22 mai 2016

Les liens entre la famille royale belge et la famille royale hachémite de Jordanie

Les relations entre la famille royale belge et la famille royale hachémite remontent à une cinquantaine d’années. Ce qui n’est pas étonnant puisque la Jordanie existe en tant qu’Etat indépendant depuis 1946, d’abord dénommé Royaume de Transjordanie. La première rencontre entre membres des deux familles souveraines semble dater du 18 septembre 1963 : le roi Hussein accompagné de son frère le prince Hassan ben Talal étaient de passage en Belgique. Ils furent alors reçus par le prince Albert dans sa résidence du Château du Belvédère. L’année suivante, le roi Baudouin et la reine Fabiola ont effectué un voyage qui les conduisit au Japon, en Thaïlande, en Inde puis en Jordanie. Le 13 février, alors que le roi Hussein attendait l’arrivée de ses hôtes à l’aéroport d’Amman, un plafond nuageux trop bas empêcha l’avion royal d’atterrir. L’appareil se posa finalement à Mafracq, à une soixantaine de kilomètres de la capitale que le couple royal belge rejoignit en voiture. Lors de cette visite, le roi Baudouin et la reine Fabiola ont visité plusieurs lieux saints comme Béthanie, avant de poursuivre leur voyage en Israël.

La reine Fabiola, le roi Baudouin, le roi Hussein et la princesse Muna
Fêtes de Persépolis en Iran en 1971

Quelques années plus tard, en octobre 1971, le roi Hussein et la princesse Muna ont retrouvé les souverains belges en Iran, lors des fêtes somptueuses de Persépolis où se pressèrent les grands du monde de l'époque. Le 3 octobre 1971, le roi Baudouin a reçu à Bruxelles le prince Hassan ben Talal. En décembre 1976, le prince Hassan, cette fois accompagné de son épouse la princesse Sarvath, a effectué une visite en Belgique. Accueillis à l’aéroport le 7 décembre par le prince Albert, ils furent ensuite reçus au Château de Laeken par le roi Baudouin et la reine Fabiola. Prince héritier entre 1965 et 1999, le frère du roi Hussein était également son plus proche conseiller et a longtemps joué le rôle d’ambassadeur itinérant de la Jordanie. De cette manière, il noua des contacts étroits avec les familles royales européennes. Si bien qu’encore aujourd’hui, le prince Hassan et son épouse sont fréquemment invités aux événements rassemblant le gotha.

En janvier 1983, c’était au tour du roi Hussein et de sa quatrième épouse, la reine Noor, d’effectuer une visite officielle en Belgique. Au cours de ce séjour, ils furent conviés à un déjeuner au Château de Laeken, auquel assistaient les princes de Liège, et un dîner de gala fut offert en leur honneur au Palais de la Nation. La reine Fabiola emmena également la reine Noor au musée des enfants et au musée de la dentelle à Bruxelles.

La même année, accueilli à l’aéroport par le prince Albert, le prince Hassan ben Talal était de passage à Bruxelles pour y mener une série d’entretiens économiques. Le roi Baudouin et la reine Fabiola l’ont reçu en présence du prince Albert au Château de Laeken le 7 juillet 1983.


6 avril 1987
A partir de ces années, le souverain jordanien, ainsi que le prince Hassan, ont effectué de régulières visites en Belgique, souvent incluses dans des tournées européennes destinées à rencontrer des responsables politiques afin d’évoquer la situation au Proche-Orient. Ainsi, le 6 avril 1987, le roi Baudouin a accueilli à l’aéroport de Bruxelles le roi Hussein, venu soutenir la Communauté européenne dans son projet d’organiser une conférence internationale de paix au Proche-Orient. Le prince Hassan s'est une nouvelle fois rendu à Bruxelles en octobre 1992. Lors des funérailles du roi Baudouin en 1993, le prince Hassan et la princesse Sarvath ont effectué le voyage afin d’y représenter la Jordanie. Le couple princier fut de retour en Belgique en novembre 1994. Lors de ce séjour, ils furent reçus au Château de Laeken par le roi Albert II et la reine Paola, accompagnés de la princesse Astrid. Le même mois, le prince Laurent a assisté au Jumping Volvo à Bruxelles auquel participait la princesse Haya, fille du roi Hussein et de la reine Alia, avec son cheval Scandale. Le 24 novembre 1997, le prince Hassan fut reçu en audience par le roi Albert II à l’occasion de son passage à Bruxelles dans le cadre de la signature, par la Jordanie, des Accords d’Association Euro-Méditerranéens. Malade, le roi Hussein effectua une dernière visite en Belgique en 1998. Le roi Albert II et la reine Paola ont assisté à ses funérailles le 8 février 1999.

En février 1992, la reine Fabiola, encouragée par son époux, fut à l’initiative, avec un groupe restreint de premières dames, d’un sommet pour la promotion économique des femmes rurales à Genève. Parmi les représentantes des différents pays figuraient plusieurs souveraines et princesses, dont la reine Noor de Jordanie. Le sommet déboucha sur la création d’un comité directeur international sur la promotion économique des femmes rurales placé sous le haut patronage de la reine Fabiola. Ce comité s’est réuni pour la première fois en février 1994 au Palais d’Egmont à Bruxelles, sous la présidence de la reine Fabiola, accompagnée de sa belle-sœur la reine Paola. La reine Noor de Jordanie avait de nouveau répondu présente. Ce ne fut cependant pas le cas lors de la 4ème Conférence mondiale sur les femmes à Pékin en septembre 1995. La reine Fabiola eut l’occasion d’y retrouver la princesse Basma bin Talal, sœur du roi Hussein, qui y représenter la Jordanie. Quelques mois plus tôt, les deux femmes s’étaient rencontrées en Jordanie à l’occasion d'une réunion du groupe consultatif créé par le Secrétaire Général des Nations Unies en vue de la Conférence de Pékin dont la reine Fabiola était l’une des membres. La princesse Basma avait alors accompagné la veuve du roi Baudouin lors d’une visite de la Fondation Reine Alia. La reine Fabiola avait également eu l'occasion de se rendre sur le site archéologique de Pétra. 


