voici :

Royalement Blog : Vous avez déjà écrit des biographies touchant au roi actuel, à la reine Paola, au prince-régent Charles, au prince Laurent et à la princesse Claire, et maintenant à la princesse Astrid de Belgique. Pourquoi la famille royale belge et ses membres vous intéressent-il tant ? Comment vous est venu cet intérêt ? 

Vincent Leroy : L'histoire était déjà mon cours préféré à l'école primaire. Concernant la famille royale belge, mon intérêt a commencé au début des années 90 lors des festivités 60/40 et du décès du roi Baudouin, où j'ai conservé les éditions spéciales des journaux et hebdomadaires. Mais je m'intéresse également à d'autres aspects de l'histoire de notre pays : j'ai écrit une biographie du poète belge Emile Verhaeren et un ouvrage sur les 180 ans de la Belgique. 

R.B. : Par ailleurs, avez-vous eu l'occasion de rencontrer certaines de ces personnes ? Quelles ont été vos impressions ? 

V.L. : Il est impossible de rencontrer un membre de la famille royale belge pour préparer un livre ; il n'existe pas de biographie autorisée en Belgique. J'ai déjà vu le couple royal, la princesse Astrid, le prince Laurent et la princesse Claire lors de bains de foule, mais je n'ai pas su leur parler. En public, le Roi, les princesses Astrid et Claire sont très à l'aise ; la reine Paola et le prince Laurent sont plus réservés. Par ailleurs, ils ont tous reçu un exemplaire de la biographie que je leur ai consacrée.

R.B. : Comment vous est venu l'idée d'écrire cette nouvelle biographie portant sur la princesse Astrid ?

V.L. : Tout simplement parce qu'il n'existait jusqu'à présent aucun livre sur la princesse. Ce manque est aujourd'hui comblé. Au cours de mes recherches, je me suis rendu compte que beaucoup de personnes l'associaient toujours à la Croix-Rouge de Belgique (dont elle a été présidente nationale de 1994 à 2007) et j'ai voulu en particulier expliquer ce qu'elle faisait concrètement dans le domaine social.

R.B. : Comment se déroule concrètement un tel travail ? 

V.L. : Les archives des membres vivants de la famille royale ne sont pas encore accessibles au Palais. J'ai recherché dans les ouvrages généralistes sur la dynastie tout ce qui concernait la princesse Astrid. La presse et le site officiel du Palais m'ont bien aidé pour tout ce qui concerne ses activités publiques. Il a fallu ensuite vérifier certaines informations auprès de personnes compétentes, déterminer les titres des chapitres et commencer le travail d'écriture. Et pour ce livre en particulier, un de mes amis passionné d'histoire comme moi a relu attentivement mon manuscrit et fait des remarques judicieuses, et le photographe Olivier Polet m'a offert un de ses clichés de la princesse Astrid pour la couverture. Dernière étape : tout envoyer aux éditions Imprimages pour l'impression.

R.B. : Après ce travail, avez-vous changé votre regard sur la princesse ? Comment pourriez-vous la résumer en quelques phrases ? 

V.L. : Non, toutes les personnes qui ont des contacts avec elle confirment sa gentillesse, sa simplicité et son souci de bien faire les choses. Comme ses deux frères, la princesse Astrid a souffert des problèmes conjugaux de ses parents durant son enfance. Mais c'est aujourd'hui une femme équilibrée qui a réussi sa vie d'épouse et de mère. Sa vie privée discrète loin de la jet-set n'a jamais donné lieu à aucun scandale. Depuis 1993, elle s'est impliquée dans le domaine social où elle a actuellement six priorités : la pauvreté, les handicapés, la recherche scientifique, les mines antipersonnel, la malaria et la lèpre. A l'image du Roi à qui elle ressemble beaucoup, la princesse est à l'aise en public, a un bon sens du contact et a une bonne image dans l'opinion publique, tant au nord qu'au sud du pays.

