27 mars 2017

Les relations entre les familles royales belge et danoise

La Belgique et le Danemark ont officiellement établi des relations diplomatiques en 1837, renforcées par la signature à Copenhague le 13 juin 1841 d’une convention de navigation. Mais il fallut attendre la fin du règne du roi Léopold Ier pour que les deux familles royales établissent des contacts. 

En septembre 1862, le prince Christian de Danemark et son épouse avaient prévu un séjour à Ostende avec leurs filles. De l’autre côté de la Manche, la reine Victoria voyait alors en la princesse Alexandra de Danemark une prétendante sérieuse pour son fils le prince de Galles, futur Edouard VII. Les deux jeunes gens s’étaient d’ailleurs déjà rencontrés secrètement, les 14 et 15 septembre 1861 à Spire et Heidelberg, et ils s’étaient mutuellement plus. Devant effectuer un voyage jusqu’à Cobourg, la reine Victoria s’arrêta le 3 septembre 1862 à Bruxelles afin de rendre visite à son oncle le roi Léopold Ier. L’objectif de cette halte était surtout une rencontre qui avait été programmée le lendemain au château de Laeken entre la souveraine britannique et la princesse Alexandra de Danemark, accompagnée de sa mère. Satisfaite de cette entrevue, la reine Victoria avait directement poursuivi son voyage. A son tour, le prince de Galles arriva en Belgique le 8 septembre. Après un déjeuner à Laeken en présence du prince Christian et de la princesse Louise, il demanda la main d’Alexandra au cours d’une promenade dans le parc. Les fiançailles furent donc conclues à Laeken sous les auspices du roi Léopold Ier. 

De gauche à droite : le prince Christian de Danemark (futur roi Christian IX) et son épouse (née princesse
Louise de Hesse-Cassel), les ducs de Brabant Léopold et Marie-Henriette, la princesse Dagmar
de Danemark (future impératrice Maria Feodorovna de Russie) et les fiancés, la princesse Alexandra de
Danemark et le prince de Galles (futur roi Edouard VII)


Le mariage fut fixé au 10 mars 1863 dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor. Dans son voyage pour Londres, la famille royale danoise s’arrêta quelques jours en Belgique. Elle fut accueillie à la descente de son train par la duchesse de Brabant et le comte de Flandre. Le duc de Brabant se trouvait alors dans un long voyage à l’étranger qu’il avait entrepris à la fin du mois d’octobre 1862. Le jour même, un grand dîner fut offert au palais de Bruxelles en présence du corps diplomatique, puis la princesse Marie-Henriette accompagna la famille royale danoise au théâtre royal de la Monnaie. Le lendemain, un déjeuner a réuni le roi des Belges, la duchesse de Brabant, le comte de Flandre et leurs hôtes au château de Laeken. En soirée, les invités se sont rendus une nouvelle fois au théâtre. Le jour du mariage, la duchesse de Brabant et son beau-frère Philippe avaient effectué le déplacement jusqu'à Londres. Dans la procession des carrosses, ils occupaient tous deux des places de choix puisqu’ils se trouvaient aux côtés de la famille proche de la mariée : Marie-Henriette avec Frédéric et Dagmar de Danemark, frère et sœur de la mariée, tandis que Philippe était en compagnie des princesses Louise et Thyra, la mère et la sœur de la mariée. La peinture qui a été réalisée de l'événement à la demande de la reine Victoria montre d'ailleurs la duchesse de Brabant à l'avant-plan. La robe de mariée de la princesse Alexandra, réalisée avec de la dentelle de Bruxelles, avait été offerte par le roi Léopold Ier en guise de cadeau de noces.


Après cet épisode, les relations entre les deux cours royales durant le règne du roi Léopold II ne furent pas très prolixes. Il semble en effet qu’il faille attendre 1914, avec la visite officielle en Belgique du roi Christian X et de la reine Alexandrine, pour qu’un événement de cette nature unisse les deux royaumes. Le couple royal danois fut l’hôte du roi Albert Ier et de la reine Elisabeth du 19 au 22 mai. Cette visite officielle, la dernière qui eut lieu en Belgique avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, comprenait le 20 mai une revue des troupes qui dura près de trois heures. Il s’agissait en effet pour la Belgique d’envoyer un signal à l’étranger concernant ses capacités militaires. Après cette revue, les souverains se sont rendus à un concours hippique. Le 21 mai, une grande réception s’est déroulée au château de Laeken et coïncida avec l’inauguration, au travers d’un concert classique, du théâtre qui venait d’être restauré.

Le roi Albert et le roi Christian X lors de la revue des troupes
le 20 mai 1914 

Le 21 septembre 1926 furent célébrées les fiançailles du prince Léopold, duc de Brabant, avec la princesse Astrid de Suède. Sa mère la princesse Ingeborg était la fille du roi Frederik VIII et de la reine Louise de Danemark. Lors de sa naissance en 1900, ses parents avaient choisi la princesse de Galles, née princesse Alexandra de Danemark, une tante de la princesse Ingeborg, pour être l’une des marraines de l’enfant. Petite, la princesse Astrid a rendu régulièrement visite à ses grands-parents maternels dans des lieux tels que le château de Charlottenlund, édifice qui vit la naissance de sa mère, ou encore le château de Fredensborg où elle prenait plaisir à pêcher sur l’étang depuis une barque. La princesse Astrid était d’ailleurs tout à fait capable de comprendre la langue danoise. Le roi Frederik VIII décéda en 1912, succédé par son fils aîné Christian, et la reine Louise s’éteignit quelques mois avant le mariage de sa petite-fille, en mars 1926. L’une des sœurs d’Astrid, la princesse Margaretha, s’est d’ailleurs unie en 1919 avec un cousin germain de sa mère, le prince Axel de Danemark. Son autre sœur, la princesse Märtha, s’est quant à elle mariée en 1929 avec Olav, le prince héritier norvégien, mais qui naquit prince de Danemark en tant que petit-fils du roi Frederik VIII.

Le roi Christian X de Danemark, le roi Gustave V de Suède, le roi Albert
de Belgique et le roi Haakon VII de Norvège en compagnie de la
reine Elisabeth de Belgique et de la reine Alexandrine de Danemark

Au début du mois de mars 1926, en quête d’une fiancée pour son fils, la reine Elisabeth emmena Léopold en voyage en Suède afin d’y rencontrer incognito la famille du prince Carl et de la princesse Ingeborg. Mais ce n’était peut-être pas la première rencontre entre Léopold et Astrid. En effet, peu de temps auparavant, la princesse Astrid assista à Neuilly au baptême du prince Michel de Bourbon-Parme dont elle était la marraine. L’enfant était le fils du prince René de Bourbon-Parme et de son épouse, née Marguerite de Danemark, sœur du prince Axel et donc également une cousine germaine de la princesse Ingeborg. Lors de cette cérémonie, la reine Elisabeth était présente et le prince Léopold y fit une brève apparition. Par ailleurs, en mai de la même année, Léopold et Astrid figuraient parmi les invités d’un bal organisé au palais d’Amalienborg. Le lendemain, un thé avait réuni la jeune génération chez le prince Axel et la princesse Margaretha.

Mariage à Stockholm le 4 novembre 1926
Assis (de g. à d.) : la princesse Feodora de Danemark, la princesse Marie-José
de Belgique, la princesse Märtha de Suède, le prince Léopold et la princesse
Astrid, la princesse Ingrid de Suède et Alfhild Ekelund
Debout (de g. à d.) : le prince Carl de Suède, le prince Gustave Adolphe de Suède,
duc de Västerbotten, le prince héritier Olav de Norvège, Margarta Stähl,
le comte Claes Sparre, Anna Adelswärd, le prince Charles de Belgique,
comte de Flandre, le comte Folke Bernadotte, le baron Sigvard Beck-Friis,
Anne Marie von Essen et le baron Carl Strömfelt

Pour le mariage civil qui se déroula à Stockholm le 4 novembre, le roi Christian X, oncle maternel de la mariée, était présent avec son épouse et plusieurs autres membres de la famille royale danoise. Le 10 novembre, une cérémonie religieuse, qui avait cette fois-ci pour cadre Bruxelles, accueillit également le couple royal danois et plusieurs membres de leur famille. Le prince Axel de Danemark avait été choisi par Astrid pour être l’un de ses témoins. Et parmi ses demoiselles d’honneur figurait la princesse Feodora de Danemark, une cousine germaine. Trois enfants sont nés de cette union : Joséphine-Charlotte en 1927, Baudouin en 1930 et Albert en 1934. Lors des baptêmes, le prince Axel et la princesse Margaretha de Danemark effectuèrent le déplacement, tout comme naturellement les parents d’Astrid, mais aussi le prince et la princesse René de Bourbon-Parme. Cette dernière fut d’ailleurs choisie pour être la marraine du prince Baudouin. Dès leur plus jeune âge, les trois enfants du couple ont pris l’habitude de côtoyer, notamment lors de séjours auprès de leurs grands-parents maternels, les deux enfants du prince Axel et de la princesse Margaretha : le prince Georges né en 1920 et le prince Flemming né en 1922. La princesse Astrid, duchesse de Brabant, se rendit également au Danemark en 1933 afin d’assister au mariage de ses cousins germains le prince Knud et la princesse Caroline-Mathilde au château de Fredensborg.



