2 juillet 2011

Antoinette de Merode, princesse de Monaco

A l'heure de fêter le mariage de S.A.S. le prince Albert II de Monaco avec Mademoiselle Charlène Wittstock, voici un article sur une princesse méconnue, belge de surcroit, devenue princesse de Monaco par mariage.

Antoinette Ghislaine de Merode, comtesse de Merode est née le 28 septembre 1928 à Bruxelles. Issue de la prestigieuse famille de Merode, elle est la fille du comte Werner de Merode (1797-1840) et de Victoire, née comtesse de Spangen-d’Uyternesse (1797-1845).

Le jour de son 18e anniversaire, le 28 septembre 1846, elle épouse dans la capitale belge le prince héritier de Monaco, Charles, né en 1818 de l’union du prince Florestan Ier de Monaco (1785-1856) et de Marie-Louise Gibert, dite Caroline Gibert de Lametz (1789-1879). Après le mariage, le couple fraîchement uni se rend sur le rocher, où il reçoit un accueil enthousiaste.


Mais c’est à Paris que le couple s’installe tout d’abord. C’est d’ailleurs là que naît leur fils unique, le prince Albert, le 13 novembre 1848. Peu habituée aux mondanités, sa belle-mère l’a pris sous son aile pour mieux briller en société. Et, très vite elle fut l’une des habituées de la cour de l’impératrice Eugénie. En 1855, un grand bal fut donné à Versailles à l’occasion de la visite de la reine Victoria d’Angleterre et du prince consort Albert au couple impérial français. Les princes de Monaco en furent les invités d’honneur et Antoinette fut particulièrement impressionnée par l’événement, caressant l’idée de marier son fils à un membre de la famille royale britannique…

Le 20 juin 1856, suite à la mort du prince Florestan Ier, Charles, troisième du nom, devient le 10eme prince régnant de Monaco. Son règne est très vite marqué par la signature du traité franco-monégasque de 1861, cédant à la France les villes de Menton et Roquebrunne. Il s’agit là d’un revers pour le Rocher qui perd une grande partie de son territoire tout comme de ses entrées d’argent.

Antoinette, par la généreuse dot que fit son père, le comte Werner, aida financièrement son mari. Cette somme d’argent permis de financer des travaux à Monte-Carlo, notamment pour la création du casino, encouragé par la princesse douairière Caroline, et qui on le sait, sera quelques années plus tard une formidable source de revenu pour Monaco. C’est également par ce biais que fut acquis le château de Marchais en France, dans l’Aisne. Ce château est par ailleurs resté la propriété de la famille Grimaldi jusqu’à nos jours, où depuis la mort du prince Rainier III, c’est l’actuel prince souverain, Albert II, qui en jouit.

En 1862, les médecins diagnostiquent un cancer à la princesse ce qui la pousse à quitter la principauté pour profiter de l’air de la campagne du château de Marchais. De cette propriété elle envoie une correspondance abondante à son époux, lui aussi de santé fragile, et à sa belle-mère. Durant la fin de l’année 1863, elle retourne brièvement au Palais princier de Monaco, avant de décéder trois mois plus tard, le 10 février 1864 à Paris, à l’âge de 35 ans. Son corps repose dans la cathédrale Notre-Dame-Immaculée de Monaco.


Charles III sera affligé de la perte de son épouse, qu’il appelait « mon ange ». Les années qui suivirent, surtout vers la fin, il quitta de moins en moins son palais. Il décède en 1889 au château de Marchais, la demeure tant appréciée d'Antoinette.

Leur fils devient alors prince régnant de Monaco, sous le nom d’Albert Ier. Antoinette n’a d’ailleurs pas eu le bonheur d’assister au premier mariage de celui-ci en 1869 avec Mary Victoria Hamilton, des ducs du même nom, au château de Marchais.

La princesse Antoinette apparait aujourd’hui comme une note de bas de page dans les livres d’histoire. Il est vrai qu’elle n’a pas marqué l’histoire de la principauté comme ont pu le faire d’autres princes ou princesses. N’oublions cependant pas qu’à son époque Monaco jouissait d’une image bien moins prestigieuse de celle dont elle peut se targuer aujourd’hui et qu’elle décéda sans avoir atteint la quarantaine. Elle fut cependant une épouse irréprochable, un soutien infaillible pour son époux, et elle permit en quelque sorte la fondation du casino et donc la prospérité du rocher. Ses descendants ont régné et règnent aujourd’hui sur la principauté, continuent à apprécier Marchais et c’est surement pour lui rendre hommage que la princesse Charlotte de Monaco et le prince Pierre de Polignac appelèrent leur fille Antoinette. Sœur de Rainier III, titrée baronne de Massy, celle-ci nous a quitté en mars 2011.

5 commentaires:

  1. Ton premier article est très intéressant car je ne connaissais pas cette princesse. Elle est également parente avec le prince Lorenz de Belgique qui descend, lui aussi, du comte Werner de Merode.

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  2. Petit Belge,
    En effet, Antoinette était la sœur de Louise de Merode, dont descendent les Savoie-Aoste (et donc Lorenz par sa mère).
    Antoinette est donc son arrière-arrière-arrière-grand-tante.

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  3. je decouvre votre site grace au petit Belge.
    Bonne continuation!

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    1. TRÈS BEAU SITE ET RICHE EN COMMENTAIRE ,JE SUIS VENUE AU HASARD ET JE ME SUIS ATTARDÉE SUR CETTE BELLE HISTOIRE QUI J'ESPÈRE VA CONTINUER EN HOMMAGE À TOUT CE GRAND MONDE MERCI POUR CE SITE C'EST UNE BELLE RÉUSSITE.

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    2. Merci Zazouette pour vos compliments et encouragements !

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