Le combat commun pour les femmes rurales a sans doute rapproché les reines Fabiola et Noor. D’ailleurs, le 17 décembre 1995, la reine Noor de Jordanie fut conviée à la célébration du 20ème anniversaire de la Fondation Roi Baudouin au Théâtre royal de la Monnaie. Le roi Albert II, la reine Paola, la reine Fabiola et le prince Philippe assistaient à cet événement. L’épouse du roi Hussein était le seul membre d’une famille royale étrangère à y être conviée. Elle effectuait alors une visite privée en Belgique afin d'y avoir des entretiens avec la reine Fabiola au sujet de la prochaine réunion du comité directeur international sur la promotion économique des femmes rurales. Cette deuxième réunion du comité s'est déroulée l'année suivante à Amman sous la présidence de la reine Noor. Tout naturellement, la reine Fabiola y prit part et séjourna en Jordanie du 12 au 17 mai. Les deux souveraines se sont également retrouvées le 1er août 1997. Lors d’un meeting aérien à Ostende, un avion de la patrouille royale jordanienne s’était écrasé, faisant dix victimes et une cinquantaine de blessés. La reine Fabiola et la reine Noor avaient alors rendu visite à plusieurs victimes hospitalisées. Le 8 février 1998, le roi Albert II et la reine Paola représentaient la Belgique aux funérailles du roi Hussein, décédé à l'âge de 63 ans. Quelques jours après les funérailles, la reine Fabiola s'est rendue en Jordanie afin de présenter personnellement ses condoléances à la reine Noor. En novembre 2000, la reine Fabiola s’est rendue à Dakar pour assister à la quatrième réunion du comité directeur international. Pour sa dernière participation – en raison de son âge –, la reine Fabiola y a rencontré Sharifa Zain Al Sharif bint Nasser, cousine du roi Hussein et représentante de la reine Rania à cette réunion.


En septembre 1999, la reine Paola a rencontré la reine Rania de Jordanie à Varsovie où était célébré le 10ème anniversaire de la Convention des Droits de l’Enfant à l’invitation de la Première dame polonaise. Le 12 avril 2000, le roi Abdallah II et la reine Rania commençaient une visite de travail de deux jours en Belgique. A la surprise générale, la reine Fabiola et le prince Laurent furent chargés de recevoir le couple royal. Le Palais évoqua alors une « grosse fatigue » pour excuser la présence du roi Albert II et de la reine Paola. Le soir même, le Roi des Belges était hospitalisé pour subir un quadruple pontage coronarien. Dans le cadre d’une mission économique et environnementale bruxelloise en Jordanie, le prince Laurent retrouva le roi Abdallah II en 2001. Le couple royal belge a pu accueillir les souverains jordaniens le 11 juin 2002, dans une tournée européenne les menant également en France et au Royaume-Uni. Une réception se déroula en leur honneur au Château de Laeken. La reine Paola en profita pour faire visiter le Centre Child Focus pour enfants disparus à la reine Rania. La même année, les deux souveraines se sont retrouvées au Château de Versailles lors de la soirée marquant les 25 ans de la Fondation pour l’Enfance. Le prince Hassan a de son côté effectué un nouveau séjour en Belgique en juin 2003, tout comme sa sœur la princesse Basma qui s'est rendue au mois de mars à la Commission européenne.

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Visite privée en mars 2004
En mars 2004, le prince Philippe et la princesse Mathilde ont effectué une visite à caractère privé en Jordanie, visitant plusieurs lieux saints tels que Béthanie à l’instar du roi Baudouin et de la reine Fabiola exactement quarante ans plus tôt. Le couple royal jordanien leur offrit un lunch au Palais d’Aqaba. Les ducs de Brabant étaient de retour en Jordanie pour le mariage officiel du prince héritier Hamzah bin Hussein et de sa cousine la princesse Noor bint Asem bin Nayef le 27 mai 2004. Quelques mois plus tard, son demi-frère le roi Abdallah lui retira son titre de prince héritier et le couple a divorcé en 2009. En septembre 2004, le prince Philippe a assisté avec le prince Hassan bin Talal à une conférence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe à Bruxelles durant laquelle l’oncle du roi Abdallah II prit la parole. Le souverain jordanien effectua une nouvelle tournée en Europe en novembre 2004 qui comprenait le Royaume-Uni, le Luxembourg et la Belgique. La reine Rania accompagna son époux uniquement à Londres. Le roi Albert II accorda une audience au roi Abdallah II au Château de Laeken le 25 novembre et offrit un déjeuner à la délégation jordanienne qui comptait également le prince Ali ben Al Hussein, demi-frère du monarque hachémite.


Novembre 2007
Photo : The Royal Hashemite Court
Le 9 novembre 2005, le prince Laurent et le prince Hassan bin Talal ont assisté à la remise du Grand Prix de la Fondation Prince Louis de Polignac chez Maxim’s à Paris. Le prince Hassan était accompagné de son épouse Sarvath et de sa plus jeune fille, la princesse Badiya. L’oncle du roi Abdallah II était de retour en Belgique le 15 mars 2007 avec son épouse la princesse Sarvath et sa fille la princesse Sumaya. Ils furent reçus au Château de Laeken pour un lunch offert par le roi Albert II et la reine Paola, en présence des princesses Mathilde et Astrid. Cette dernière s’est rendue en Jordanie du 16 au 18 novembre 2007 à l’occasion de la 8ème Conférence des Etats Parties de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel. Le prince Mired bin Ra'ad, petit-cousin du souverain jordanien et prétendant aux trônes syrien et irakien, assura la présidence de cette conférence. La princesse Astrid fut reçue en audience par le roi Abdallah II qui assista à l’ouverture de la conférence. Cette conférence se déroula également en présence du prince Talal bin Muhammad, un des cousins germains du roi. La princesse Astrid a visité l’église Saint-Georges de Madaba avec le prince Mired bin Ra’ad et son épouse la princesse Dina Mired. En décembre 2007, le prince Hassan bin Talal effectua une nouvelle fois un voyage en Belgique à l’occasion d’une réunion de l’Institut East-West portant sur la prévention des conflits et la diplomatie préventive. Le prince héritier Philippe se joignit à cette réunion.