La princesse Astrid et la princesse
Ingrid de Suède (future reine de Danemark)
Aérodrome de Haeren (1932) 
Le roi Albert et la reine Elisabeth ont effectué un voyage officiel au Danemark en 1928 à l’invitation des souverains. Lors des funérailles du roi Albert en 1934 ce fut le prince Axel, le beau-frère d’Astrid, qui représenta le Danemark ainsi que, quelques jours plus tard, lors de la prestation de serment du roi Léopold III. En 1935, l’Exposition universelle de Bruxelles attira le prince héritier Frederik de Danemark. Le prince Aage, comte de Rosenborg, le frère aîné du prince Axel qui avait renoncé à ses droits dynastiques en 1914, en avait déjà visité le chantier lors d’un séjour à Bruxelles. Du 18 mai au 12 juin 1935, le roi Léopold III et la reine Astrid ont effectué un voyage officiel en Suède. A leur arrivée, le roi Christian X et la reine Alexandra les convièrent à bord du Kongeskibet Dannebrog, le yacht royal qui était amarré à Stockholm. Le 24 mai fut célébré le mariage de la princesse Ingrid de Suède avec le prince héritier Frederik de Danemark, un cousin germain de la reine Astrid. Cette dernière s’entendait bien avec la princesse Ingrid, une petite cousine, qu’elle accueillit en Belgique en 1932. Ce voyage officiel fut le seul qui fut mené ensemble par le couple royal et le dernier séjour d’Astrid dans son pays natal. Décédée accidentellement en Suisse, les funérailles de la reine Astrid se déroulèrent le 3 septembre en présence du prince héritier Frederik et de la princesse Ingrid de Danemark, du prince Axel et de la princesse Margaretha de Danemark, sans oublier le prince et de la princesse René de Bourbon-Parme. Au même moment, un service funèbre réunissait le roi Christian X et la reine Alexandrine, ainsi que d’autres membres de la famille royale danoise, lors d’un service funèbre en la cathédrale catholique Saint-Ansgar de Copenhague.

Visite du roi Albert et de la reine Elisabeth au Danemark en 1928
Photo : Archives du Palais Royal



Entre 1936 et 1940, le roi Léopold III n’eut pas beaucoup l’occasion d’effectuer des voyages officiels à l’étranger. Face à la montée des périls en Europe, le roi Léopold III mena une action diplomatique dans le cadre du groupe d’Oslo, un groupe de sept pays neutres, initialement formé afin d’accroître les coopérations économiques entre ces pays. Il s’agissait de la Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, de la Suède, de la Norvège, du Danemark et de la Finlande. Le prince Eugène de Ligne, diplomate, fut d’ailleurs envoyé en mission et rencontra notamment le roi Christian X de Danemark. Mais seule la reine Wilhelmine des Pays-Bas semble avoir à l’époque prit véritablement part à cette stratégie diplomatique (sans grand succès) qui a abouti le 23 août 1939 à la conférence des sept Etats d’Oslo à Bruxelles à l’issue de laquelle le roi Léopold III lança un appel en faveur de la paix au nom des six autres chefs d’Etat concernés.

En 1947, le prince-régent Charles se fit représenter par le grand maréchal de la Cour, le comte Louis Cornet d’Elzius de Ways-Ruart, aux funérailles du roi Christian X. Depuis son exil en Suisse, le roi Léopold III fut pour sa part représenté aux funérailles par le prince Louis de Merode, envoyé en service extraordinaire. Le 19 septembre 1950, la princesse Joséphine-Charlotte assista au mariage de son cousin germain le prince Georges de Danemark avec Anne Bowes-Lyon au château de Glamis, en Ecosse. La mariée, qui avait divorcé deux ans plus tôt du vicomte Anson, était une nièce de la reine-mère Elisabeth du Royaume-Uni.

Mariage du prince Georges de Danemark et d'Anne Bowes-Lyon en 1950
Assis (de g. à d.) : lady Clinton et lord Clinton (grands-parents de la mariée), la reine-mère Elisabeth, la princesse Margaretha de Danemark, le prince Axel de Danemark et Mme John Bowes-Lyon (mère de la mariée)
Debout (de g. à d.) : la comtesse Grandville, le comte de Strathmore, la princesse Joséphine-Charlotte de Belgique, le prince Carl Bernadotte, la princesse Ragnhild de Norvège, le prince héritier Olav de Norvège, le comte Grandville, les mariés, le comte Flemming de Rosenborg, la princesse Astrid de Norvège, Simon Bowes-Lyon, Diana Bowes-Lyon, la princesse Margaret, David Bowes-Lyon et la comtesse Ruth de Rosenborg

Le roi Baudouin assista en 1958 à Stockholm aux funérailles de sa grand-mère maternelle, née princesse Ingeborg de Danemark. Lors de cette cérémonie, le jeune souverain rencontra probablement le roi Frederik IX pour la première fois. Lors du mariage du prince Albert et de la princesse Paola en 1959, le prince Axel et la princesse Margaretha de Danemark figuraient parmi les invités. L’année précédente, ils se trouvaient déjà en Belgique afin de visiter l’Exposition universelle de Bruxelles. En 1960, le couple représenta également la famille royale danoise au mariage du roi Baudouin et de la reine Fabiola. Le prince Georges et la princesse Anne, sans oublier le prince et la princesse René de Bourbon-Parme, avaient également effectué le déplacement.



Après le décès du prince Axel de Danemark le 14 juillet 1964, le roi Léopold III se rendit à Copenhague afin d’y saluer la dépouille mortelle du défunt et présenter ses condoléances à son ancienne belle-sœur la princesse Margaretha. Le roi Baudouin et la reine Fabiola assistèrent ensuite aux funérailles à Copenhague. Le 18 septembre 1964, à Athènes, le couple royal belge fut présent au mariage du roi Constantin II de Grèce et de la princesse Anne-Marie de Danemark, la troisième fille du roi Frederik IX et de la reine Ingrid. En 1965, la princesse Margrethe, héritière présomptive du trône danois, représenta son pays aux funérailles de la reine Elisabeth à Bruxelles.



La princesse Margrethe, le roi Frederik IX, la reine Fabiola, le roi Baudouin,
la reine Ingrid et la princesse Benedikte
Photo : Collection personnelle Valentin Dupont
Le roi Baudouin et la reine Fabiola effectuèrent une visite d’Etat au Danemark en 1966. Ils quittèrent en train la halte royale de Laeken le 7 février. A la dernière minute, le ministre des Affaires étrangères Paul-Henri Spaak n’embarqua finalement pas avec le couple royal, à la suite d’une crise politique au sein du gouvernement belge. Arrivés à Copenhague, le roi Baudouin et la reine Fabiola furent accueillis par le roi Frederik IX et la reine Ingrid, accompagnés de leur fille la princesse Margrethe et de la princesse Margaretha, la tante du roi Baudouin. La princesse Benedikte de Danemark, princesse de Sayn-Wittgenstein-Berleburg, assista à plusieurs activités lors de cette visite d’Etat aux côtés de ses parents et de sa sœur aînée. Le couple royal belge fut de retour à Bruxelles le 11 février après avoir emprunté un Douglas DC-6 de la force aérienne.

Photo : Archives du Palais Royal

Visite d'Etat en Belgique en 1968
Photo : Archives du Palais Royal
Le 10 juin 1967, le roi Baudouin et la reine Fabiola assistèrent au mariage de la fille aînée des souverains danois, la princesse Margrethe, avec le comte Henri de Laborde de Monpezat. L’année suivante, au mois de juin, le roi Frederik IX et la reine Ingrid effectuèrent à leur tour une visite d’Etat en Belgique. Les deux souverains découvrirent notamment le plan incliné de Ronquières qui venait d’être mis en service, tandis que leurs épouses visitèrent le home « Notre Abri » à Uccle. En octobre 1969, ce fut au tour de la princesse Margrethe et du prince Henrik de se rendre en Belgique au cours d’un déplacement semi-officiel de six jours à l’occasion des journées danoises organisées dans la capitale belge. Accueillis à l’aéroport par le prince Albert et la princesse Paola, une rencontre avec le roi Baudouin et la reine Fabiola fut organisée par la suite en présence de la presse. Durant ce séjour, le couple logea au château de Laeken. Outre les visites d’expositions et de firmes danoises implantées en Belgique, le couple assista en compagnie des princes de Liège à un concert du « Quatuor danois ».

La princesse Margrethe II et le prince Henrik en Belgique en 1969
Photo : Archives du Palais Royal

Funérailles du roi Frederik IX en 1972
En 1972, le roi Baudouin et la reine Fabiola se sont rendus à Copenhague afin d’assister aux funérailles du roi Frederik IX. La reine Margrethe II et le prince Henrik effectuèrent une visite d’Etat en Belgique en novembre 1976. Outre la traditionnelle réception à l’hôtel de ville de Bruxelles en présence du couple royal, les souverains danois se sont rendus à Bruges, Liège et sont passés par le château de Ciergnon. En 1983, la reine-mère Ingrid représenta la famille royale danoise lors des funérailles du roi Léopold III. Elle fut jadis proche de sa cousine la reine Astrid dont elle entretint le souvenir auprès de ses trois filles. A l'occasion du mariage de la princesse Astrid et de l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este en 1984, le prince héritier Frederik se rendit officiellement en Belgique pour la première fois. Le roi Baudouin et la reine Fabiola se sont rendus une dernière fois au Danemark en 1989 à l’occasion des noces d’argent du roi Constantin II et de la reine Anne-Marie de Grèce, le beau-frère et la sœur de la reine Margrethe II. Ils prirent part au dîner offert par la reine-mère Ingrid au château de Kronborg et au dîner de gala organisé au château de Fredensborg.

Visite d'Etat en Belgique en 1976
Photo : Archives du Palais Royal
Noces d'argent du roi Constantin II et de la reine Anne-Marie de Grèce en 1989

Au Danemark du 10 au 13 septembre 1991 afin d’assister aux exercices bisannuels de la force mobile de l’OTAN, le prince Philippe fut l’hôte de la reine Margrethe II au palais d’Amalienborg, la résidence d’hiver de la famille royale. L’année suivante, le prince Philippe était de retour au Danemark, accompagné de la princesse Astrid, de l’archiduc Lorenz et du prince Laurent. Les neveux du roi Baudouin étaient invités aux festivités organisées durant trois jours à l’occasion des noces d’argent de la reine Margrethe II et du prince Henrik. Après leur arrivée le 9 juin, ils assistèrent à un grand dîner au château de Kronborg. Le lendemain, ils prirent part au réveil matinal en fanfare des jubilaires, suivi d’un petit-déjeuner, d’une apparition de la reine Margrethe II au palais d’Amalienborg et d’un bal en soirée clôturé à trois heures du matin par un petit-déjeuner chinois. Le 11 juin, jour des 58 ans du prince Henrik, alors que certains invités avaient déjà quitté le Danemark, les invités belges ont pris place à bord d’un train à vapeur pour effectuer le trajet entre Fredensborg et Elseneur, avant de monter à bord du yacht royal KDM Dannebrog pour un déjeuner, puis un dîner en soirée. Les princes Philippe et Laurent ont par ailleurs assisté en juin 1994 aux célébrations organisées à l'occasion des 60 ans du prince Henrik.



