18 août 2012

Hôtel de Lannoy

L'hôtel a été construit en 1762, sur un terrain ayant appartenu à don Diego de Ruyter, à l'initiative de Josse Mansion, un maître maçon originaire d'Enghien, dans la province de Hainaut tout comme les Lannoy. En 1768, l'hôtel est racheté par le comte Dominique-Alexandre d'Epinoy.



C'est bien plus tard, en 1833, que le comte Gustave de Lannoy (1800-1892) en fait l'acquisition. Il est l'arrière-arrière-grand-père de la future grande-duchesse héritière de Luxembourg, et fut tour à tour chambellan du roi Guillaume II des Pays-Bas, Grand-Maître de la Maison du Duc de Brabant (le futur Léopold II) puis Grand-Maître de la Maison de la Reine Marie-Henriette, sans oublier sa fonction de bourgmestre d'Anvaing.

Cet hôtel se situe au numéro 13 de la rue aux Laines à Bruxelles, lieu où depuis le XIVe siècle de nombreuses prestigieuses familles nobles y résident. Pour l'anecdote, le 23 janvier 1892, un incendie se déclare dans une aile de l'actuel Palais d'Egmont et qui donnait alors dans la rue aux Laines. La famille de Lannoy a donc vu débarquer au cours de la nuit le duc et la duchesse de Croÿ en chemise de nuit pour trouver refuge dans leur hôtel.



L'hôtel est toujours passé par héritage à l'aîné, et donc au chef de famille. C'est donc comme cela que le comte Philippe de Lannoy, père de Stéphanie, en est l'actuel propriétaire. Tel est toujours le cas pour l'hôtel des princes de Merode-Westerloo qui accueille le Cercle de Lorraine. Ce sont presque les seules traces historiques intéressantes qui subsistent dans cette rue depuis la démolition en 1956 des hôtels de Merode-Deinze et de la Boëssières-Thiennes.

L'ancien hôtel de Merode-Deinze détruit en 1956


Le bâtiment en question a connu une restauration et des agrandissements en 1907 et 1908, sous la direction l'architecte Octave Flanneau qui a notamment travaillé au Palais Royal après son homologue Maquet. L'hôtel est en forme de "U", bâti sur deux niveaux, sous une toiture mansardée. La façade en grès est constituée de neuf travées, dans laquelle s'insère une imposante porte cochère. Un passage couvert donne directement accès au jardin, doté d'une sobre statue, et aux pièces du rez-de-chaussée. Un escalier d'honneur donne quant à lui accès aux pièces d'apparat du premier étage. Se succèdent ainsi entre autres : un salon rouge, une antichambre, un salon jaune ou encore un fumoir. Le tout se trouve dans un style Louis XV, avec des murs lambrissés aux très belles boiseries, des plafonds moulurés et des cheminées en marbre.

La maison de vente Doretheum, la plus ancienne qui soit, a son siège bruxellois installé au rez-de-chaussée. Ces dernières années, la comtesse Stéphanie de Lannoy occupait les lieux une bonne partie de l'année. On sait également que des jeunes de la bonne société ont pu y louer des appartements. La majeure partie de l'hôtel a été classé par la Région Bruxelles-Capitale en 2001.

6 commentaires:

  1. Très intéressant article, mais est-ce que ce n'étaient pas les princes d'Arenberg (et non les ducs de Croÿ) qui habitaient au palais d'Egmont? Qu'est devenu l'hôtel des princes de Ligne? A l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg, le nom d'un prince Baudouin de Merode est mentionné comme paroissien de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg au cours de la première guerre mondiale. En ce qui concerne la famille de Boessières-Thiennes, il me semble qu'elle possédait le château de Lombise dans notre province de Hainaut, mais est-ce que cette famille n'est pas aujourd'hui éteinte?

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    1. Avant de devenir la propriété des Arenberg, ce que l'on appelait le "petit hôtel d'Egmont" (qui semblait être une aile de l'actuel Palais) a bel et bien été occupé un temps par les Croÿ.

      L'hôtel des princes de Ligne ne se trouvait pas dans la rue aux Laines, mais à l'angle de la rue Royale et de la rue et de la rue des Colonies. Et il fut construit au XVIIIe siècle initialement pour le comte... de Lannoy ! Les Ligne l'ont acheté en 1834 et s'en ont séparé avant la fin du siècle. Il abrite aujourd'hui le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

      Suite au décès en 1993 de la comtesse Michèle, le château de Lombise est passé à ses enfants, issus de l'union avec Eric Janssen. Les enfants portent d'ailleurs le patronyme de "Janssen de la Boëssière-Thiennes". La mère de la comtesse Michèle vit toujours normalement au château, elle est née en 1918 comme comtesse Renée Carton de Wiart, fille du Premier ministre belge de 1920 à 1921. L'épouse du dernier marquis de la Boëssiere Thiennes fut d'ailleurs bougmestre de 1964 à 1976.

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  2. Merci pour ta réponse. Je me suis trompé dans mon premier commentaire : c'est le nom d'un prince Baudouin de Ligne (et non Merode) qui est inscrit comme paroissien de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg décédé durant la première guerre mondiale, ce qui s'explique vu la proximité avec l'hôtel de Ligne dont tu viens de me parler. Mais est-ce qu'ils s'en sont séparés avant la fin du 19ème ou la fin du 20ème siècle? A noter que le prince Lamoral de Ligne (frère de Michel, chef de la Maison de Ligne) s'est d'ailleurs marié religieusement à l'église du Sablon.

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    1. Déjà en 1897, l'hôtel a été la propriété de la société des tramways bruxellois. ensuite, plusieurs banques ont occupé les lieux.

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  3. Après quelques recherches rapides sur Internet, le prince Baudouin de Ligne (1896-1914), mort au combat à Herentals lors de la première guerre mondiale, était le sixième enfant d'Ernest, 10ème prince de Ligne et...arrière-grand-père de la comtesse Stéphanie de Lannoy.

    Comme il est repris dans la liste des paroissiens de l'église Saint-Jacques-sur-Coudenberg morts durant la guerre et comme beaucoup de princes de Ligne sont nés à Bruxelles, je pense qu'après la vente de cet hôtel, les princes de Ligne ont gardé une résidence dans le centre de Bruxelles jusqu'au milieu du XXème siècle. Par contre, à partir de la génération des enfants du prince Antoine et de la princesse Alix, ils sont nés au château ou à l'hôpital de Beloeil.

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