Lors d’une nouvelle tournée européenne qui comprenait également le Royaume-Uni et la Suède, le roi Abdallah II fut reçu par le roi Albert II le 18 juin 2009 au Château de Laeken. Les princes Fayçal ben al-Hussein et Hamzah bin Hussein, frère et demi-frère du souverain hachémite, faisaient partie de la délégation jordanienne. L’année suivante, le roi Abdallah II effectua une visite de travail de deux jours en Belgique. Comme à chaque fois, le roi Albert II le reçut au Château de Laeken le 15 décembre 2010. Quelques mois plus tôt, en juin, la princesse Haya, demi-sœur du souverain hachémite, s'est rendue en Belgique en tant que présidente de la Fédération équestre internationale à l'occasion de la Semaine vétérinaire européenne. Il semblerait également que des membres de la famille hachémite, très probablement le prince Hassan et la princesse Sarvath, ont été conviés à la fête privée organisée à l'occasion des 50 ans du prince Philippe en avril 2010. Le programme prévoyait une visite du Musée Magritte, une soirée dans les serres royales de Laeken, suivie d'un brunch le lendemain dans un hôtel bruxellois. Notons également que le prince Lorenz se rendit en Jordanie pour le mariage célébré le 22 juillet 2011 au Palais Basman à Amman du prince Rashid bin Hassan avec la championne de tennis de table Zeina Shaban. Le marié qui est d'ailleurs passé par l'EU Training Office à Bruxelles, fils unique du prince Hassan bin Talal, est donc le cousin du roi. Il  



4 décembre 2013
Photo : Palais Royal
Le 4 décembre 2013, le roi Philippe a reçu à déjeuner au Château de Laeken le roi Abdallah II alors en visite de travail de deux jours à Bruxelles. En juin 2014, la princesse Astrid, en tant qu’Envoyée Spéciale de la Convention d’Ottawa, a retrouvé le prince Mired bin Ra’ad au Mozambique. Ils assistèrent à la 3ème Conférence d’examen de la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines anti-personnel à Maputo. Le roi Philippe a retrouvé pour sa part le roi Abdallah II en janvier 2015 au Forum Economique Mondial de Davos. Les deux chefs d’Etat y ont eu un entretien bilatéral informel. Le 15 septembre 2015, la reine Mathilde s'est rendue à Genève afin de prendre part à une session du Conseil des Droits de l'homme des Nations Unies en présence du Haut-Commissaire onusien chargé de cette question qui est depuis 2014 le prince Zeid Ra'ad Zeid Al-Hussein, frère aîné du prince Mired bin Ra'ad. En octobre 2015, le prince Hassan bin Talal a séjourné à Bruxelles et a eu des entretiens avec des responsables européens.

Le 12 janvier 2016, la reine Rania, en Europe pour sensibiliser les autorités au sort des réfugiés à quelques jours d’une conférence humanitaire devant se tenir à Londres, a été reçue à déjeuner au Palais de Bruxelles par la reine Mathilde. Au même moment, on apprenait qu’une visite d’Etat du couple royal jordanien était prévue au mois de mai en Belgique. Le 22 janvier, dans le cadre du Forum Economique Mondial de Davos, le Roi a rencontré le prince Zeid Ra'ad pour discuter des droits de l'homme. Deux mois plus tard, les attentats du 22 mars n’ont pas remis en cause la visite d'Etat que devait mener en mai le couple royal jordanien. Le roi Philippe s’est d’ailleurs entretenu par téléphone le jour-même des événements avec le roi Abdallah II.


Juin 2014
Photo : Anti-Personnel Mine Ban Convention 
12 janvier 2016
Photo : Palais Royal

Le roi Abdallah II et la reine Rania de Jordanie ont donc effectué une visite d’Etat en Belgique du 17 au 19 mars 2016. Le premier jour, ils ont été accueillis au Château de Laeken, leur lieu de résidence durant cette visite, par le couple royal belge. Les deux couples se sont retrouvés dans la plus stricte intimité pour une soirée familiale à Laeken, à laquelle participaient les enfants du roi Philippe et de la reine Mathilde. Le 18 mars, la journée a débuté par la traditionnelle cérémonie d’accueil au Palais de Bruxelles. Après un passage par la tombe du Soldat Inconnu, le couple royal jordanien a retrouvé le palais royal. La reine Mathilde a emmené la reine Rania dans les locaux de la Fondation Roi Baudouin pour y découvrir le projet « Boost ». Ensuite un déjeuner de travail sur la situation en Jordanie réunissait les deux couples, accompagnés d’autres invités, au Palais de Bruxelles. En après-midi, le roi Philippe et le roi Abdallah II ont visité la base aérienne de Florennes, puis leurs épouses les ont rejoints pour se rendre au Centre Interdisciplinaire d'Etudes de l'Islam dans le Monde Contemporain de l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve.

Photo : Valentin Dupont / Royalement Blog / tous droits réservés

Photo : Palais Royal
Le soir, un dîner de gala a été offert au Château de Laeken par le roi Philippe et la reine Mathilde en l’honneur de leurs invités. Les deux couples portaient pour la première fois les décorations qu’ils avaient plus tôt échangées : l’Ordre de Léopold pour les souverains jordaniens, le Grand Cordon avec Collier de l’Ordre d'Al Hussein bin Ali pour le roi Philippe et le Grand Cordon l’Ordre suprême de la Renaissance pour la reine Mathilde. Le 19 mars, le roi Philippe et le roi Abdallah II ont visité le terminal gazier de Fluxys au port de Zeebruges puis, à bord d’un hélicoptère, le parc éolien offshore de Thortonbank dans la Mer du Nord. De leur côté, les deux souveraines ont découvert l’Institut technique de la Sainte-Famille à Bruges. Une visite de la ville leur était ensuite proposée à bord d’un bus, avant de s’arrêter au Musée Memling puis chez un chocolatier. Arrivés à Bruges, les deux monarques ont pu profiter quelque peu de la ville de Bruges et de ses canaux, avant une cérémonie officielle à l’hôtel de ville. Les souverains belges ont en après-midi reconduit leurs hôtes à l’aéroport d’Ostende.