Photo : Place Royale / RTL Belgium
La reine Margrethe II et le prince Henrik étaient présents aux funérailles du roi Baudouin en 1993. Le nouveau couple royal belge se rendit au Danemark en visite d’Etat du 16 au 18 mai 1995. Accueillis par la reine Margrethe II et le prince Henrik qui étaient accompagnés de la princesse Benedikte et du prince Joachim, le roi Albert II et la reine Paola ont pris la direction du château de Fredensborg pour un déjeuner auquel se joignit la reine-mère Ingrid. Alors que les souverains belges offrirent à la reine Margrethe II un cabinet d’ébène et de palissandre incrusté d’ivoire réalisé par un artiste anversois du XVIIème siècle, les cadeaux que reçurent Albert et Paola étaient d’une toute autre nature : une chaîne hi-fi d’une marque danoise, avec la première symphonie de Niels Wilhelm Gade et un CD de jazz. Au programme figuraient notamment une réunion de travail sur la rénovation de la ville de Copenhague qui se déroula en présence du roi Albert II et du prince Henrik, ou encore la visite du centre de préservation de l’artisanat de Raadvad pour la reine Paola, la reine Margrethe II et la princesse Benedikte. La visite d’Etat s’est achevée avec une traversée de Copenhague en landau, une réception à l’hôtel de ville et un ballet au théâtre royal. Au cours de ce séjour, le roi Albert II et la reine Paola n'ont pas dérogé à la tradition, instaurée en 1841, voulant que les invités officiels du souverain danois signent des vitres qui sont ensuite installées au château de Fredensborg.

Le prince Laurent a assisté au château de Frederiksborg le 18 novembre 1995 au mariage du prince Joachim avec Alexandra Manley qui s’est soldé par un divorce dix ans plus tard. En août 1996, le roi Albert et la reine Paola ont été invités par la reine Margrethe II et le prince Henrik à assister au concert de clôture de « L’été des Grands interprètes dans la vallée du Lot » en l’église Saint-Barthélemy de Cahors. Le couple possède le château de Caïx, situé dans une commune voisine. Pour le mariage du prince Philippe et de la princesse Mathilde en 1999, la reine Margrethe II et le prince Henrik ont effectué le voyage en Belgique. Le couple royal belge s’est de nouveau rendu au Danemark le 14 novembre 2000 afin d’assister aux funérailles de la reine-mère Ingrid à la cathédrale de Roskilde.



Du 28 au 30 mai 2002, la reine Margrethe II et le prince Henrik se sont rendus une seconde fois en visite d’Etat en Belgique. Ils ont été accueillis à leur arrivée par le prince Philippe et la princesse Mathilde à la gare de Bruxelles-Midi. En dehors des activités incontournables du premier jour telles que la cérémonie d’accueil officielle sur la place des Palais, le déjeuner au palais royal, la cérémonie à l’hôtel de ville de Bruxelles et le dîner de gala au château de Laeken, le prince Henrik et le prince Philippe ont inauguré un séminaire belgo-danois sur les biotechnologies. Le 29 mai, les deux couples royaux se sont rendus à Namur avec plusieurs haltes au programme comme au théâtre royal, à la citadelle, au palais provincial, mais aussi dans une entreprise vinicole et une parfumerie. Ils se sont également arrêtés aux moulins de Berz, reconnus par la fédération européenne du patrimoine culturel Europa Nostra alors placée sous la présidence du prince Henrik, ainsi qu’au laboratoire d’analyse médicale de GlaxoSmithKline à Gembloux. Le soir, le dîner de retour avait pour cadre le Cercle Royal Gaulois. Le dernier jour de la visite d’Etat, les deux couples ont visité la ville de Bruges que connaissaient déjà la reine Margrethe II et le prince Henrik.

Visite d'Etat en Belgique le 28 mai 2002 : accueil des ducs de Brabant
Photo : Archives du Palais Royal
Visite d'Etat en Belgique le 29 mai 2002 : dîner au Cercle Royal Gaulois
Photo : Archives du Palais Royal

Baptême de la princesse Isabella en 2007
Photo : DR1
Après une soirée de gala au théâtre royal de Copenhague, la famille royale belge au grand complet, à l’exception de la reine Fabiola, a assisté au mariage du prince héritier Frederik et de Mary Donaldson le 14 mai 2004. La même année, en décembre, la princesse Mathilde a visité le centre européen de l’Unicef au Danemark. Le 21 janvier 2006, le prince Philippe et la princesse Mathilde figuraient parmi les invités au baptême du prince Christian, appelé un jour à monter sur le trône danois. Quelques mois plus tard, en novembre, le prince héritier Frederik et la princesse héritière Mary ont visité les institutions européennes basées à Bruxelles. Pour leur second enfant, la princesse Isabella, le couple a choisi la princesse Mathilde pour être l’une de ses marraines, aux côtés de trois autres personnes dont la princesse Alexia de Grèce. La princesse Mathilde assista seule au baptême le 1er juillet 2007. L’année suivante, ce fut le prince Philippe qui assista seul aux 40 ans du prince héritier Frederik dans l’orangerie du château de Fredensborg.


Sans aucune médiatisation, le prince Philippe, duc de Brabant, a célébré ses 50 ans le week-end du 23 et 24 avril 2010 en présence de plusieurs membres du gotha, dont le prince héritier Frederik et la princesse héritière Mary. Le premier jour, les invités ont visité le Musée Magritte avant la soirée organisée dans les serres royales de Laeken. Le lendemain, un brunch à l’Hôtel Plaza a réuni les invités avant leur départ de Bruxelles. Le 23 octobre 2011, la princesse Astrid de Belgique et le prince Joachim de Danemark ont assisté à Bruxelles à l’ouverture de la nouvelle église danoise Vor Frue Kirke. Le 26 janvier 2012, à l’occasion de la présidence danoise du Conseil européen, le prince héritier Frederik et la princesse héritière Mary ont assisté à un concert de jazz à Flagey en compagnie des ducs de Brabant. Ces derniers se sont rendus quelques jours plus tard au Danemark pour une fête organisée au palais d’Amalienborg pour les 40 ans de la princesse héritière Mary. En mars, le prince héritier Frederik était de retour en Belgique pour visiter le quartier général de l’OTAN.



Les deux couples d’héritiers, qui ont développé de réels liens d'amitié, avaient l’habitude d’assister au Forum économique mondial de Davos en Suisse. En janvier 2013, les princesses Mathilde et Mary s’y sont ainsi retrouvées lors d’une conférence. Ils ont également participé à plusieurs réunions informelles réunissant les héritiers des monarchies européennes, comme en mars 2013 aux Pays-Bas où seule la princesse héritière Mary était cette fois-là présente. Après l’abdication du roi Albert II, le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué, avant d’entreprendre des visites d’Etat, une série de visites de courtoisie d’un jour dans les pays voisins et plusieurs pays européens. Alors qu’ils se sont rendus en Suède et en Norvège, le couple royal ne s’est pas arrêté au Danemark lors de sa tournée à l’étranger. En mars 2014, le prince Joachim s'est de nouveau rendu en Belgique pour une visite de l'Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola à Bruxelles. Le 12 décembre 2014, la reine Margrethe II assistait aux funérailles de la reine Fabiola.



Le roi Philippe et la reine Mathilde se sont rendus à Copenhague le 15 avril 2015 pour prendre part au dîner de gala organisé afin de célébrer les 75 ans de la reine Margrethe II au palais de Christiansborg. Le lendemain, avec les autres invités royaux, le couple a assisté au réveil de la souveraine avec fanfare, sous ses fenêtres au château de Fredensborg. Le 13 juin 2015, la reine Mathilde a retrouvé la princesse héritière Mary lors du mariage du prince Carl Philip de Suède.




Le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué une visite d'Etat au Danemark du 28 au 30 mars 2017. Le prince Henrik, ayant pris sa « retraite » en janvier 2016, n'a finalement pas pris part aux obligations liées à cette visite d'Etat. Quant à la princesse Benedikte, initialement annoncée, elle fut absente du programme officiel à la suite du décès de son époux survenu le 13 mars. Le roi Philippe et la reine Mathilde ont donc été accueillis à l'aéroport par la reine Margrethe II, les héritiers ainsi que par le prince Joachim et sa seconde épouse la princesse Marie. Ensuite, ils se sont rendus en landau jusqu'au palais de Christiansborg. Dans l'après-midi, le couple royal a retrouvé les héritiers pour un tour en bateau du port de Copenhague. Durant cette journée, la reine Mathilde eut l'occasion de revoir sa filleule, la princesse Isabella, qui a déjà séjourné de manière privée en Belgique. En soirée, la reine Margrethe II a offert un dîner de gala au palais de Christiansborg en présence de ses deux fils et belles-filles, ainsi que de la princesse Elisabeth, la fille du prince Knud et de la princesse Caroline-Mathilde. Dans son discours, la reine Margrethe II a rappelé les liens unissant les deux familles royales depuis le mariage de Léopold et Astrid en 1926. La souveraine indiqua que la reine Astrid et sa mère n'était pas seulement des cousines, mais des amies depuis leur enfance. Elle ajouta d'ailleurs : « Mes sœurs et moi, nous nous souvenons bien de la manière dont la reine-mère Ingrid évoquait avec amour et un profond regret Tante Astrid. Son portrait n'a jamais quitté ses appartements ».