R.B. : Qu'est-ce que cela fait d'être encore un rare francophone à écrire des livres sur la famille royale, alors qu'aujourd'hui les grandes maisons d'édition préfèrent faire traduire les livres écrits au nord du pays ? Comment expliquez-vous ce constat ? Est-ce pour cela que vous avez choisi une petite maison d'édition ?

V.L. : Votre constat est très juste, et on aura encore le cas dans les prochaines semaines avec les deux livres sur le prince Laurent écrits par les auteurs néerlandophones Mario Danneels et Thierry Debels (qui, soit dit en passant, est un proche du républicain et séparatiste Jean-Marie De Decker), et qui ont ensuite été traduits en français. Ce fut la même chose pour les dernières biographies du roi Baudouin, de la reine Fabiola, du prince Philippe, de la princesse Lilian. C'est plus rentable pour les maisons d'édition francophones qui bénéficient en plus de la médiatisation de la parution en néerlandais. Pour faire vendre, il y a actuellement une recherche du sensationnel et du scandale, ce que des historiens sérieux et moi ne voulons pas. C'est la raison pour laquelle je me suis tourné vers la maison d'édition Imprimages qui me laisse une liberté totale sur le contenu.

R.B. : Comment voyez-vous la monarchie dans les prochaines années, alors que l'une des plus importantes crises politiques (au cours de laquelle du Roi a été plus d'une fois souligné) vient de se terminer ? Est-ce que la prochaine grande réforme de l’État ne concernerait-elle pas une évolution de la fonction royale vers un système plus protocolaire (voulu par plusieurs partis politiques et également du pain-bénit pour les opposants de la monarchie) ?  

V.L. : Le sort de la monarchie est lié à celui de la Belgique. Tout va dépendre des nouveaux rapports de force politiques après les élections législatives de 2014. Il est impossible de savoir comment les choses vont évoluer, mais une monarchie protocolaire est effectivement possible lors de la prochaine réforme de l'Etat. Affaire à suivre...

R.B. : Cette situation n'est pas davantage la volonté d'anticiper le règne prochaine du prince Philippe qui ne fait pas l'unanimité ? Par ailleurs, comment voyez-vous le prince héritier ?

V.L. : Les partis nationalistes flamands (comme la NVA ou le Vlaams Belang) veulent la scission du pays et la fin de la monarchie, quels que soient la personnalité ou la compétence du Roi et du prince héritier. Par contre, dans les partis traditionnels, il y a effectivement chez certains une méfiance à l'égard du prince Philippe. Laissons-lui sa chance... En 1993, qui aurait cru que cet homme tremblotant de 59 ans aurait été un si bon roi durant ces quatre années de crises politiques à répétition? Le prince Philippe est tout à fait capable de succéder à son père, mais dans un style totalement différent d'Albert II. Il n'aura jamais l'aisance en public de son père. Chaque roi a sa propre personnalité.

R.B. : Avez-vous des projets en gestation pour les prochaines années ? 

V.L. : Oui. L'histoire de Belgique et de sa dynastie est un grand puzzle où il manque encore de nombreuses pièces... Chaque année, de nouveaux documents et témoignages apparaissent, et permettent une meilleure compréhension des personnages et des événements. C'est passionnant de faire toutes ces recherches.

R.B. : Un grand merci d'avoir pris le temps de répondre à ces questions.

27 octobre 2011

"Joséphine-Charlotte (1927-2005) : hommage" (éditions Saint-Paul)


Cet album-photos richement illustré a été édité quelques mois après le décès de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte de Luxembourg le 10 janvier 2005 au château de Fischbach. Il commence par l'hommage officiel rendu par le premier ministre Jean-Claude Juncker et raconte ensuite le fil de sa vie.