Photo : The Royal Hashemite Court
Peu après la visite d'Etat, le roi Philippe a eu une conversation téléphonique avec le roi Abdallah II afin de lui présenter ses condoléances à la suite de l'attaque du 6 juin 2016 visant les services de renseignements jordaniens qui fit cinq victimes à Baqa'a. Un geste qui rappelait, quelques mois auparavant, la conversation téléphonique qu'avaient eu les deux monarques suite aux attentats du 22 mars à Bruxelles et Zaventem. Durant l'été, la princesse Sumaya bint Hassan, la cousine du roi Abdallah II, s'est rendue à deux reprises à Bruxelles. Elle a assisté en juin à la deuxième Conférence de l'International Network of Government Science Advice. Le mois suivant, c'est en tant que professeur à l'Université de technologie qui porte son nom à Amman, que la princesse Sumaya a participé à l'hôtel Radisson au troisième Dialogue politique avec les pays du Sud de la Méditerranée sur l'enseignement supérieur. Les 24 et 25 octobre, la reine Mathilde a mené une mission humanitaire en Jordanie. Le premier jour, en soirée, elle fut invitée par la reine Rania pour un dîner dans la résidence royale de Beit al-Urdum. Le lendemain, les deux souveraines se sont rendus à la Jordan River Foundation. Au terme de ces retrouvailles, la reine Rania offrit à la reine Mathilde un cadeau pour sa fille la princesse Elisabeth qui célébrait le jour-même son 15e anniversaire. Enfin, le 14 novembre, le roi Philippe a atterri secrètement à Amman. Cette visite aux militaires belges participant à l'Opération Inherent Resolve ne devait être dévoilée qu'une fois que le souverain aurait quitté le sol jordanien. Le soir de son arrivée, le roi Philippe fut invité par le roi Abdallah II pour un dîner privé dans la résidence royale de Beit al-Urdum. Le lendemain, jour de la Fête du Roi en Belgique, le roi Philippe fut accueilli par son homologue jordanien pour la visite de la base aérienne d'Azraq.

Photo : Palais Royal

La reine Mathilde a pris l'habitude, chaque année à l'occasion du Concours Musical Reine Elisabeth, de convier des membres de familles royales étrangères pour une des soirées de finales. Le 31 mai 2017, la reine Mathilde s'est donc rendue à une finale au palais des Beaux-Arts de Bruxelles en compagnie de la princesse Sarvath bin Talal et de la Duchesse de Gloucester, cousine par alliance de la reine Elizabeth II. Cette édition du prestigieux concours mettait alors le violoncelle à l'honneur. Le 19 décembre 2017, la princesse Astrid et le prince Mired bin Ra'ad, tous deux Envoyés Spéciaux de la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel, se sont retrouvés à Vienne à l'occasion de la 16e Assemblée des Etats Parties à la Convention d'Ottawa.

Photo : Palais Royal

En janvier 2018, le roi Philippe et le roi Abdallah II se sont de nouveau retrouvés au Forum économique mondial de Davos pour un entretien bilatéral. Pour l'édition suivante, en janvier 2019, c'est la reine Rania que le couple royal belge a retrouvé à Davos lors d'un dîner informel réunissant plusieurs participants au forum. L'épouse du roi Abdallah est membre du conseil de fondation du Forum économique mondial.

Photo : The Royal Hashemite Court

Le 25 novembre 2019, la princesse Astrid a retrouvé le prince Mired bin Ra'ad à Oslo à l'occasion de l'ouverture de la quatrième Conférence de révision de la Convention d'Ottowa contre les mines anti-personnel. Le mois suivant, l'ambassadeur belge en poste à Amman a rencontré Yousef Issawi, le chef de la Cour royale hachémite, afin d'évoquer les relations bilatérales entre la Belgique et la Jordanie, mais aussi les futurs contacts entre les deux familles royales. 

Photo : Stine Østby / Medvind / Ministry of Foreign Affairs, Oslo 

Le 14 janvier 2020, le roi Philippe reçut au château de Laeken le roi Abdallah II. L'année suivante, le 5 mai 2021, le souverain hachémite, de nouveau de passage en Belgique, fut accueilli à Laeken par le roi Philippe. 

Dernière actualisation : 14/08/2021

4 avril 2016

Naissance de l'archiduchesse Magdalena

Le 24 février 2016 naissait dans une institution du Kirchberg, l'un des quartiers de Luxembourg-Ville, Magdalena, Maria, Alexandra, Zita, Charlotte de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d'Autriche. Après Maria-Stella, née le 11 novembre 2013, il s'agit de la deuxième fille pour l'archiduc Imre et l'archiduchesse Kathleen d'Autriche. L'enfant est par ailleurs le cinquième petit-enfant de l'archiduchesse Marie-Astrid, née princesse de Luxembourg, et le huitième arrière-petit-enfant du grand-duc Jean âgé de 95 ans. Imre et Kathleen se sont mariés le 8 septembre 2012 à Washington D.C. Ils vivent aujourd'hui au Luxembourg où l'archiduc Imre travaille pour le cabinet d'audit financier Ernst & Young. 