Photo : Palais Royal
Le 29 mars, le roi Philippe et la reine Mathilde ont participé à plusieurs activités chacun de leur côté, accompagnés du prince héritier Frederik et de la princesse héritière Mary. Les deux hommes avaient un programme axé notamment sur l'économie, les villes intelligentes, les énergies renouvelables et le développement durable. Après une table ronde sur la Princess Mary Foundation, leurs épouses ont visité une école qui collabore avec la fondation de la princesse héritière concernant un projet luttant contre le harcèlement. Elles ont ensuite visite la Cité de l'ONU qui abrite à Copenhague onze agences onusiennes, avant de prendre part à un déjeuner de travail au sujet des dix-sept Objectifs de développement durable dont la reine Mathilde est l'un des défenseurs pour les Nations Unies depuis 2016. Les deux couples se sont retrouvés en après-midi à la Cinémathèque de Copenhague où un événement promouvant la Belgique était organisé. Avant la réception de retour, le roi Philippe et le prince héritier Frederik ont effectué une pause de trois quart d'heure au cours d'une séance de jogging. En soirée, le couple royal belge a offert à la Bibliothèque royale de Copenhague un concert de l'Orchestre National de Belgique suivi d'un dîner officiel en l'honneur de la reine Margrethe II, en présence des mêmes membres de la famille royale danoise qu'au dîner de gala. Le 30 mars en matinée, avant de prendre congé de la reine Margrethe II, le couple royal a signé, comme le veut la tradition, une vitre destinée au château de Fredensborg.

Photo : Cour Royale de Danemark

18 janvier 2017

Divorce du prince Louis de Luxembourg

Photo : Valentin Dupont / Royalement Blog / Tous droits réservés

Communiqué de la Cour
Leurs Altesses Royales le Grand-Duc et la Grande-Duchesse ont le regret d’annoncer que le Prince Louis et la Princesse Tessy ont décidé de divorcer. Dans ces circonstances douloureuses, ils comptent sur la compréhension de tous pour respecter la sphère privée du couple et de leurs enfants. 

Palais grand-ducal, le 18 janvier 2017

Communiqué de la Princesse Tessy
Je suis très triste de confirmer que Louis et moi allons divorcer après 12 années de vie commune. Malgré notre séparation, nous resterons toujours unis au travers de nos deux précieux garçons. 
Il est extrêmement triste pour nous deux de réaliser que nous allons désormais emprunter des parcours de vie différents. 
Dans ces circonstances douloureuses, je demande que notre vie privée, et particulièrement la vie privée de nos enfants, soit respectée. Aucun autre commentaire ne sera donné à ce stade.



Le communiqué de la Cour grand-ducale a malheureusement confirmé ce que certains redoutaient depuis plusieurs jours. Le couple s'était marié civilement au palais grand-ducal et religieusement en l'église de Gilsdorf le 29 septembre 2006. Le prince Louis avait renoncé à ses droits dynastiques le 22 août 2006. En effet, un fils prénommé Gabriel était né de leur relation le 12 mars 2006 à Genève. Cette renonciation permettait de mettre sur un pied d'égalité leur fils né hors-mariage avec les éventuels autres enfants à naître. Le couple a donné naissance à un second fils, Gabriel, né le 21 septembre 2007 à Luxembourg.

L'épouse du prince Louis s'était vue octroyer les titres de Princesse de Luxembourg, Princesse de Nassau et Princesse de Bourbon-Parme avec qualification d'Altesse Royale par le grand-duc Henri le 23 juin 2009, jour de la fête nationale. Un divorce entraînera plus que probablement la perte de ces titres. 

14 janvier 2017

Fiançailles de la princesse Marie-Gabrielle de Nassau

Antonius Willms et la princesse Marie-Gabrielle
aux côtés de la princesse Astrid de Liechtenstein
à Beloeil le 18 juin 2016
Photo : Valentin Dupont / tous droits réservés
Plusieurs sites spécialisés annoncent que la princesse Marie-Gabrielle de Nassau et son petit ami Antonius Willms ont officialisé leur relation. La fiancée est la fille du prince Jean de Luxembourg et de Madame Hélène Vestur. Le couple était présent en juin dernier au mariage de la princesse Alix de Ligne et du comte Guillaume de Dampierre. Ils s'uniront civilement à Luxembourg, avant de se marier religieusement plus tard à Malaga. Leur ancêtre commune la plus proche est la princesse Marie-Caroline de Bourbon-Siciles (1798-1870). 


Marie-Gabrielle Cécile Charlotte Sophie de Nassau est née par césarienne le 8 septembre 1986 à Paris. Quelques jours plus tard, son père le prince Jean de Luxembourg a renoncé à ses droits dynastiques pour des raisons privées. Ce n'est qu'avec le mariage de ses parents rendu public le jour-même, le 27 mai 1987, que l'existence de Marie-Gabrielle a été dévoilée au grand public. A l'époque, sa mère Hélène Vestur était auditeur au Conseil d'Etat.

Dans une interview accordée au magazine Point de Vue en 1988, son père s'est expliqué sur les choix de ses prénoms. Parce que née le jour de la Nativité de la Sainte Vierge, ses parents ont opté pour « Marie-Gabrielle », un prénom qui fait également référence à une tante paternelle du prince Jean. « Sophie » est une référence à la grand-mère maternelle de l'enfant, tout comme « Charlotte » l'est naturellement pour sa grand-mère paternelle Joséphine-Charlotte et son arrière-grand-mère la grande-duchesse Charlotte décédée l'année précédente. Le prénom de « Sophie » a été choisi pour son étymologie grecque renvoyant à la sagesse et parce que plusieurs cousines et amies du couple se nomment ainsi.

Marie-Gabrielle avec ses parents
et son frère Constantin en 1988
Par arrêté grand-ducal pris par son grand-père le grand-duc Jean le 21 septembre 1995 Marie-Gabrielle se voit accorder le titre de Comtesse de Nassau, avant de devenir Princesse de Nassau avec qualification d'Altesse Royale par arrêté grand-ducal pris par son oncle le grand-duc Henri le 24 novembre 2004.

Marie-Gabrielle âgée de 5 ans
en 1991
Trois frères sont nés à Paris après le mariage de ses parents : Constantin en 1988, Wenceslas en 1990 et Carl-Johann en 1992. Tous les quatre sont proches de leurs cousins luxembourgeois avec lesquels ils ont souvent partagés des vacances d'été dans le sud de la France, dans la propriété de Cabasson. En 2004, ses parents ont divorcé, ce qui n'a pas empêché la famille grand-ducale de conserver d'excellents contacts avec sa mère. Son père s'est remarié en 2011.

La princesse Marie-Gabrielle a fréquenté entre 2007 et 2009 le Goldsmiths College de l'Université de Londres réputé pour son département d'art. Elle y a décroché un bachelier en cultures visuelles. Ensuite, elle a obtenu en 2012 un master en arts et affaires au Sotheby's Institute of Art de Londres. Elle travaille actuellement dans les domaines de l'architecture et du design d'intérieur. Sa dernière apparition au Luxembourg remonte au 9 janvier 2016 lors de la célébration du 95ème anniversaire de son grand-père le grand-duc Jean à la Philharmonie de Luxembourg.

De gauche à droite : le prince Wenzeslas, le prince Constantin, la princesse
Marie-Gabrielle et le prince Carl-Johann
Photo : SIP / Julien Warnand / tous droits réservés


Hayo et Minki Willms au
Luxembourg en 2015
Photo : Isabella Finzi/Le Jeudi
Antonius Benedikt Clemens Douglas Emanuel Willms est né le 22 décembre 1988 à Atlanta, aux Etats-Unis. Il est le fils de Hayo Willms et de la comtesse Maria Theresia dite « Minki » von Goëss-Saurau. Il a un frère et deux sœurs : Marie Caroline née en 1979, Johannes né en 1980 et Anna Sophie née en 1991. Leur père a fait carrière dans le secteur bancaire et il dirigea un temps la branche allemande de la banque Rothschild. Il est également le parrain de l'archiduchesse Antonia, fille de l'archiduc Carl-Peter et de l'archiduchesse Alexandra d'Autriche.

Le fiancé de la princesse Marie-Gabrielle a fréquenté l'Ecole européenne de Luxembourg de 1996 à 2007. Il y a obtenu son baccalauréat. Après un stage de deux mois en 2007 au sein de la banque Rothschild, il s'est inscrit à l'Université de St Andrews en Ecosse. Durant ces études, il s'est investi dans le comité Oktoberfest de l'université qui organisait des événements en vue de récolter des fonds en faveur d'une association venant en aide aux familles avec enfants souffrant d'un cancer ou d'une leucémie. Il a décroché un master en économie et en histoire moderne en 2012. Durant son cursus universitaire, il a accompli des stages dans un groupe luxembourgeois spécialisé dans la gestion d'actifs, au sein de la marque allemande de vêtements Lodenfrey et dans une société basée à Francfort proposant des activités de conseil d'un point de vue énergétique. Antonius Willms a entamé sa carrière professionnelle en 2013 comme consultant chez PricewaterhouseCoopers à Munich. En mars 2016, il a quitté ce célèbre cabinet d'audit et de conseil pour travailler à son propre compte.

Royalement Blog présente ses félicitations au couple et à leurs familles ! 

12 janvier 2017

L'amitié entre la famille royale belge et la famille impériale japonaise

Le traité de 1866
La Belgique et le Japon ont conclu en 1866 un traité bilatéral d'amitié, de commerce et de navigation. Le jeune Etat cherchait alors à développer ses relations internationales et était le neuvième pays occidental à sceller un tel traité avec l'Empire du Soleil levant. L'année suivante, Tokugawa Akitake, seigneur du domaine d'Aizu, s'est rendu en Europe afin de visiter l'Exposition universelle de Paris. Ce frère cadet du shogun Tokugawa Yoshinobu et sa délégation ont également effectué un séjour en Belgique où ils furent reçus par le roi Léopold II et où ils assistèrent à une somptueuse soirée au Palais de Bruxelles. Lors de l'audience, les propos du monarque furent axés sur le commerce. Indiquant à la délégation que le niveau de santé d'un pays se mesurait à l'usage de l'acier, il leur conseilla de visiter des fonderies belges et de passer commande. Le samouraï de la délégation fut consterné par ces propos considérés comme brutaux. En effet, le confucianisme demandait alors aux autorités de se tenir à l'écart de telles discussions visant des profits économiques. 