Née en 1927 à Bruxelles, Joséphine-Charlotte était la fille aînée du roi Léopold III et de la reine Astrid des Belges, née princesse de Suède. Elle a deux frères : les rois Baudouin et Albert II. Sa marraine n'est autre que sa future belle-mère la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg! Son enfance est marquée par les décès accidentels de son grand-père paternel le roi Albert Ier en 1934 et de sa mère la reine Astrid en 1935. En 1944, les Allemands déportent le roi Léopold III, sa seconde épouse la princesse Lilian et leurs enfants en Allemagne puis en Autriche, où ils seront libérés en mai 1945. Suite à la Question Royale, ils s'installent en Suisse jusque 1950.

Joséphine-Charlotte épouse en 1953 le grand-duc héritier Jean de Luxembourg avec qui elle aura 5 enfants et 21 petits-enfants. De 1964 à 2000, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte remplit avec élégance, dignité et discrétion son rôle de Première Dame aux côtés de son époux qui abdique en 2000 au profit de leur fils Henri. Ils se retirent au château de Fischbach.

Cet album-photos évoquent aussi les voyages d’État à l'étranger, son amour des roses, sa passion pour l'art contemporain et son engagement en faveur de la Croix-Rouge Luxembourgeoise et des Guides du Grand-Duché. Il se termine par ses funérailles en présence de représentants de nombreuses familles royales.

Comme le titre l'indique, cet ouvrage richement illustré a pour unique objectif de rendre hommage à la grande-duchesse. On n'y trouvera donc aucun scoop, aucun propos négatif et polémique à son égard. Je laisse la conclusion aux auteurs : "Durant plus d'un demi-siècle, la grande-duchesse Joséphine-Charlotte nous a accompagnés à travers notre histoire - nous, citoyens luxembourgeois ainsi que nos concitoyens étrangers. En tant qu'épouse du chef de l’État, mais aussi en tant que femme à la personnalité forte, mais qui ne cherchait pas à focaliser l'attention sur sa personne".

Le Petit Belge

30 juillet 2011

« Royale Europe » de Peter Conradi



Peter Conradi est un journaliste du Sunday Times, connu pour ses chroniques sur la monarchie britannique. Il est le co-auteur de « Le Discours d’un roi », livre qui a été adapté récemment en film et qui a connu un grand succès. Il a par ailleurs été correspondant, notamment à Bruxelles. 

L’auteur s’est attelé également à l’écriture d’une enquête parue chez Plon, à la veille des deux grands mariages de l’année 2011, sur les monarchies européennes contemporaines, c’est-à-dire le Royaume-Uni, Monaco, l’Espagne, la Belgique, la Suède, les Pays-Bas, la Norvège, le Danemark, le Luxembourg et le Liechtenstein.






  Les chapitres :

  1. « Who’s who »
  2. Aller et venir
  3. Les ombres du passé
  4. Apparat et pouvoir politique
  5. Une journée de travail ordinaire
  6. L’apparat, les fêtes et les factures à payer
  7. Les rois qui ne sont pas sages
  8. Des maîtresses, des bâtards et des maris complaisants
  9. Trouver une nouvelle princesse Grace
  10. Se marier dans la famille
  11. Du pont de l’Alma aux cours royales de justice
  12. Apprendre à devenir monarque
  13. La grenouille qui s’est transformée en prince et autres contes de fées
  14. Le jeu de l’attente
  15. Conjoints et suppléants
  16. William et Kate
  17. Et la lumière fut
  18. Vive la République
  19. Un rège sans fin

Ce livre, épais, est comme son sous-titre l’indique une « enquête inédite » et très intéressante du point de vue d’une étude comparée des différentes monarchies européennes. L’ouvrage est riche en anecdotes historiques, qui étaient souvent, pour ma part, inconnues. Au long de la lecture, on sent que l’auteur s’est merveilleusement bien informé. Il cite par ailleurs des sites francophones spécialisés comme Noblesse & Royautés de Régine Salens et le blog sur la famille royale belge de notre ami le Petit Belge, ce qui prouve la profondeur de son investigation.

La seule réserve que j’émets est que l’auteur parle très peu de la famille grand-ducale de Luxembourg et de la famille princière de Liechtenstein.