 


Voici la carte de remerciements envoyée par l'archiduc Imre et l'archiduchesse Kathleen aux personnes qui avaient tenu à féliciter le couple suite à cette seconde naissance. Les parents y annoncent leur joie d'annoncer cet heureux événement, en y associant Maria-Stella qui occupe désormais le nouveau rôle de grande sœur. Le coupe a également choisi de partager le psaume 113:3 : “ Du lever du soleil jusqu'à son couchant, Que le nom de l’Éternel soit célébré! ” 

29 août 2015

Chapelle Astrid à Küssnacht (Suisse)

Après le tragique accident, survenu le 29 août 1935 à Küssnacht am Rigi, de nombreux habitants vinrent déposer des fleurs à l’endroit, marqué par une simple croix en bois, où la reine Astrid avait perdu la vie. Très vite cette rive du lac des Quatre-Cantons devint un lieu de pèlerinage et, pour des raisons d’accessibilité et afin que l’herbe ne soit pas constamment piétinée, les autorités locales installèrent une série de marches en bois pour faciliter le dépôt de fleurs sur le lieu en pente. Après plusieurs suggestions de citoyens suisses et d’articles de presse, le gouvernement helvète approuva l’acquisition du terrain entre la route et le lac, avec la collaboration du canton de Schwyz, afin de l’offrir ensuite à la Belgique. Ce terrain appartenait à deux propriétaires particuliers qui furent expropriés. L’ambassadeur suisse en Belgique fut dès lors reçu par le roi Léopold III à qui il offrit officiellement le terrain, s’agissant « d’un devoir de respect et d’amitié que de céder en propriété permanente au souverain belge le lieu où mourut son épouse » (Schwarzenbach A., 1998, 20). L’ambassadeur nota à propos du monarque que « sa douleur est encore si profonde et il a tant de peine à revenir sur ce douloureux événement qu’il a passé très vite à un autre sujet » (Schwarzenbach A., 1998, 25). 

Tableau de Vital Keuller

Le vœu du roi Léopold III était que ce lieu puisse rester tel quel, à l’instar du site de Marches-les-Dames où son père le roi Albert Ier perdit la vie accidentellement en pratiquant l’escalade. La simple croix de bois, placée à l’endroit même où la reine Astrid expira, fut cependant remplacée par une croix en granit provenant de Suède et portant les armes de la défunte souveraine. Dénommée « la Croix du Roi », elle se trouve à quelques mètres du poirier fatal et est tournée vers le lac, dans lequel le souverain demanda que la Packard décapotable soit immergée en septembre 1935. Une haie de buis encercle ce terrain, appartenant à la Donation Royale et jouissant du statut d’extra-territorialité. Face à ce souhait royal de sauvegarde en l’état du lieu et à la volonté des autorités locales de construire un trottoir qui aurait pu menacer le poirier, un consensus est trouvé. En effet, « on construi[sit] un trottoir qui se rétrécit en un point pour préserver l’arbre, tandis que des escaliers de chaque côté du site conduisent les visiteurs de la rue au lac, depuis lequel la contemplation et la photographie sont bien moins dangereuses » (Schwarzenbach A., 1998, 22). 

La croix lors de l'inauguration en 1936 avec à ses
pieds des couronnes envoyées par ses parents
et son frère et ses soeurs



Dans un même temps, l’idée de la construction d’un monument sur les lieux de l’accident avait gagné le monde patriotique belge. Ainsi, l’Œuvre nationale des Invalides de Guerre organisa, sous l’égide de sa fondatrice la princesse Jean de Merode, une récolte de fonds à cet effet. Une somme de 50.000 francs belges avait été levée dès le mois de décembre 1935. Face à la déclivité de l’endroit et selon le désir du roi, l’œuvre fit l’acquisition d’un terrain situé de l’autre côté de la route. En mars 1936, le canton de Schwyz accorda un permis de bâtir exceptionnel pour la construction d’une chapelle sur base des plans de l’architecte belge Paul Rome. Ce terrain fut également cédé à la Donation Royale, organisme qui acheta deux terrains entourant les premiers afin d’assurer le calme de ce lieu de mémoire. 

Maquette présentée lors d'une exposition sur la reine Astrid en 1936 à Paris
De gauche à droite : la reine Astrid visitant les malades, avec son époux le
roi Léopold III et avec ses trois enfants

La chapelle, d’un style simple et rustique, dotée d’un toit d’ardoises, a été construite à partir de matériaux provenant uniquement de Belgique, acheminés sur place gracieusement avec le concours des chemins de fer belge, français et suisse. La décoration fut également confiée à des artistes belges. Plusieurs vitraux illustrent des scènes de vie de la reine Astrid : auprès de son époux, avec ses enfants ou encore visitant des malades. Une couronne royale belge, encadrée d’une couronne de roses et d’une couronne d’épines, se trouve au-dessus de l’autel. Sur ce-dernier figure le monogramme de la reine Astrid. Une Vierge à l’Enfant rougeâtre est placée dans une niche à l’extérieur. A l’entrée du site, se trouvent à la fois une pierre gravée aux armes maritales de la souveraine, des inscriptions sur un des murets faisant référence à l’architecte et à l’entreprise de construction, ainsi qu’une pierre indiquant en français, en néerlandais et en allemand : « Le 29 août 1935, sur la rive de ce lac paisible, s’est brisée tragiquement, dans sa vingt-neuvième année, la radieuse existence d’Astrid, princesse de Suède, Reine de Belgique ». 


La princesse Jean de Merode, marraine de la cloche



L’inauguration et la bénédiction de la chapelle se déroula le 28 juin 1936 en l’absence du roi Léopold III, représenté par le vicomte Gatien du Parc, bien que la presse de l’époque rapporta la rumeur qu’il s’y était rendu incognito au mois de mai. La cérémonie fut conduite par un religieux belge, un représentant de l’évêque de Coire et le pasteur de Küssnacht. En cette occasion, une cloche fut bénie et reçut comme marraine la princesse Jean de Merode. Elle porte ces inscriptions latines « Plango Astridam, Belgarum Reginam Quae Hic Periit A.D. 1935 Aetate 29 », soit « Je pleure pour Astrid, Reine des Belges, décédée ici en 1935 dans sa 29e année ». Les représentants diplomatiques de différents pays ainsi que les plus généreux donateurs avaient été conviés à cette bénédiction durant laquelle l’Harmonie Royale des Invalides Belges interpréta notamment la Marche funèbre de Chopin.