La mission Tokugawa en Belgique en 1867

En 1868, conséquence de l'ouverture du Japon vis-à-vis de l'extérieur, le shogunat fut aboli et l'empereur Meji retrouva ses pouvoirs. Dans l'optique de moderniser le pays, l'empereur et son gouvernement ont envoyé en 1871 une mission emmenée par le ministre Iwakura aux Etats-Unis et en Europe. Ses membres ont été reçus par le roi Léopold II lors de leur passage en Belgique. D'autres missions d'études ont suivi. C'est ainsi qu'en 1882 la Banque du Japon a été fondée sur la base de la Banque nationale belge. A cette époque également, des officiers japonais étaient invités aux grandes manœuvres militaires qui se tenaient notamment à Beverlo. En 1896, les deux pays sont signé un nouveau traité de commerce et de navigation.

Le prince Kotohito Kan'in
Deux ans plus tard, en avril 1900, la Belgique a accueilli son premier visiteur impérial : le prince Kotohito Kan'in. Issu d'une branche cadette de la famille impériale, le prince avait été adopté par l'empereur Kōmei. Ce militaire, frère adoptif de l'empereur Meji, avait participé à la guerre sino-japonaise quelques années auparavant. En 1905 a éclaté la crise de Tanger : l'empereur Guillaume II d'Allemagne protesta contre les ambitions françaises au Maroc. Le roi Léopold II, qui nourrissait alors des projets au Maroc, s'était rangé du côté du Kaiser, dont le Japon était un allié. Assistant en juin 1905 à Berlin au mariage du prince héritier Frédéric-Guillaume, le prince Albert précise justement à son oncle dans une lettre : « Les festivités se sont déroulés (sic) sans incidents notables, les Japonais, très bien reçus par l'Empereur, ont été assez vexés du sans-gêne avec lesquels les Princes et surtout les Princesses les ont traités ; j'ai à peine besoin de vous dire que nous nous sommes gardés de suivre cet exemple ». Cette crise a été résolue en 1906 par la conférence d'Algésiras, à laquelle participa la Belgique. 

Le prince et la princesse Kuni Kuniyoshi,
parents de la future impératrice Nagako
En juin 1909, le prince et la princesse Kuni Kuniyoshi ont effectué une visite en Belgique. Le prince, qui fut autorisé à fonder une nouvelle branche au sein de la famille impériale par l'empereur Meji, étudiait alors la tactique militaire en Allemagne et était attaché à un régiment prussien. Ils sont les parents de la princesse Nagako de Kuni, future impératrice du Japon. A la suite du décès du roi Léopold II le 17 décembre 1909, l'empereur Meji demanda au baron Kurino, ambassadeur en poste à Paris, de représenter le Japon aux funérailles le 22 décembre à Bruxelles, puis le lendemain lors de la prestation de serment du roi Albert. Ce dernier a adressé une lettre, en février 1910, afin de remercier le « Très Haut, Très Excellent et Très Puissant Prince Sa Majesté Impériale et Royale l'Empereur du Japon, Notre bon Frère et Cousin ». Dans cette missive, le roi Albert annonçait également l'envoi d'une mission au Japon, présidée par le baron Constant Goffinet, l'intendant de la Liste Civile, afin de notifier officiellement à l'empereur son avènement au trône. 

Le prince et la princesse Fushimi Hiroyasu
En mai 1910, le prince et la princesse Fushimi Hiroyasu ont effectué une visite en Belgique et ont été reçus par le roi Albert. Le neveu du prince Kotohito Kan'in, de passage en Belgique dix ans auparavant, s'était d'ailleurs vu remettre à titre militaire les insignes de Grand-Croix de l'Ordre de Léopold. Le prince Fushimi Hiroyasu a étudié en 1909 et 1910 en Grande-Bretagne. A cette époque, les empereurs Meji puis Taishō entretenaient avec le souverain belge une correspondance formelle destinée à informer la Cour de Belgique des grands événements de la famille impériale. En 1911, une exposition permanente devant permettre de favoriser les échanges commerciaux entre les deux pays a vu le jour sous l'impulsion du roi Albert dans la tour japonaise qui était alors une annexe du musée commercial. Cette tour, inaugurée en 1905, a été construite à la demande du roi Léopold II qui l'avait ensuite incorporée à la Donation royale. 




Durant la Première Guerre mondiale, l'attitude de la Belgique et de son Roi a marqué les esprits au Japon. De l'argent y fut ainsi collecté à destination des réfugiés belges. L'empereur Taishō aurait également envoyé une épée en or au Roi-Chevalier. En juin 1921, le prince héritier Hirohito effectua une visite officielle en Belgique. Pour la première fois, un futur empereur quittait le Japon pour une tournée de six mois en Europe, chaperonné par son grand-oncle adoptif le prince Kotohito Kan'in, déjà venu en Belgique en 1900. Arrivant de Paris, Hirohito fut accueilli par le roi Albert et son fils aîné le prince Léopold. Cette visite coïncida avec l'élévation au rang d'ambassades de la légation japonaise installée à Bruxelles depuis 1898 et de la légation belge au Japon, d'abord située à Yokohama en 1873 (un consulat y avait déjà vu le jour en 1867) avant d'être déménagée à Tokyo en 1893. Le prince Hirohito se rendit avec le prince Léopold sur le site de la Bataille de Waterloo ainsi qu'à Ypres, une ville sévèrement touchée lors de la Première Guerre mondiale. Celui qui allait accéder au trône cinq ans plus tard a également tenu à visiter les ruines de la bibliothèque de Louvain, incendiée par les Allemands. Le Japon avait fortement contribué en 1919 au financement de la reconstruction d'une nouvelle bibliothèque dont les travaux furent achevés en 1928. La Belgique sut rendre la pareille en 1923 à la suite d'un séisme qui fit plus de 100.000 morts au Japon. L'Etat belge avait alors été le troisième plus grand donateur étranger après les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

Le prince et la princesse
Higashifushimi Yorihito
Le prince Charles fut le premier membre de la famille royale belge à se rendre au Japon. En effet, le prince de Galles, futur Edouard VIII, invita le prince Charles alors aspirant de marine à prendre part à un voyage à bord du Renown devant le conduire jusqu'aux Indes et au Japon. Le navire fit son entrée dans le port de Tokyo le 12 avril 1922. Le lendemain, le fils cadet du roi Albert a assisté à une réception où il rencontra la princesse Higashifushimi Yorihito, avant de se rendre dans le palais de son époux. Cet amiral qui prit part à la guerre russo-japonaise était le dernier descendant d'une branche cadette de la famille impériale et avait été adopté par l'empereur Meiji en 1869. Le prince Higashifushimi Yorihito est décédé deux mois plus tard, le 27 juin. Outre cette rencontre, le prince Charles a répondu à plusieurs invitations non officielles de membres de la famille impériale et sa personnalité aurait, dit-on, fait bonne impression auprès de l'impératrice Sadako, passée à la postérité sous le nom de Teimei. Le navire fit ensuite escale à Kobe où le prince Charles visita notamment le tombeau de l'empereur Meiji et de l'impératrice Shōken. 

Le prince et la princesse Takamatsu avec la famille royale belge
Les visites de membres de la famille impériale se sont succédé puisqu'en avril 1925 ce fut au tour du prince et de la princesse Asaka de se rendre en Belgique. La princesse était l'une des filles de l'empereur Meji. Son époux, demi-frère du prince Kuni Kuniyoshi, avait obtenu l'autorisation de fonder une branche cadette au sein de la famille impériale. En juillet 1930, la famille royale belge accueillit cette fois le prince et la princesse Takamatsu en tournée à travers l'Europe. La Belgique célébrait cette année-là son centenaire et le couple princier prit part à une grande cérémonie qui réunissait toute la famille royale belge, y compris la princesse Clémentine et son fils le prince Louis Napoléon. Le frère et la belle-sœur de l'empereur Hirohito furent également reçus au château de Laeken pour un dîner de gala. 

Dîner de gala en l'honneur du prince et de la princesse Takamatsu en 1930
Photo : Van Parys

Le développement des bonnes relations entre les deux pays fut stoppé à la suite de l'invasion japonaise en Mandchourie en septembre 1931, un acte dénoncé par la plupart des chancelleries occidentales et qui a conduit au retrait du Japon de la Société des Nations trois années plus tard. A cette époque, le prince Léopold et la princesse Astrid préparaient un voyage en Extrême-Orient pour le printemps 1932 et l'étape japonaise fut naturellement supprimée. La création de l'Etat fantoche du Mandchoukouo en territoire chinois cristallisait les poussées nationaliste et militariste existant alors au Japon. Dès la guerre du Pacifique en 1941, les Alliés ont suspendu leurs relations avec le Japon.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Japon fut placé entre 1945 et 1952 sous occupation militaire alliée. Il fut décidé de maintenir le système impérial. Une présence diplomatique belge fut restaurée au Japon dès 1946, accréditée auprès du commandant supérieur des forces alliées. En juillet 1949, la Belgique et le Japon ont restauré leurs relations diplomatiques par la signature d'un traité commercial. Le 8 septembre 1951, la Belgique était l'un des quarante-huit signataires du traité de San Francisco dont l'entrée en application moins d'un an plus tard restaura l'indépendance du Japon. 

Photographie du roi Baudouin prise par le prince
Akihito lors de son séjour en Belgique en 1953
Photo : Agence de la Maison impériale
En juillet 1953, le prince héritier Akihito, âgé de dix-neuf ans, s'est rendu aux cérémonies du couronnement de la reine Elizabeth II. C'est là qu'il rencontra pour la première fois le prince Albert de Belgique, d'un an son cadet. Ils étaient alors les deux plus jeunes princes de l'assemblée. Le prince héritier japonais visita également quatorze pays en Europe et se rendit aux Etats-Unis. De passage en Belgique, le roi Baudouin, trois ans plus âgé, invita la prince Akihito à passer deux nuits au château de Laeken. La princesse Maria-Esméralda a raconté dans l'ouvrage Léopold III, mon père (2002) que le prince Akihito désira absolument monter Silver Lining, le cheval blanc de la princesse Lilian, réputé pour être peu docile. C'est donc avec la quasi-certitude qu'il serait jeté à terre que la famille royale s'étonna de voir le prince héritier japonais parvenir à maîtriser sa monture. Après cet épisode, Akihito a indiqué qu'en tant que prince héritier il lui était interdit de monter un cheval dont la robe ne soit pas blanche. A plusieurs reprises, lors de conférences de presse diverses, Akihito a indiqué que lors de ce séjour il s'était senti accueilli comme un membre de la famille. Un tableau intitulé Entrée au château peint par Albert Saverys qui évoque cette rencontre trône d'ailleurs aujourd'hui dans la salle à manger de la résidence de l'ambassadeur belge à Tokyo. L'ambassade, qui avait été acquise en 1928 fut détruite en 1942 lors de bombardements américains. La reconstruction de l'édifice, au même endroit, s'est achevée en 1959. 