En 1959, le déplacement de la chapelle fut décidé afin de permettre un élargissement de la chaussée souhaité par les autorités. D’ambitieux travaux déplacèrent donc la chapelle, pesant pas moins de 150 tonnes, de l’autre côté de la route, où se situe le lieu de l’accident. L’architecte Paul Rome tint d’ailleurs à assister à la translation de son œuvre. Les travaux, ainsi que la rénovation du mémorial, se clôturèrent à la fin de l’année 1960. Plus tard, un parking pour les visiteurs fut construit entre la chapelle et « la Croix du Roi ». Le 21 août 1992, une forte tempête déracina le poirier qui fut fatal à la reine Astrid. Une partie du tronc est aujourd’hui conservée au Heimatmuseum de Küssnacht avec quelques morceaux du pare-brise de la Packard 120 décapotable. 

Armes de la reine Astrid

Le 29 août 1935, sur la rive de ce lac paisible, s'est brisée tragiquement, dans
sa vingt-neuvième année, la radieuse existence d'Astrid, princesse de Suède,
Reine de Belgique

Ancienne disposition de la chapelle par rapport à la croix


Les lieux ont reçu trois visites royales de nature officielle. La première date du 29 août 1985, à l’occasion du 50e anniversaire du décès de la reine Astrid, avec la venue de la grande-duchesse Joséphine-Charlotte, du roi Baudouin et de la reine Fabiola, du prince Albert et de la princesse Paola. Ils y retrouvèrent Pierre Devuyst, le chauffeur, âgé de 82 ans, qui avait pris place à l’arrière du véhicule le jour de l’accident. Le 29 août 2010, à l’occasion du 75e anniversaire du décès, le roi Albert II fit seul le déplacement. La veille de sa venue, la souche du poirier fut enlevée et un nouvel arbre fut planté. Le roi Albert II atterrit sur l’aérodrome d’Emmen avec comme invité l’abbé Marcel Gravet. Le souverain l’avait rencontré la veille lors de la cérémonie à la Chapelle Reine Astrid de Briquemont que le religieux célébrait pour la 33e fois. Lors du dépôt de fleurs sur le lieu de l’accident, l’ambassadeur luxembourgeois déposa une couronne au nom des grands-ducs Henri et Jean. 





Lors du 80e anniversaire, le 29 août 2015, le roi Philippe et son fils le prince Gabriel assistèrent à la traditionnelle messe célébrée par le père Jean-Sébastien Charrière, provenant de l’abbaye territoriale d’Einsiedeln, qui avait déjà concélébré l’eucharistie lors de la venue du roi Albert II cinq ans plus tôt. Comme ce fut déjà le cas en 1985 et en 2010, le roi Philippe et son fils prirent part à un déjeuner privé au « Swiss-Chalet » de Merlisschachen avec les autorités locales et les personnes chargées de l’entretien du site. Cet établissement possède une salle dédiée au souvenir de la reine Astrid avec de nombreuses photographies la représentant. 

© Palais Royal


Sources
- KONINCKX Christian (dir.) (2005), Astrid. 1905-1935, Bruxelles, Editions Racine 
- SCHWARZENBACH Alexis (1998), « Rêves Royaux. Réactions à la mort de la reine Astrid, 1905-1935 », Cahiers d’histoire du temps présent, n° 5, Centre d’Etudes et de Documentation Guerre et Sociétés Contemporaines, pp. 7-41

2 août 2015

Les 90 ans de la princesse Marie-Gabrielle

La princesse Marie-Gabrielle, Aldegonde, Wilhelmine, Louise de Luxembourg, également princesse de Nassau et princesse de Bourbon et de Parme, est née le 2 août 1925 au Château de Colmar-Berg. Elle est la fille de la grande-duchesse Charlotte (1896-1985) et du prince Félix de Bourbon-Parme (1893-1970) qui avaient alors déjà trois enfants, à savoir Jean (1921), Elisabeth (1922-2011) et Marie-Adélaïde (1924-2007). Un frère et une sœur suivirent encore : Charles (1927-1977) et Alix (1929). La famille vivait la plupart du temps dans le château qui vit sa naissance. Des classes y étaient organisées pour les princes et princesses, et c’est donc là qu’elle reçut sa première éducation, notamment au travers de Mademoiselle Marie Knapff. 



Le 10 mai 1940, au petit matin, la famille grand-ducale quitta le Luxembourg devant l’imminence de l’invasion allemande. La princesse Marie-Gabrielle était l’une des enfants à être auprès de ses parents lors de ce moment. Le convoi, dans lequel se trouvait également sa grand-mère maternelle, la grande-duchesse douairière Marie-Anne (1861-1942), attendit donc à La Celle-Saint-Cloud la voiture ramenant les enfants qui étudiaient à Bruxelles. L’exil les emmena en Dordogne, puis au Portugal après un bref séjour en Espagne. Le 15 juillet, le prince Félix et ses enfants embarquèrent pour Annapolis à bord du croiseur envoyé par le président américain Roosevelt. La grande-duchesse Charlotte, après être passée par Londres où le gouvernement en exil s’était fixé, les rejoignit le 4 octobre. La famille emménagea à Montréal vingt jours plus tard. 


Première communion de Marie-Gabrielle


En 1941, la princesse Marie-Gabrielle, ainsi que ses sœurs Marie-Adélaïde et Alix, fut inscrite au Collège Jésus-Marie de Sillery où étudiait déjà sa sœur Elisabeth. Les princesses logeaient chez leur tante, l’impératrice Zita, dans la Villa Saint-Joseph, une demeure située à Sillery prêtée par les Sœurs de Sainte Jeanne d’Arc. Leur cousine Elisabeth d’Autriche fréquentait d’ailleurs le même collège. Après avoir fait plusieurs fois l’aller-retour entre le Nouveau-Continent et le Royaume-Uni, la grande-duchesse Charlotte s’installa définitivement à Londres en 1943. Le prince Félix et le grand-duc héritier Jean s’étaient, eux, embarqués en octobre 1942 pour le Royaume-Uni afin de s’engager dans l’armée britannique. De leur côté, les autres enfants hormis Alix, trop jeune, s’engagèrent au sein de la Croix-Rouge britannique. 

Au Canada en 1941
© Archives du Collège Jésus-Marie de Sillery


La grande-duchesse Charlotte effectua son grand retour sur le sol luxembourgeois le 14 avril 1945. Trois jours plus tard, partis de Londres, Elisabeth, Marie-Adélaïde, Marie-Gabrielle et Charles revinrent en soirée au grand-duché au sein d’un convoi de dix ambulances et de dix camionnettes contenant des vêtements, dons de la Croix-Rouge britannique. Ils n’hésitèrent d’ailleurs pas à prendre le volant à partir du Havre. Arrivés sur la Place Guillaume, avec une foule qui était au rendez-vous, ils furent officiellement reçus à l’hôtel de ville et remerciés pour leur engagement avant de regagner le Palais grand-ducal vers 22 heures. 



La princesse Marie-Gabrielle acheva ses études au Luxembourg et se consacra à la sculpture. Appréciant sculpter les animaux, elle fut l’élève dans les années 1950 du sculpteur animalier luxembourgeois Auguste Trémont. Dans ce cadre, elle effectua dès 1947 plusieurs séjours en France. Elle dessinait et réalisait ses modèles d’animaux au Jardin des Plantes à Paris. Sculptant sous le pseudonyme de « Mademoiselle de Clervaux », ses réalisations représentant des cerfs, des chevaux ou encore des lièvres furent exposées au Salon d’Automne. Accordant son Haut Patronage à plusieurs éditions du Salon de l’Art Vivant à Differdange, elle y exposa son travail lors de la 4e édition en compagnie de son frère Jean. Par ailleurs, notons que la princesse Marie-Gabrielle accordait son Haut Patronage à la Fédération du Sport Canin de Neudorf-Weimerskirch. 



Le 9 juin 1947, elle assista au Château de Ledreborg, au Danemark, au mariage de son cousin le prince Jacques de Bourbon-Parme avec la comtesse Birgitte Holstein til Ledreborg. En cette occasion, elle rencontra le frère de la mariée, le comte Knud. Les deux jeunes gens rendirent publiques leurs fiançailles le 24 août 1951. Né le 2 octobre 1919 à Ledreborg, Knud, Johan, Ludvig était le fils du 6e comte – lensgreve en danois – Josef Holstein til Ledreborg (1874-1951) et de la comtesse Cristina Hamilton (1887-1974). Son grand-père paternel, le comte Ludvig (1839-1912), se convertit au catholicisme en 1867 et exerça brièvement la fonction de Premier ministre en 1909. Knud avait étudié entre 1941 et 1942 à l’Université de Copenhague avant de passer une année à l’Ecole d’Agriculture de Dalum. Ensuite, il avait effectué des voyages d’études en Allemagne, en Hongrie, en Tchécoslovaquie pour perfectionner ses connaissances agricoles et forestières. Dans cette optique, il avait également passé une demi-année dans un domaine près de Pau, en France. 



La princesse Marie-Gabrielle et le comte Knud furent unis civilement le 5 novembre 1951 dans la Salle de Marbre du Château de Colmar-Berg par le bourgmestre Alfred Wagner. En soirée, un dîner réunit uniquement la famille proche avant qu’un cortège, rassemblant les sociétés et les associations locales, ainsi que des habitants de Colmar-Berg, ne réserve une ovation au couple à l’entrée du château. Le lendemain 6 novembre, trente-deux ans jour pour jour après le mariage de la grande-duchesse Charlotte et du prince Félix en 1919, le mariage religieux eut pour cadre l’église paroissiale de Colmar-Berg à laquelle le cortège des invités se rendit à pied. 



La mariée, emmenée à l’autel par son père le prince Félix, portait une robe de faille et un voile de dentelle orné d’un diadème aux motifs floraux provenant des collections grand-ducales. Les princes Rémy et Guy de Bourbon-Parme furent chargés de s’occuper de la traîne. La cérémonie fut présidée par Monseigneur Léon Lommel, évêque-coadjuteur de Luxembourg, assisté de l’aumônier de la Cour Albert Steffen, du chancelier de l’évêché l’abbé Nicolas Hengen et du curé de Colmar-Berg l’abbé Spautz. Le témoin de la princesse Marie-Gabrielle était son frère Charles et le témoin du comte Knud était son frère Carl. Cette journée se clôtura à midi et demi par une réception au Château de Colmar-Berg où le couple reçut les félicitations des invités. 

Le couple en compagnie d'un côté (gauche) du prince Félix et de la grande-
duchesse Charlotte et de l'autre (droite) de la comtesse Josef Holstein til
Ledreborg (mère du marié), du comte Ebbe Hamilton (oncle du marié)
et des princes Rémy et Guy de Bourbon-Parme


Après leur mariage, Marie-Gabrielle et Knud s’installèrent au Château de Ledreborg à Lejre, un domaine familial construit au XVIIIe siècle, situé au centre de l'île de Seeland. Le comte Knud en avait repris la gestion suite au décès de son père quelques mois avant son mariage. Il était également une figure locale, s’impliquant notamment au sein de l’église et de l’école catholique. Membre du parti libéral, il fut élu de 1974 à 1982 au conseil municipal dont il présidait la commission culturelle. Passionné par les sports équestres, il organisa plusieurs événements de cette nature dans son domaine et exerça la présidence du club local d’équitation. Les titres honorifiques de « Kammerherre » et de « Hofjægermester », fréquemment attribués à de grands propriétaires terriens, lui furent attribués par la Cour. Ceux-ci correspondant respectivement aux titres de « Chambellan » et de « Maître des Chasses royales ». 