De gauche à droite : le roi Léopold III, le prince héritier Akihito, le roi
Baudouin, le prince Alexandre et la princesse Lilian
Photo : Collection personnelle Valentin Dupont


De leur première rencontre en 1953 naquit une profonde amitié entre le roi Baudouin et le prince Akihito, à laquelle fut associée quelques années plus tard leurs épouses. Le prince héritier Akihito fut le premier à se marier le 10 avril 1959 avec Michiko Shōda, la fille d'un riche minotier. Ils se connaissaient depuis août 1957, période à laquelle ils se sont rencontrés sur un court de tennis. Après leur rencontre, Michiko a effectué, seule, un voyage en Europe et aux Etats-Unis d'une durée de 54 jours. Elle s'est arrêtée en Belgique où elle assista notamment à une conférence. La légende voudrait que le roi Baudouin ait joué alors un rôle d'intermédiaire entre les deux jeunes gens qui n'étaient pas encore fiancés. En effet, toute correspondance entrante ou sortante du prince héritier devait être contrôlée par l'Agence de la Maison impériale, sauf lorsque la correspondance concernait un souverain étranger. Le roi Baudouin aurait donc permis qu'Akihito et Michiko s'échangent des lettres dans la plus stricte intimité. Cette histoire fut racontée par Willy Claes, ministre belge des Affaires étrangères de 1992 à 1994. 

Le roi Léopold III au Japon en 1961
En 1958, le prince et la princesse Takamatsu étaient de retour en Belgique afin de visiter l'Exposition universelle de Bruxelles en compagnie du prince Albert qui les avait accueillis à l'aéroport. Le couple fut également reçu au château de Laeken par le roi Baudouin, le roi Léopold III et la princesse Lilian, ainsi qu'en présence de la princesse Marie-Gabrielle de Savoie. Trois années plus tard, le roi Léopold III s'est vu confier par le gouvernement belge la tâche de mener une mission de prospection économique de huit semaines dans l'est et le sud-est asiatique. Accompagné dans la première partie du voyage par son épouse Lilian, le roi Léopold III s'est rendu seul à Hong Kong puis au Japon. Là, il a été accueilli à son arrivée à l'aéroport par le prince héritier Akihito qui le conduisit ensuite jusqu'à l'ambassade belge devant laquelle une frange de communistes manifestait à la suite de l'assassinat de Patrice Lumumba, l'ancien premier ministre congolais. Hôte de l'empereur Hirohito durant trois jours, Léopold III a été reçu à déjeuner par le couple impérial. Il assista également à une représentation de kabuki en compagnie du prince héritier Akihito et de la princesse héritière Michiko. 

Visite d'Etat au Japon en 1964
De gauche à droite : le prince Hitachi, la reine Fabiola,
l'empereur Hirohito et la princesse héritière Masako
En 1962, ce fut au tour du prince Albert de se rendre pour la première fois au Japon dans le cadre d'une mission économique en tant que président d'honneur de l'Agence belge pour le Commerce extérieur. Le prince Albert fut reçu par l'empereur Hirohito et l'impératrice Nagako. En janvier 1964, le roi Baudouin et la reine Fabiola ont effectué une visite d'Etat au Japon qui comprenait des haltes à Tokyo, Kyoto, Nara, Hiroshima et Nagasaki. Arrivant de Hong Kong, le couple royal fut accueilli à l'aéroport par l'empereur Hirohito et l'impératice Nagako, ainsi que par les héritiers. Ce voyage permit à la reine Fabiola d'avoir ses premiers contacts avec les membres de la famille impériale. Elle reçut d'ailleurs de l'impératrice Nagako une pièce de soie réalisée à partir de la production de vers à soie élevés au sein du palais impérial. Le cadeau du couple royal belge était un service en porcelaine de Tournai datant du XVIIIème siècle. La même année, le prince Albert - alors membre du Comité internationale olympique pour la Belgique - et la princesse Paola se sont rendus au Japon pour les Jeux Olympiques de Tokyo. Les princes de Liège furent placés juste aux côtés des membres de la famille impériale lors de la cérémonie d'ouverture. En octobre 1965, le prince et la princesse Hitachi, frère et belle-sœur de l'empereur, ont effectué une visite en Belgique. C'est d'ailleurs le prince Hitachi qui prit la présidence honoraire de la Société Japon-Belgique créée en 1969, fonction qu'il assume encore aujourd'hui. 

Visite d'Etat au Japon en 1964
Photo : Archives du Palais Royal

Dîner de gala au Palais de Bruxelles lors de la visite d'Etat en Belgique
de l'empereur Hirohito et de l'impératrice Nagako en 1971
En 1966, le prince Albert se rendit de nouveau au Japon pour une mission économique. Il effectua également le voyage en 1969 à l'occasion de l'ouverture par la Sabena de la ligne Bruxelles-Tokyo. Il en profita pour se rendre à Hiroshima. Lors de sa rencontre avec l'empereur Hirohito, il remit à celui-ci une invitation officielle à effectuer une visite en Belgique. Le prince Albert s'est également rendu au Japon en 1970 afin de visiter l'Exposition universelle à Osaka lors de la journée belge et fut une nouvelle fois reçu par le couple impérial. En 1971, un empereur du Japon quitta pour la première fois le sol national pour une tournée européenne. La Belgique faisait naturellement partie de l’itinéraire. Lors du dîner de gala, le 29 septembre au Palais de Bruxelles, le roi Baudouin indiqua dans son discours qu' « en accueillant Vos Majestés Impériales, la Belgique est particulièrement heureuse de pouvoir leur témoigner sa sympathie et leur dire, par ma voix, combien elle apprécie l’honneur qui lui échoit d’être la première étape officielle de leur voyage en Europe ». Au programme du passage en Belgique figuraient la visite du zoo d'Anvers, de Charleroi, du champ de bataille de Waterloo –  que l'empereur avait déjà visité en 1921 – ou encore de Liège en compagnie du prince Albert et de la princesse Paola. Le couple impérial poursuivit sa tournée en direction de la France.



Le prince héritier Akihito et la princesse héritière Michiko ont effectué une visite en Belgique en octobre 1973 et ont été les hôtes du couple royal durant quelques heures au château de Laeken. A partir de ce voyage, les héritiers prirent l'habitude, lorsqu'ils devaient se rendre à l'autre bout du monde, de faire une halte semi-privée en Belgique afin de retrouver leurs amis belges. Cette habitude fut également adoptée par le couple royal belge. Ainsi, en 1974, après un voyage officiel en Indonésie, le roi Baudouin et la reine Fabiola se sont rendus à Tokyo. L'empereur Hirohito décida d'accueillir le couple royal à l'aéroport. C'était la première fois qu'un empereur réservait un tel honneur à des invités étrangers venant au Japon en dehors du cadre d'une visite d'Etat. L'empereur Hirohito a d'ailleurs patienté durant une heure, l'avion du couple royal ayant décollé en retard. Le soir de leur arrivée, Baudouin et Fabiola ont été conviés par le couple impérial. Mais ils ont surtout retrouvé le couple héritier dans une atmosphère détendue. Aimant se trouver sur un court de tennis avec le prince Akihito, c'est au tennis de table que le roi Baudouin prit plaisir à affronter le prince Akishino, le fils cadet des héritiers. Pour l'anecdote, les trois enfants eurent d'ailleurs l'occasion de montrer au couple royal belge les pommes de terre qu'ils avaient eux-même plantées dans les jardins.

Le roi Baudouin et la reine Fabiola avec les héritiers japonais et leurs
trois enfants en 1974
Photo : Agence de la Maison impériale

Visite du prince héritier Akihito et de la princesse héritière Michiko
en  Belgique en 1983
Photo : Archives du Palais Royal
En 1976, alors en deuxième année de l'enseignement secondaire, le prince Naruhito, fils aîné des héritiers, fut invité par le roi Baudouin et la reine Fabiola pour un séjour privé à Laeken durant lequel il en profita pour visiter Bruges. Le prince Naruhito a ensuite suivi les souverains belges en Espagne pour quelques jours de vacances à la Villa Astrida à Motril. Plusieurs neveux et nièces du couple royal étaient également présents lors de ces vacances et la reine Fabiola l'emmena visiter l'Alhambra à Grenade. Après sa première visite à l'invitation du couple royal, le prince Naruhito fut de nouveau de passage en Belgique en 1979 au cours d'un voyage qui le conduisit également en Roumanie et en Bulgarie. Le prince Albert a effectué une troisième mission économique au Japon en 1981. Deux ans plus tard, le prince héritier Akihito et la princesse Michiko étaient de nouveau à Laeken, avant de se rendre au Luxembourg puis en Zambie. La même année, leur fils Naruhito s'est également rendu en Belgique et au Luxembourg. Etudiant en 1984 et 1985 à Oxford, le prince Naruhito eut l'occasion à plusieurs reprises de revenir en Belgique. En février 1984, ses parents lui rendirent visite en Europe et ils se retrouvèrent assez naturellement tous les trois à Laeken. Le temps d'une soirée, le couple royal demanda à la reine Beatrix et au prince Claus des Pays-Bas de se joindre à eux. En septembre 1984, le prince Naruhito assista au mariage de la princesse Astrid et de l'archiduc Lorenz d'Autriche-Este à Bruxelles.

Les héritiers japonais accompagnés de leur fils le prince Naruhito
reçus au château de Laeken en 1984

En 1985, le prince Naruhito fut de nouveau convié en Belgique à l'invitation du couple royal. Il assista avec la reine Fabiola à la finale du Concours Musical Reine Elisabeth. Cette édition était consacrée au violon, un instrument que pratique le prince Naruhito. De leurs côtés, le roi Baudouin et son neveu le prince Philippe effectuèrent une visite semi-officielle de huit jours au Japon au mois de juillet. Ils furent reçus par l'empereur Hirohito et visitèrent avec les héritiers l'Exposition internationale de Tsukuba. Cette même année, le prince Albert effectua une nouvelle mission économique au Japon. Après un voyage de deux semaines en Chine, le prince Philippe fut de retour au Japon en 1986. Il visita notamment avec le prince Naruhito le temple d'Enkakuji à Kamakura. Les deux jeunes hommes avaient à peine deux mois de différence.

Le roi Baudouin et le prince Philippe reçus en audience
par l'empereur Hirohito en 1985
Photo : Archives du Palais Royal
Visite de l'Exposition internationale de Tsukuba avec
le prince héritier Naruhito et la princesse héritière Michiko
Photo : Archives du Palais Royal
Le prince Philippe et le prince Naruhito au Japon en 1986
Photo : Collection privée de S.M. le Roi

Le roi Baudouin et la reine Fabiola se sont rendus en Australie et en Nouvelle-Zélande en 1987. Après ce volet officiel, le couple royal a effectué une halte à Tokyo où il était invité par les héritiers. Ils se sont retrouvés lors d'un dîner en compagnie des trois enfants du prince Akihito et de la princesse Michiko. Le lendemain, les deux couples ont visité une verrerie. Le 7 janvier 1989, l'empereur Hirohito est décédé à l'âge de 87 ans. L'ère Shōwa fit place à l'ère Heisei avec la montée sur le trône du chrysanthème d'Akihito. Le roi Baudouin et la reine Fabiola ont assisté aux funérailles d'Etat du désormais empereur Shōwa le 24 février. En août, le couple royal invita la princesse Sayako, fille unique du couple impérial, à les rejoindre en vacances durant une semaine à Motril. Durant ce séjour, le roi Baudouin et la reine Fabiola ont emmené la princesse Sayako sur leur yacht Avila.


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Europalia Japon en 1989
En septembre 1989, le prince héritier Naruhito s'est rendu officiellement en Belgique à l'occasion de l'inauguration d'Europalia Japon. Il s'agissait alors du premier pays non-européen à être mis à l'honneur de ce festival culturel qui fêtait cette année-là son vingtième anniversaire. L'inauguration se déroula en présence de la famille royale belge au cours d'une séance académique suivie d'un concert de gagaku donné par l'orchestre de la Maison impériale au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles. Le prince Naruhito reçut comme cadeau un vase des cristalleries Val-Saint-Lambert produit à cent exemplaires, fidèle reproduction de celui offert à son grand-père Hirohito lors de sa venue en Belgique en 1921. Logeant au château de Laeken durant une semaine, le prince Naruhito en profita pour visiter la tour japonaise construite à la demande du roi Léopold II et qui avait été partiellement restaurée pour Europalia Japon. Une année plus tard, en août 1990, le prince héritier Naruhito, venant du Luxembourg, effectua un nouveau séjour en Belgique afin d'assister au dixième congrès international d'histoire économique à Louvain. On le vit également visiter l’ascenseur à bateaux de Strépy-Thieu. Le 12 novembre, le roi Baudouin et la reine Fabiola se sont rendus une nouvelle fois au Japon afin d'assister aux cérémonies du couronnement. Le couple royal se trouvait au premier rang des nombreux invités étrangers, suivant les cérémonies depuis une des terrasses du palais impérial. Lors de la soirée de gala offerte par le couple impérial, l'empereur Akihito fit son entrée aux côtés de la reine Fabiola.

Visite du roi Baudouin et de la reine Fabiola au Japon en 1992
Photo : Archives du Palais Royal
Avant d'effectuer une visite d'Etat en Corée du Sud, le roi Baudouin et la reine Fabiola se trouvaient du 9 au 11 octobre 1992 au Japon. Le premier jour, le couple impérial vint leur rendre visite à l'ambassade belge, une démarche tout à fait exceptionnelle. Le lendemain, le couple royal fut reçu au palais en présence des trois enfants de l'empereur Akihito et de l'impératrice Michiko. Le couple royal fit d'ailleurs connaissance avec l'épouse et la fille du prince Akishino : la princesse Kiko et la princesse Mako. Cette dernière allait célébrer quelques jours plus tard son premier anniversaire. Ce fut la dernière fois que les deux couples se sont vus. Le 31 juillet 1993, le roi Baudouin décédait inopinément à l'âge de 62 ans. La famille impériale observa alors un deuil national de trois jours. Ce décès a profondément touché le couple impérial. La solide amitié veille de quarante ans conduisit l'empereur Akihito à faire une entorse au protocole en se rendant en compagnie de l'impératrice aux funérailles du roi Baudouin célébrées le 7 août. Arrivé la veille, le couple impérial a regagné le Japon le 9 août. Ce déplacement essuya quelques critiques au Japon car il retarda la prise de fonction du nouveau gouvernement. De leur côté, le prince héritier Naruhito et la princesse héritière Masako ont assisté à une messe de requiem en mémoire du roi Baudouin en l'église Saint-Ignace à Tokyo. L'événement inspira à l'empereur Akihito un waka :

I visited the Château of the Belgian King
Where he lives no more-
He who was my bosom friend
Down the last forty long years




Château de Laeken, le 9 septembre 1993
Photo : Archives du Palais Royal
Quelques jours plus tard, la reine Fabiola invita de nouveau la princesse Sayako pour un court séjour à la Villa Astrida de Motril, là où le roi Baudouin avait succombé d'une crise cardiaque. Les deux femmes rejoignirent ensuite la Belgique. La presse japonaise rapporta alors la possibilité pour la jeune femme de rencontrer un éventuel prétendant dans un château belge en présence de ses parents. En effet, l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko ont effectué une visite d'Etat du 9 au 12 septembre 1993, la première du règne du roi Albert II. L'invitation avait en réalité été envoyée par le roi Baudouin. Prévue initialement en juin 1993, cette visite avait été retardée après l'annonce du mariage du prince héritier Naruhito qui fut célébré le 9 juin. Arrivant d'Italie, le couple impérial fut accueilli à l'aéroport militaire de Melsbroeck par le roi Albert II et la reine Paola. La première journée fut marquée par un déjeuner au château de Laeken en présence du couple royal et de la reine Fabiola, une réception à l'hôtel de ville de Bruxelles en compagnie du prince Philippe et le traditionnel dîner de gala au Palais de Bruxelles.

Dîner de gala au Palais de Bruxelles
Lors de cette réception, à laquelle se trouvaient également le prince Philippe, la princesse Astrid et les princes Lorenz et Laurent, le roi Albert II indiqua d'emblée dans son discours : « Mon frère, plus que tout autre, se faisait une joie de votre visite à notre pays ». C'est au palais royal que logea le couple impérial, dans les appartements de la reine Astrid. Le 10 septembre, les deux couples souverains se sont rendus d'abord à Mons, avant de déjeuner au relais-château du Lac à Genval puis de visiter Anvers, cette année-là capitale européenne de la culture. Le soir, ils se sont retrouvés pour une soirée au Concert Noble à Bruxelles. De son côté, la princesse Sayako rendit visite au centre de l'Oeuvre Nationale des Aveugles qui se situe à Ghlin, dans la région montoise. Du samedi après-midi au lundi matin, le couple royal invita l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko pour un séjour au château de Ciergnon, en présence de la reine Fabiola et de la princesse Sayako. Rares sont les membres de familles souveraines à se voir proposer un tel séjour privé. Le couple impérial s'est ensuite envolé pour l'Allemagne.



Visite de la reine Fabiola au Japon en 1995
Photo : Archives du Palais Royal
En mai 1994, le prince Philippe s'est rendu au Japon pour une mission économique. Il fut reçu par le couple impérial et les héritiers lui rendirent visite à l'ambassade belge.

Un peu plus d'un an plus tard, en août 1995, ce fut au tour de la reine Fabiola d'être reçue par le couple impérial. Elle passa quatre jours au Japon avant de se rendre à la quatrième conférence mondiale sur les femmes à Pékin. Le 30 août, l'impératrice Michiko a rendu visite à son amie à l'ambassade belge.

La même année, pour l'anecdote, un « Jardin Roi Baudouin » fut inauguré au sein des jardins d'Hoegaarden avec un buste du souverain. Un colombier venant de Laeken prit place également dans ce jardin, tout comme un cèdre du Japon dont les graines avaient été offertes au roi Baudouin par l'empereur Hirohito.



En 1996, ce fut au tour du roi Albert II et de la reine Paola d'effectuer une visite d'Etat au Japon du 21 au 25 octobre. Le dernier voyage de l'ancien prince de Liège comme président d'honneur de l'Office belge du Commerce extérieur remontait à avril 1993. Pour cette visite, le prince Philippe se trouvait déjà sur place à partir du 19 octobre et il accueillit ses parents à l'aéroport aux côtés des princes héritiers et du prince Hitachi. La reine Paola avait choisi comme dame d'honneur lors de ce voyage la baronne de Maere d'Aertrycke qui avait connu l'impératrice Michiko lors de son passage en Belgique en 1957. Un déjeuner intime réunit les deux couples souverains le premier jour. Le baiser qu'échangèrent Paola et Michiko étonna la presse japonaise. Tout comme lors de la visite d'Etat de 1964, un service de porcelaine de Tournai fut offert au couple impérial. Celui-ci offrit quant à lui un tableau de Kaii Higashiyama aux souverains belges. Le programme officiel fut marqué par un déplacement entre Oyama et Ashikaga à bord du train impérial qui n'était plus sorti depuis 1987 et qui avait été récemment restauré. Cela attira de nombreux Japonais sur le parcours du train impérial qui avait déjà transporté le roi Baudouin et la reine Fabiola en 1964. Ce déplacement inspira d'ailleurs à l'empereur Akihito un waka. La réception de retour réunit toute la famille impériale à l'ambassade de Belgique. Le prince Philippe resta sur place un jour supplémentaire afin de promouvoir le commerce extérieur.