Knud et Marie-Gabrielle avec leur première fille
Monica, née en 1952

Six des sept filles du couple : Monica, Lydia, Veronica, Silvia, Camilla
et Tatiana 


Le couple eut sept filles : Monica en 1952, Lydia en 1955, Veronica en 1956, Silvia en 1958, Camilla en 1959, Tatiana en 1961 et Antonia en 1962. Elle fut choisie en 1955 pour être la marraine de son neveu, l’actuel grand-duc Henri. Absente et représentée par sa sœur Elisabeth lors du baptême de son filleul, elle n’avait pas manqué d’assister le 19 avril 1962 à sa première communion au Château de Betzdorf, aux côtés du roi Baudouin et de la reine Fabiola. Les occasions de revoir la famille grand-ducale furent nombreuses, mais uniquement dans un cadre privé. C’étaient par exemple le cas pour les événements familiaux, des vacances de Pâques en Bavière ou des vacances d’été à Cabasson. Elle mit d'ailleurs au monde sa dernière fille, Antonia, au Luxembourg où celle-ci fut aussi baptisée. 

Première communion d'Henri et Marie-Henri
© Photo Tony Krier / Collection personnelle Valentin Dupont


Après avoir vécu les deuils de son père en 1970 puis de son frère Charles en 1977, la princesse Marie-Gabrielle eut la douleur de perdre sa mère, la grande-duchesse Charlotte, le 9 juillet 1985. Vivant une période difficile, elle se rendit en pèlerinage à Međugorje, en ex-Yougoslavie. La Vierge Marie y serait apparue à partir de juin 1981 à six Croates d'Herzégovine. Après ce voyage, elle revint au Danemark changée. Elle indiqua alors à ses proches qu’elle s’y était réveillée, un matin, remplie d'une joie qu'elle n’avait plus connue depuis son enfance. La foi catholique a toujours été très importante pour la princesse Marie-Gabrielle et sa famille. Sa fille cadette, Antonia, a choisi d’ailleurs d’intégrer, après un cheminement spirituel qui l'emmena également à Međugorje, la Communauté de l’Emmanuel à Paris en 1992.

Avec trois de ses filles et semble-t-il son frère le prince Charles


En août 1979, Veronica et Silvia furent les premières de ses filles à se marier. La première avec François-Bruno de Pottère, né en Pennsylvanie, et la seconde avec John Munro of Foulis, d’origine écossaise. Ce fut au tour de Lydia l’année suivante avec son petit-cousin le prince Éric de Bourbon-Parme. Après cinq enfants, le couple divorça en 2000 et la comtesse Lydia se remaria en 2001 avec Martin Bergsøe, un ancien prêtre catholique qui fonda ensuite une église apostolique libre. Le mariage de Camilla en 1989 avec la baron Eric Bertouch-Lehn til Højbygård og Lungholm se solda lui aussi par un divorce en 1995. Elle n’hésita cependant pas à prendre soin de son ex-époux, lorsqu'il fut victime en 1996 d'un accident de la route qui le laissa lourdement handicapé. Les noces de Tatiana furent célébrées en 1999 avec Mark von Riedemann, le fils de la princesse Olga de Windsich-Graetz, qui est aujourd’hui directeur du département de communication auprès du bureau international de L’Aide à l’Église en détresse. Enfin, en 2003, la comtesse Monica a épousé Henri de Dompierre de Jonquières. 

Mariage en 1980 de la comtesse Camilla avec le baron Eric Bertouch-Lehn


En 1990, le comte Knud abandonna la gestion du domaine de Ledreborg à sa fille Silvia et à son beau-fils John. Il devrait un jour être repris par leur fils, Alexander Munro, aujourd’hui âgé de trente ans. La comtesse Silvia a d’ailleurs reçu les titres honorifiques que détenait son père. Après avoir été faite « Hofjægermester » en 2003, c’est-à-dire « Maîtresse des Chasses royales », la reine Margrethe II lui octroya à l’occasion des célébrations de son 72e anniversaire le titre de courtoisie de « Kammerdame ». Équivalent féminin de « Chambellan », il correspond à la fonction honorifique de « Femme de chambre ».

En 1990 au Luxembourg pour l'inauguration d'une statue de la
grande-duchesse Charlotte sur la Place Clairefontaine

Le comte Knud, Maria Teresa, Marie-Gabrielle, Jean et Elisabeth
© Photo Gaston Mirgain/ Collection personnelle Valentin Dupont


Dans la nuit du 25 juin 2001, le comte Knud Holstein til Ledreborg s’éteignit des suites d’une longue maladie. Atteinte d’un cancer, la comtesse Camilla est décédée le 4 juillet 2010. Elle n’avait que cinquante-et-un ans et abandonnait deux enfants, Nicolas et Philip. A ces deuils s’ajoutèrent pour Marie-Gabrielle ceux de ses sœurs Marie-Adélaïde en 2007 et Elisabeth en 2011. Vu son âge, elle n’effectua pas le déplacement à l’occasion du mariage du grand-duc héritier Guillaume en 2012. La princesse Marie-Gabrielle qui vit toujours au Château de Ledreborg est entourée de l’affection de ses filles et de ses treize petits-enfants même si certains vivent à l’étranger. Deux de ses petits-enfants, le baron Nicolas Bertouch-Lehn et Charles de Pottère, se sont d’ailleurs marier en 2015. La sœur du grand-duc Jean est également plusieurs fois arrière-grand-mère. 

Rare photographie du grand-duc Jean et de ses sœurs Alix, Marie-Gabrielle,
Elisabeth (†) et Marie-Adélaïde (†)


Royalement Blog tient à transmettre ses vœux à la Princesse Marie-Gabrielle
à l'occasion de son 90e anniversaire !