Mariage du prince Philippe en 1999
Photo : Jiji Press
En juin 1997, le prince Philippe était de retour au Japon pour une nouvelle mission économique. Il fut reçu par le couple impérial et assista à un séminaire sur les hautes technologies à l'ambassade belge en présence du prince Hitachi. Deux ans plus tard, à la fin du printemps, le prince Philippe s'est de nouveau rendu au pays du Soleil levant. Lors de ce séjour d'une semaine, il assista en compagnie du prince Takamado, président honoraire de la fédération japonaise de football, au match opposant la Belgique et le Japon dans le cadre de la Coupe Kirin. Cette année-là, la Belgique et le Pérou étaient les pays invités. Avec le prince héritier Naruhito et la princesse héritière Masako, le prince Philippe visita également le Musée d'Edo à Tokyo. Les héritiers firent six mois plus tard le déplacement en Belgique pour assister au mariage du prince Philippe avec Mathilde d'Udekem d'Acoz. Ils séjournèrent en Belgique du 3 au 7 décembre 1999 et passèrent notamment par Durbuy, jumelé depuis 1995 avec Hanyu, où ils firent étape dans une célèbre adresse.



Après avoir assisté à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques à Sydney, le prince Philippe et la princesse Mathilde ont effectué un séjour privé au Japon du 24 au 27 septembre 2000. Ils furent reçus à dîner par le couple impérial, en présence de la princesse Sayako. Le prince Naruhito et la princesse Masako leur servirent de guides. Ils visitèrent ensemble dans la capitale le musée national et le parc aquatique. Les héritiers japonais assistèrent aussi à un déjeuner à la résidence de l'ambassadeur belge ainsi qu'à la réception organisée à l'ambassade avant le retour du couple en Belgique. Un an plus tard, les deux princesses héritières ont donné naissance à des filles à quelques jours d'intervalle : la princesse Elisabeth est née le 25 octobre, suivie par la princesse Aiko le 1er décembre. En octobre 2000, ce fut au tour de la princesse Astrid et du prince Lorenz de se rendre pour cinq jours en privé au Japon. Ils furent reçus par le couple impérial et ont assisté à une réception à l'ambassade de Belgique en présence du prince et de la princesse Takamado.


A l'occasion de la Coupe du Monde de football en 2002, le prince Philippe et la princesse Mathilde ont fait le voyage jusqu'au Japon. Le couple fut accueilli à l'aéroport le 2 juin par les héritiers qui se joignirent le lendemain à une réception organisée dans un hôtel tokyoïte en présence également du prince et de la princesse Hitachi. Les trois couples, rejoints par le prince et la princesse Takamado, assistèrent ensuite au match opposant la Belgique et le Japon. Le 4 juin, le prince Philippe et la princesse Mathilde furent successivement reçus au palais Togu par le prince Naruhito et la princesse Masako, puis au palais impérial par le couple impérial accompagné de la princesse Sayako. En février 2003, le prince Laurent effectua son unique déplacement officiel au Japon en sa qualité de président d'honneur de l'Orchestre National de Belgique qui y donnait un concert. Le prince et la princesse Akishino assistèrent également à ce concert. Le prince Laurent fut reçu en audience uniquement par l'impératrice Michiko, l'empereur Alihito étant convalescent après une opération à la prostate le mois précédent. Le fils cadet du roi Albert II et de la reine Paola dîna également avec les héritiers au palais Togu et retrouva le prince et la princesse Akishino à l'ambassade belge pour une réception.



En juin 2005, le prince Philippe s'est rendu en mission économique au Japon. Ce fut également l'occasion de visiter l'Exposition internationale spécialisée à Aichi lors de la journée belge. Il y était accompagné par le prince et la princesse Hitachi. Le prince Philippe fut comme à chaque fois reçu par le couple impérial, accompagné de la princesse Sayako. Il retrouva également le prince héritier Naruhito au palais Togu. Le prince Philippe, accompagné de la princesse Mathilde pour une partie du programme, a présidé sa quatrième et dernière mission économique au Japon du 9 au 16 juin 2012. Reçu par les héritiers pour un lunch le 11 juin, le couple a retrouvé le lendemain le prince et la princesse Hitachi lors d'une réception dans les nouveaux bâtiments de l'ambassade belge inaugurés en 2010. Après cette réception, le couple princier a été reçu à dîner par l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko.


Lors de grands rendez-vous du gotha, les membres de la famille royale belge ont également eu l'occasion de revoir à plusieurs reprises le prince héritier Naruhito, tandis que son épouse la princesse Masako était privée de voyages à l'étranger par l'Agence de la Maison impériale en raison de sa dépression nerveuse. Ce fut le cas notamment en mai 2004 lors du mariage du prince héritier Frederik de Danemark où les trois enfants et beaux-enfants du roi Albert II étaient présents, ainsi qu'en juin 2010 pour le mariage de la princesse héritière Victoria de Suède auquel assistait l'ensemble de la famille royale belge à l'exception de la reine Fabiola. Deux ans plus tard, le prince héritier Naruhito a retrouvé l'ensemble de la famille royale belge à l'occasion du mariage du grand-duc héritier Guillaume de Luxembourg. Ne disposant pas de décoration luxembourgeoise, le fils aîné de l'empereur Akihito portait d'ailleurs la rosette de l'Ordre de Léopold lors de la cérémonie religieuse. La veille au soir, il avait eu l'occasion de discuter avec la reine Paola qui était sa voisine lors du dîner de gala. En avril 2013, la princesse héritière Masako accompagna de nouveau son époux à l'étranger à l'occasion de l'accession au trône du roi Willem-Alexander des Pays-Bas où le prince Philippe et la princesse Mathilde étaient également présents. Ne se déplaçant pratiquement jamais à l'étranger pour ce type d'événements, l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko ont tout de même assisté au jubilé de diamant du roi Bhumibol de Thaïlande en 2006 et au lunch organisé au Palais de Buckingham dans le cadre du jubilé de diamant de la reine Elizabeth II en 2012. Ils y ont revu respectivement les héritiers et le couple royal belges.



En avril 2013, la princesse Astrid s'est rendue pour la seconde fois au Japon en tant que représentante spéciale du partenariat « Roll Back Malaria ». Elle fut reçue le 23 avril par le prince héritier Naruhito au palais Togu, puis en soirée au palais impérial pour un dîner offert par l'empereur Akihito et l'impératrice Michiko. Plus tôt dans la journée, se baladant avec son équipe dans la partie publique des jardins du palais impérial, elle était d'ailleurs tombée par hasard sur le couple impérial et le prince Akishino. La fille aînée de la princesse Astrid, la princesse Maria Laura, se trouvait au Japon en septembre 2014. Elle fut invitée par le couple impérial à prendre le thé avec lui en leur résidence. L'une de leurs petites-nièces, la princesse Akiko de Mikasa, connaît d'ailleurs la Belgique pour l'avoir découverte alors qu'elle étudiait au Merton College au Royaume-Uni.



L'impérarice Michiko et la reine Fabiola, plus que deux amies...
Ambassade de Belgique au Japon en 1992
Photo : Archives du Palais Royal
Après le décès de la reine Fabiola, son neveu le roi Philippe a téléphoné le 8 décembre 2014 au couple impérial afin de le prévenir directement. L'appel téléphonique a duré environ 30 minutes. Il fut décidé que l'impératrice Michiko ferait exceptionnellement le voyage en Belgique pour assister aux funérailles. C'était seulement la seconde fois que l'impératrice Michiko se déplaçait seule à l'étranger après une visite en Suisse en 2002. Les deux femmes s'étaient rencontrées en tout et pour tout quatorze fois. A son arrivée en Belgique le 11 décembre, l'impératrice fut invitée à se recueillir devant la dépouille de la souveraine avant de prendre part à un dîner offert par le roi Philippe et la reine Mathilde. Le lendemain, après les funérailles, l'impératrice Michiko se joignît avec les autres invités royaux au banquet offert au château de Laeken. L'épouse de l'empereur Akihito regagna le Japon le lendemain. Lors d'une conférence de presse accordée à l'occasion de ses 81 ans en octobre 2015, l'impératrice fut amenée à passer en revue les grands événements qui la marquèrent durant l'année écoulée. Elle évoqua le décès de la reine Fabiola qu'elle compara à « une sœur aînée depuis quatre décennies ».



Du 9 au 15 octobre 2016, le roi Philippe et la reine Mathilde ont effectué une visite d'Etat au Japon à l'occasion de la célébration du 150ème anniversaire des relations diplomatiques entre les deux pays. L'empereur Akihito et le roi Philippe choisirent d'ailleurs d'accorder leur présidence d'honneur conjointe aux différentes célébrations prévues à cet effet en 2016. Le 11 octobre, le couple royal fut officiellement accueilli par le couple impérial, accompagné des héritiers. L'accueil fut suivi d'une audience au palais. Le soir, un banquet d'Etat fut servi au palais impérial en présence des deux couples souverains, du prince héritier Naruhito et de la princesse héritière Masako, du prince et de la princesse Akishino accompagnés de leurs deux filles, ainsi que quelques autres membres de la famille impériale. Dans l'assistance se trouvait également Mme Kuroda, l'ex-princesse Sayako depuis son mariage, qui fut jadis invitée par la reine Fabiola en Belgique et en Espagne. Le lendemain de ce dîner, le couple impérial accompagna les souverains belges pour une visite culturelle à Yuki. Ils empruntèrent à cet effet un train, mais pas le train impérial utilisé vingt ans auparavant pour la précédente visite d'Etat belge au Japon. Le soir, le couple royal retrouva les héritiers dans l'intimité de leur hôtel. La presse japonaise rapporta d'ailleurs que le roi Philippe et le prince héritier Naruhito auraient partagé une séance de jogging, une activité physique qu'ils pratiquent tous deux. Les souverains belges ont offert un concert le 13 octobre au Kioi Hall de Tokyo où presque l'ensemble de la famille impériale avait répondu présent. Lors de ce concert, une berceuse composée par l'impératrice Michiko intitulée « Omoi-go » (Cher Enfant) fut interprétée. Ensuite, le roi Philippe et la reine Mathilde prirent officiellement congé de leurs hôtes. 


Merci à Petit Belge et Damien Bilteryst pour leurs informations.